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- « MURMURATION » de SYLVIE GERMAIN | Le Clairon
« MURMURATION » de SYLVIE GERMAIN Éditions Albin Michel, 2026 Étourneaux sur un fil « UNE VRAIE MERVEILLE » A l‘heure où la littérature se donne comme mission essentielle de dire le monde, où l’écrivain devient greffier ou reporter, le dernier livre de Sylvie Germain affiche un petit air décalé, rebelle à l’air du temps. « Murmuration » est, en effet, une célébration en creux d‘une écriture authentiquement adressée à son « frère » lecteur. Œuvre éminemment réflexive sur la magie des mots, mais également sur le danger de s’y laisser enfermer. Le roman met en scène un écrivain qui, insoucieux de la transitivité de son œuvre, dérive vers un formalisme stérile. Dès sa tendre enfance, Samuel, le personnage du livre, appréhende l’univers comme un éclatement de sons, un abécédaire musical. Né dans une famille où le langage est empêché, réduit au quotidien, l’enfant se vit comme un être à part. L’école, par bonheur, lui offre un premier signe de reconnaissance. Avec des amis, affublés de noms de fleuves, ils fondent un club poético surréaliste. Des années plus tard, Samuel entreprend un roman indéfinissable, où les personnages ne sont pas des êtres de fiction mais des « mots - nymphes » sur une page blanche. Le livre, étrangement, rencontre un certain succès. Fort de sa réussite, Samuel en produit deux autres, aussi hallucinés qu’hermétiques. Son lectorat, cette fois, ne le suit pas. Dans la foulée, son éditrice refuse de le publier. Commence alors pour ce « naufragé de l’écriture » l’époque des désillusions. A l’échec de ses trois amours s’ajoute celui de sa triade romanesque. Sa vie n’est plus qu’une rêvasserie cotonneuse, une douçâtre dormance qu‘enluminent, de temps à autre, de fulgurantes visions. Ultime joie du vieil écrivain : « la murmuration » infinie des étourneaux à la tombée du jour. Histoire d’une impasse littéraire. L’autrice serait-elle, elle-même, effleurée par cet amour immodéré des mots ? Si Sylvie Germain réfute tout caractère autographique à son roman, force est de constater que l’action s’y avère mineure et le personnage un brin silhouetté. Cette « vraie merveille » doit se lire « comme une promenade en forêt, faite de craquements de frissons et de bruits d’oiseaux ». Voilà pourquoi, sans doute, le roman brille de mille feux, à l’écart des best-sellers, dans le clair-obscur des présentoirs. Magali Dellaporta pour le Clairon de l’Atax le 03/05/2026 Murmurations Albin Michel.png Murmurations Albin Michel.png 1/1 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Atelier cuisine : La fondue de Poireaux et poissons | Le Clairon
Atelier cuisine : La fondue de Poireaux et poissons Nous poursuivons nos expériences d'une cuisine simple, bio et sans produits ultra-transformés Bien fait et vite fait mais mauvaise photo (photo HR) IIngrédients pour 2/3 personnes : 3 gros poireaux (le blanc) 1 oignon 3 belles gousses d’ail 3 petites pommes de terre 2-3 tranches de poisson (cabillaud, saumon, colin, lieu noir…) 1-2 citrons jaunes Huile, beurre Sel, poivre Préparation : Dans 1 cocotte faire revenir dans un mélange huile et beurre l’oignon coupé en petits morceaux et les gousses d’ail coupées finement Ajouter les poireaux qui auront été coupés en rondelles et faire fondre le mélange dans la cocotte recouverte de son couvercle Disposer les pommes de terre coupées en quartiers autour de la fondue de poireaux et poser sur celle-ci les tranches de poisson et les laisser cuire doucement environ 15 à 20 mn (feu très doux) et les garnir enfin avec quelques tranches de citron. Servir dans des assiettes chaudes Bon appétit ! 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- La question française de la complémentarité entre énergies renouvelables et nucléaire : quel équilibre ? | Le Clairon
La question française de la complémentarité entre énergies renouvelables et nucléaire : quel équilibre ? La décision prise par E. Macron de relancer le nucléaire a entrainé un bouleversement radical de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE). Réseau électrique classique (image par Monika de Pixabay) Le cours sinueux de la politique française en matière d’énergie est difficile à comprendre. Vue à l’échelle du moyen terme, on passe d’une politique de rétraction du nucléaire à sa relance, ce qui ne manque pas de déséquilibrer le développement du mix énergétique, ne serait-ce que pour des raisons budgétaires Une révision des objectifs et des priorités La politique énergétique de la France est encadrée par une feuille de route : la PPE (ou Programmation Pluriannuelle de l’Energie). Celle-ci est étable en principe pour une période de 10 ans. Ainsi la PPE initiale, arrêtée pour une période de 10 ans (2019/2028), qui avait pour objectif un mix énergétique de 50% de renouvelable à l’horizon 2035, est devenue caduque, suite à la décision d’ E. Macron de relance du nucléaire, prise lors de la campagne des présidentielles de 2022. Une nouvelle PPE (PPE N°3) portant sur la période 2025 / 2035 devrait être publiée en 2026, après concertation entre les parties et suite aux ajustements législatifs idoines. Elle a dû prendre en compte : -La construction de nouveaux réacteurs EPR2 (6 d’ici 2035, puis 8 à l’horizon 2050) Le "Grand carénage" (prolongation de vie) des réacteurs existants et l’amélioration de leur production vers un objectif de 400 TWh /an en 2030 Dans cette nouvelle PPE, le nucléaire reprend une place prépondérante dans la stratégie énergétique française, mais ″en même temps″ les objectifs d’un développement massif des ENR sont revus à la hausse afin d‘atteindre la neutralité carbone en 2020. Cette révolution de la politique énergétique française n’est pas sans conséquences, elle implique : De prévoir les investissements nécessaires à la relance du nucléaire qui mobilisera des capitaux importants : pour financer les nouveaux EPR2, mettre à niveau les anciens, redresser la situation financière d’EDF (le maître d’ouvrage fortement endetté), renforcer les capacités industrielles de la filière nucléaire, etc. De modifier les procédures administratives en les simplifiant pour tenter d’accélérer la mise en œuvre du plan de relance. La décision prise par E. Macron de relancer le nucléaire a entrainé un bouleversement radical de la PPE. Les conséquences de la relance du nucléaire sur le développement des ENR Officiellement, le développement des ENR n’est pas freiné par la relance du nucléaire, mais concrètement on constate que l’importances des investissements nécessaires pour mener de front une politique ambitieuse sur les deux volets du mix énergétique, se heurte à des limites financières. Les investissements sont prioritairement flèches vers le nucléaire (Ndlr. : secteur dont on connait la propension à faire déraper les coûts), ce qui a pour effet de ralentir, voire complexifier le développement des ENR. A la question des ressources financières s’ajoute celle des ressources industrielles : la France, pays relativement désindustrialisé, ne possède pas de suffisamment d’opérateurs industriels pour satisfaire à la fois les besoins des 2 secteurs énergétiques. De plus, le développement des ENR implique une production plus dispersée qui entraine une adaptation préalable des réseaux de transport aux besoins liés à ce mode de production d’énergie intermittente. Côté politique, le remaniement de la PPE par la relance du nucléaire, ne fait pas l’unanimité. Les débats autour de la loi Gremillet qui fixe la relance du nucléaire et les échanges parlementaires mettent en évidence une opposition entre deux camps : celui des "pro-renouvelables prioritaires" et celui d’un "nucléaire fort" dont les partisans sont allés jusqu’à proposer un moratoire sur les ENR (cf. : le RN sur les éoliennes). Cette proposition de moratoire a finalement été repoussée et la PPR 3 poura continuer à prescrire un équilibre entre nucléaire et ENR. Du côté des ONG et des associations environnementales, la cause est entendue : les dispositions de la loi Gremillet instituent « de facto » un déséquilibre en faveur du nucléaire, néfaste à la transition écologique. Au niveau local, la préférence semble globalement accordée au renouvelable, vécu comme un facteur de développement local, mobilisant des investissement accessibles et générateur de ressources budgétaires locales… Si les objectifs affirmés d’équilibre entre une croissance simultanée et équilibrée du nucléaire et des RNR pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 20250 sont maintenus, ce sont en définitive les arbitrages financiers, techniques, procéduraux qui pèseront et pèsent déjà sur la réalisation de cet équilibre. Les conséquences sur les ENR des arbitrages provoqués par la relance du nucléaire Exemples de projets renouvelables impactés : Eolien en mer : la construction des parcs éoliens de Saint-Brieuc, Fécamp, Courseulles-sur-Mer est retardée suite à la complexité administrative du montage et du traitement des dossiers, ce qui entraine des surcouts, alors que la priorité donnée aux projets nucléaires a généré des procédures simplifiées. Ainsi le Parc de Saint-Brieuc prévu pour une mise en service en 2023 a été complétement raccordé au réseau en mai 2024, après 3 ans de travaux et douze ans de ″préparation″. Solaire : Des projets de grande taille situés dans des territoires propices au photovoltaïque comme l’Occitanie ou la Nouvelle-Aquitaine sont retardés dans leur réalisation par des difficultés à obtenir des créneaux de raccordement au réseau RTE. Ceci en raison du manque de capacités de ce réseau, déjà saturé par le nucléaire, à absorber cette nouvelle production. Si la relance du nucléaire coûte cher et probablement plus que prévu, il en est de même pour la filière du renouvelable, particulièrement en raison du besoin d’adaptation des réseaux de transport d’énergie à ces modes de production intermittente qui, de plus, sont territorialement dispêrsés. Le réseau RTE, encore centré sur des sources « historiques » de production d’électricité, doit s’adapter aux besoins du « smart grid » (Ndlr ; : réseau électrique déconcentré multidirectionnel et intelligent ) et cela a un coût en argent et en temps de procédures… Malgré la volonté affichée d’équilibre dans un développement conjoint des filières nucléaires et ENR, c’est le nucléaire qui capte actuellement le plus de ressources financières, techniques, administratives et industrielles, ce qui tend à freiner le déploiement des renouvelables. Cette réalité est d’autant plus paradoxale que le coût de l’électricité produite par le renouvelable est désormais concurrentiel avec celui du nucléaire. De plus, en développant le renouvelable on fait du neuf, alors qu’en relançant le nucléaire on est astreint à remettre à niveau un important parc ancien ce qui est moins rentable … Près de 3 ans se sont écoulés depuis la décision d’E. Macron de relancer la filière nucléaire ; on peut se demander aujourd’hui sur quels arguments politiques, techniques et financiers s’est fondée cette décision. Curly Maxx Toole pour le Clairon de l’Atax, le 23/01/2025 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- La recette de la BOUCHÉE à la REINE à l’Alsacienne | Le Clairon
La recette de la BOUCHÉE à la REINE à l’Alsacienne Une recette "secret de famille" transmise de générations en générations, enfin révélée ! Vue de la table avant le repas (photo K. Thy) La célèbre ethnologue K. Thy, spécialiste de l’Alsace, mondialement connue pour ses travaux sur la gastronomie protestante dans le Koschersberg et le pays Welsch, nous a fait parvenir cette recette confidentielle de Bouchée à la Reine, transmise de générations en générations, goutée et recueillie chez madame S, une habitante d’un hameau des contreforts vosgiens, proches de Colmar. Ingrédients pour 4 personnes : 4 feuilletés (achetés en boulangerie) 4 blancs de poulet. Champignons. 40gr de beurre. 40gr de farine. 0,5l de bouillon de volaille. 15cl de vin blanc 350 à 450 gr de spaetzle (nouilles alsaciennes aux œufs) 1 jaune d'œuf et 20cl crème (facultatif) Sel, poivre Préparation : ( 30 mn préparation. 20 mn cuisson) - faire revenir très doucement les blancs de poulet coupés en morceaux et réserver - dans 1 casserole faire un roux avec la farine et le beurre, ajouter le vin blanc et le bouillon de volaille, bien mélanger pour éviter les grumeaux - ajouter la viande et les champignons peles et émincés, ajouter sel, poivre, noix de muscade et laisser mijoter 10 mn - cuite les spaetzle de 3 à 5 minutes selon épaisseur dans de l’eau bouillante salée, puis les passer à l’eau froide pour éviter qu’elles colent, puis les faire revenir rapidement dans du beurre - chauffer au four les feuilletés (en veillant à ne pas les laisser brûler) Disposer chaque feuilleté sur assiette et les garnir de cette sauce Servir avec les spaetzle et un vin d'Alsace bien frais (Riesling, Edelzwicker, Sylvaner...) N.B. on peut enrichir la sauce avec un jaune d'œuf et de la crème, mais pas nécessaire si on veut un plat léger et digeste. Bon appétit ! Nota bene : Dans les restaurants gastronomiques cette recette comporte aussi souvent de la viande de veau, des quenelles, voire du ris de veau, mais son prix de revient n'est plus le même et cela ne correspond plus aux règles locales de frugalité protestante. 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Les tribulations d’un Mercosur pas si sûr | Le Clairon
Les tribulations d’un Mercosur pas si sûr Tout comme le marché commun de l’union Européenne, il existe depuis 1991 un marché commun sud-américain. L’idée de base est que le Mercosur peut présenter un débouché commercial intéressant pour l’Union Européenne Drapeau de l'accord Mercosur Tout comme le marché commun de l’union Européenne, il existe depuis 1991un marché commun sud-américain, formé actuellement entre Le Brésil, L’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay, la Bolivie. A coté de ce bloc, à l’intérieur duquel fonctionne le libre-échange, d’autres états sud-américains participent partiellement à ce marché. L’idée de base est que le Mercosur peut présenter un débouché commercial intéressant pour l’Union Européenne d’où l’accord entre ces 2 organismes qui vient d’être signé le 17 janvier au Paraguay. De l’origine du système de libre échange Ce système se fonde sur la théorie des « avantages comparatifs », formulée en 1817 par l’économiste et philosophe britannique David Ricardo . L’idée de départ est que 2 pays qui commercent ensemble, gagnent toujours en se spécialisant selon leurs avantages comparatifs. (Avantage à celui qui arrive à proposer un bien ou un service avec le coût relatif le plus bas). Mais la complexité des accords commerciaux modernes met à mal une partie du mécanisme décrit par Ricardo. Pour Ricardo, il n’y avait que des frontières douanières qui régulaient le libre-échange, alors que dans des accords comme ceux du Mercosur, de nombreuses règles sur l’origine des produits échangés, leurs caractéristiques phytosanitaires et techniques définies par des normes, des clauses juridiques, etc., impactent la spécialisation qui n’est plus seulement basée comme chez Ricardo sur la valeur travail. Contrairement à sa dénomination, le libre-échange ″moderne″ ne constitue pas une relation d’échange simple, mais un rapport complexe qui ne repose pas sur le seul coût de production. La négociation de l’accord Mercosur : une usine à gaz ! A peine le Mercosur fondé en 1991, qu’un an après la Commission européenne est mandatée par les États membres pour structurer un partenariat interrégional avec lui. Il a donc fallu 15 ans de négociations pour aboutir le 9 janvier 2026, malgré l’opposition française, à l’approbation de l’accord d’association Union Européenne-Mercosur. Cette approbation a été votée, à la majorité qualifiée, lors d’une réunion du Coreper II (Comité des représentants permanents). Le 17 janvier 2026, la signature officielle de l’accord a eu lieu à Asunción au Paraguay. Cette signature engage les parties sur le contenu du traité, permettent son application provisoire et la mise en œuvre de sa ratification définitive par le parlement européen. Mais le 21 janvier 2026 les parlementaires européens ont voté, de justesse à 10 voix près, la saisine de la Cour de Justice Européenne, ce qui a pour conséquence de retarder de 12 à 18 mois une éventuelle ratification du traité. Par ce vote, les parlementaires européens demandent à la Cour de se prononcer principalement sur 2 points : La Commission européenne avait elle mandat pour séparer lors des procédures d’accord la partie commerciale de la partie politique de l’accord, ce qui avait comme intérêt d’éviter le vote incertain des parlements nationaux… Une partie de l’accord vise à la création d’un « mécanisme de rééquilibrage ». Celui-ci permettrait à un Etat d’exiger une compensation d’un Etat partenaire dont la règlementation aurait réduit ou stoppé ses exportations. Cette disposition, imaginée pour apaiser l'opposition française à la signature de l'accord étant prteuses de risques de dérapages... La pression des agriculteurs en colère, massés devant le Parlement européen à Strasbourg lors du vote, à probablement contribué à ce vote d’ajournement. Pas si simple au XXIème siècle la mise en œuvre du libre-échange selon la théorie des avantages comparatifs de Ricardo ! Mais que reproche-t ’on à l’accord du Mercosur ? Tout d’abord la dissociation par la Commission européenne, dans les conditions précédemment évoquées, des accords commerciaux dans le cadre d’un « traité intérimaire » et des accords politiques inscrits dans un traité définitif après ratification par le Parlement. Européen. Ces accords aboutissent à la suppression quasi intégrale des droits de douane appliqués aux échanges entre l'UE et Mercosur. Mais ce libre échange ainsi constitué pêche dans la définition des avantages comparatifs qui varie selon les parties. Si les avantages de certains produits agricoles sud-américains résident dans leur tarif, sans prise en compte de leur coût écologique, par contre ce coût écologique est pris en compte dans les produits de l’Union européenne qui se trouvent alors défavorisée dans l’équilibre des échanges. Pour compenser ce déséquilibre, une clause de sauvegarde, en cours de négociation, devrait permettre de suspendre les avantages douaniers en cas de perturbation trop importante du marché communautaire : par exemple si les volumes de produits exportés vers l’Union Européenne dépassaient un seuil de 8% /an . Une telle mesure arrangerait bien la France dont la production agricole est la plus exposée à la concurrence, du Mercosur. Mais il n’en est pas de même pour d’autres pays de l’UE qui exportent surtout leur production industrielle et leurs services (jusqu’alors taxés de 15 à 20% par l’Amérique du sud) et qui ont moins à craindre la concurrence du Mercosur. La question de l’équilibre des échanges en matière agroalimentaire est particulièrement sensible dans le cas de la France. Par exemple : Un quota d’exportations sans droits de ddouane de 45 000 tonnes de produits laitiers européens / an a été concédé par le Mercosur, en plus de la suppression totale des droits sur le vin, le malt, et l’huile d’olive De leur côté les pays du Mercosur pourront exporter chaque année un contingent de 99 .000 tonnes de bœuf, pour lesquels les droits de douane seront portés à 7,5 %. Des quotas, sans droits de douane cette fois, sont également prévus pour la volaille (180.000 tonnes), le sucre (180.000 tonnes), ou encore l’éthanol (450.000 tonnes), alors que les conditions de production des pays du Mercosur impliquent des prix concurrentiels. Aux entrées de produits agroalimentaires consécutives à l'ouverture du marché de l'UE au Mercosur, s’ajoutent es quantités provenant d’accords déjà signés par la Commission Européenne, avec près de 80 pays du Monde qui injectent déjà, sans droit de douane, près de 300 000 tonnes de bœuf, 300 000 tonnes de poulet, ou encore 4 millions de tonnes de sucre. Tout n’arrive pas en France mais cela peut quand même perturber les marchés… De plus, le déséquilibre des coûts de production est renforcé par le déséquilibre des mesures environnementales entre les parties de l’accord. C’zst l’un des principaux motifs de colère des agriculteurs : les réglementations européennes en matière de protection de l’environnement n’ont pas leur équivalent dans les pays du Mercosur. Rien ne contraint vraiment les producteurs sud-américains, qu’il s’agisse de déforestation ou de principe de précaution. Des pesticides interdits dans l’UE continuent à être utilisés dans certains pays du Mercosur. Le contrôle des produits importés par l’UE se faisant sur la qualité des produits finis, certains producteurs sud-américains qui emploient des pesticides interdits dissimulent les traces détectables selon différentes méthodes. Par exemple en jouant sur les délais entre la dernière application de pesticides et la récolte : ce qui permet une dégradation naturelle des résidus (par ex : de 21-45 jours pour le glyphosate sur soja), ou en utilisant des molécules à faible persistance, etc. Dans leur état actuel les accords du Mercosur sont très peu contraignants en matière d’environnement et se limitent souvent à des déclarations d’intention plus ou moins vertueuses. Sommes-nous en France dans un rapport gagnant / gagnant avec les pays du Mercosur ? Rien n’est moins sûr actuellement. Certains pays européens sont en situation plus favorable et l’Union Européenne est loin d’une cohérence économique qui aurait amoindri, voire aboli, la concurrence entre ses membres, Dans de telles conditions, les péripéties du processus d’accord avec le Mercosur sont loin d’être finies. Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 21/01/2025 1/0 comments debug Commentaires (1) Noté 1 étoile sur 5. 1.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Jonquay 25 janv. Noté 1 étoile sur 5. La conclusion m'interroge.🙃 Personnellement je pars du principe que mis à part le commerce solidaire, le commerce partout dans le monde c'est du vol (exploitation d'humains jusqu’à l’esclavagisme, appropriation de terres jusqu'à l'assassinat, accaparation de moyens de production, de déforestation, de sols et de nappes phréatiques pollués etc). Conclure qu'avec l'Accord Mercosur des pays européens s'en sortent mieux que d'autres ou n'amènent pas à moins de concurrence entre eux me semble autocentré. Quid des peuples sud américains et de leur environnement sacrifiés pour notre "confort" et l'enrichissement de leurs oligarques ? 🤑 J'aime Répondre
- Le défi d'une concertation citoyenne sur le Rec de Veyret | Le Clairon
Le défi d'une concertation citoyenne sur le Rec de Veyret Le projet actuel d'aménagement du Rec de Veyret destiné à protéger l'ouest de Narbonne contre des crues de ce cours d'eau rencontre une forte opposition. C'est pour dépasser ce blocage que le maittre d'ouvrage a fait appel à la CNDP (Commission Nationale du Débat Public). Croquis du projet d'aménagement du Rec de Veyret (document SMDA) La concomitance des événements locaux nous invite souvent à une réflexion profonde sur la cohérence de l'aménagement de notre territoire. Hier, vendredi 22 mai, la commune de Montredon-des-Corbières célébrait la reconnaissance nationale de son patrimoine historique. Dans le même temps, le Syndicat Mixte du Delta de l’Aude (SMDA) annonce l'ouverture d'une concertation publique sur le projet d'aménagement du Rec de Veyret, dont l'une des infrastructures majeures pourrait impacter directement ce même site. Comment concilier sécurité des populations, respect de la démocratie locale et sauvegarde de notre Histoire ? Quand deux visions de l'intérêt général se croisent La journée d'hier fut un moment fort pour notre patrimoine local. À l'Hôtel de Ville de Montredon-des-Corbières s'est tenue la cérémonie de remise du chèque de 140 000 € alloué par la Mission Stéphane Bern (Loto du Patrimoine 2025). Cette somme est destinée à la sauvegarde de l'Aqueduc dit des Sources de Fontfroide ainsi que des Montjoies, des édicules servant de regard depuis le moyen-age. Cette réjouissance masque un actte fort de résistance. Le projet de protection contre les inondations porté par le SMDA prévoit la création d'un vaste ouvrage écrêteur de crue précisément sur ce même ecteur de "La Plaine", à Montredon-des-Corbières. Le tracé de cette retenue d'eau menace d'empiéter de manière significative sur l'emprise même de cet aqueduc millénaire. Ce télescopage soulève une question fondamentale de gouvernance publique. Comment l'État peut-il, d'un côté, subventionner la restauration d'un monument historique et, de l'autre, participer au financement (via le PAPI 3) d'une infrastructure lourde risquant d'en altérer l'intégrité ? Il s'agit là d'un enjeu majeur qui devra être mis sur la table lors des débats à venir. Le télescopage a encore d’autres dimensions. Une autre concertation complètement déconnectée est en cours où un sujet crucial porte précisément sur l’aménagement hydraulique du bassin du rec de Veyret. Des options de gare nouvelle à l’ouest de Narbonne sont à l’étude. Elles pourraient reconfigurer le territoire pour le siècle à venir. Toutes sont concernées par le risque d’inondation du Rec de Veyret. Ces deux débats publics en silo sont bordés par des logiques administratives et ignorent la réalité concrete, celle du territoire. Une concertation réclamée de longue date L'annonce par le SMDA, dans les colonnes de la presse locale, de l'ouverture d'une concertation préalable du 1er juin au 31 juillet 2026, sous l'égide de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), est une étape importante. La désignation d'une garante doit en principe assurer la neutralité des échanges. Cette phase d'écoute n'allait pas de soi. Elle répond à une demande ancienne des riverains, des collectifs citoyens et des élus locaux. Si le directeur du SMDA affirme aujourd'hui que « l'objectif n'est pas de vendre le projet » et que « des marges de manœuvre existent », c'est désormais à l'épreuve des faits que cette volonté de transparence sera jugée. Le format du dialogue en question Si l'initiative de la concertation est à saluer, la méthode retenue interroge notre conception du débat démocratique. Le SMDA a choisi de privilégier des formats restreints. Les échanges se feront dasn le cadre de webinaires en ligne et d’ateliers en présentiel limités à 25 personnes sur inscription. L'absence de grandes réunions publiques ouvertes à l'ensemble de la population est justifiée par la volonté d'apaiser les échanges et de réaliser un travail "technique". Cependant, il est de notre responsabilité de citoyens de veiller à ce que ce format n'exclue pas une partie des habitants, notamment ceux qui maîtrisent moins l'outil numérique ou qui souhaitent simplement s'informer sans avoir à s'inscrire au préalable. L’évacuation des quartiers de la Mayole et Maraussan en janvier dernier a provoqué un choc. La défaillance du barrage de Cap de Pla en 1994 a profondément marqué la mémoire collective locale.. Les inquiétudes liées à la construction de nouvelles retenues d'eau en amont des zones habitées sont légitimes et nécessitent un espace d'expression large et accessible à tous. Quel espace pour les alternatives ? Le budget prévisionnel de cet aménagement, initialement estimé à une dizaine de millions d'euros lors des premières réflexions, avoisine aujourd'hui les 30 millions d'euros. Face à cet engagement financier massif de deniers publics, la concertation ne doit pas se limiter à entériner un choix technique préétabli. Comme le souligne la garante de la CNDP, toutes les questions devront être posées. La réflexion citoyenne devra notamment porter sur l'évaluation rigoureuse des solutions alternatives. L'élargissement et le recalibrage du lit du cours d'eau en aval (vers la ville) ont-ils été étudiés avec le même niveau d'expertise que l'option des barrages écrêteurs ? Quel est le rapport coût/bénéfice environnemental de chaque scénario ? L’avis des opposants sur le sujet est très tranché. Le travail n’a pas été fait. S'informer pour mieux participer Tous les citoyens du Narbonnais, qu'ils soient riverains du Rec de Veyret, passionnés par la préservation des Montjoies, ou simplement attachés à la bonne gestion des risques naturels et des finances publiques, à s'emparer de cette concertation. Participez aux ateliers, suivez les webinaires, consultez les documents techniques mis en ligne par le SMDA, et n'hésitez pas à faire remonter vos analyses argumentées auprès de la garante de la CNDP. La démocratie participative ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. C'est par la qualité de notre réflexion collective que nous pourrons, peut-être, faire émerger un projet qui protège durablement les populations tout en respectant l'héritage précieux que nous a légué l'Histoire. Pour contribuer au débat, les questions et observations peuvent être adressées directement à la garante de la concertation : rachel.vindry@garant-cndp.fr . Laurent Faba pour le Clairon de l'atax le 22/05/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Narbonne : communiqué de presse du Collectif 1er mai | Le Clairon
Narbonne : communiqué de presse du Collectif 1er mai Appel citoyen à sauver le 1er Mai Narbonne, le 29 avril 2026 La municipalité multiplie les obstacles pour empêcher la tenue de notre rassemblement populaire et pacifique au Palais du Travail. Refus brutal du vin à la buvette, interdiction d'installation de coffrets électriques, injonction d'embaucher une sécurité privée onéreuse. En nous piégeant financièrement à 10 jours de l'échéance, le Maire de Narbonne ne gère pas l'ordre public, il organise l'asphyxie d'un événement gratuit et bénévole. Une censure politique par le sabotage logistique L'an dernier, notre mobilisation a réuni 8 000 personnes dans un climat irréprochable, À cette occasion, les services municipaux avaient eux-mêmes acté la qualité exemplaire du rendu des lieux le soir de l'évènement. Née en riposte au meeting du Rassemblement National à Narbonne, cette fête est devenue un rendez-vous citoyen de conférences et de débats. Incapable d'interdire légalement un rassemblement aussi responsable, et alors même qu'aucun risque de confrontation n'existe cette année, la mairie a choisi d'appliquer un dogme autoritaire pour ruiner l'événement. En nous signifiant le refus de notre buvette à peine dix jours avant l'événement, le Maire nous empêche de nous adapter alors que tous nos frais sont engagés. Le Maire nous interdit de changer de modèle économique. Le 24 avril, il a d'ailleurs justifié ce choix par écrit, assumant de refuser des moyens municipaux à ce qu'il nomme nos « organisations idéologiques ». Si le Maire considère que refuser la banalisation de l'extrême droite est une "idéologie", alors nous la revendiquons. Mais cette formule méprisante vise avant tout à jeter le discrédit sur un rassemblement porté par des associations de solidarité, des acteurs de l'action sociale, des acteurs culturels et des organisations syndicales représentatives. Ces structures accomplissent un travail quotidien d'utilité publique indispensable auprès des Narbonnaises et des Narbonnais. S'attaquer à ce collectif, c'est s'attaquer au tissu associatif qui fait vivre la solidarité dans notre ville. Ruiner un événement sur un simple délit d'opinion affaiblit notre démocratie. Si nous choisissons le silence aucune structure narbonnaise agissant pour l'accès aux droits ou la culture n'est plus à l'abri de coupes de subventions ou de refus de salles. Là même où se dresse le monument en hommage à Léon Blum, le Maire tente d'épuiser les opposants à l'extrême-droite en appliquant des méthodes de harcèlement administratif. Cette dérive locale illustre une tendance nationale alarmante de criminalisation et d'invisibilisation des luttes sociales. L'aveuglement dogmatique face à la crise viticole La violence idéologique de la municipalité atteint son paroxysme avec l'interdiction de notre débit de boissons. Proscrire la vente de vin lors d'une fête populaire dans le berceau français de la vigne et du vin est une première. En pleine crise viticole, le maire, successeur de Ferroul, sacrifie le soutien vital à notre économie locale sur l'autel de sa doctrine sécuritaire. Le mépris affiché pour notre identité et pour la convivialité méridionale est total. Un bouclier face aux mesquineries et aux représailles Cette conception propriétaire de l'espace public menace l'ensemble de la vie démocratique locale. La mairie porte une doctrine redoutable dans laquelle les moyens municipaux seraient réservés aux seules initiatives du pouvoir en place ou aux structures obéissantes. La preuve en est que le Grand Narbonne organise ce même week-end la Foire de Printemps pour 18 000 visiteurs avec de multiples débits d'alcool. Nous offrons pourtant à la ville une animation gratuite d'intérêt public. Notre collectif est large et pluriel. Les logos sur les affiches marquent simplement la participation à l'évènement. Si certains membres assument pleinement une dénonciation ferme des actes du Maire, les associations d'action sociale et culturelle engagées dans le 1er Mai, le font dans un esprit de stricte neutralité, de dialogue et d'apaisement. Elles n'ont pas à être prises en otage de ce bras de fer, ni à en subir les conséquences. En refusant de plier, notre collectif se dresse comme un bouclier pour protéger toutes les associations narbonnaises menacées par cette stérilisation dogmatique de la vie publique. Nous étudierons tous les recours possibles, afin de faire valoir la liberté de l'expression collective des idées et des opinions, liberté fondamentale reconnue par le Conseil constitutionnel. La solidarité financière et l'État de droit contre l'arbitraire L'étranglement économique ne nous empêchera pas de tenir la rue. Le 1er mai aura lieu et nous le financerons par la force de la solidarité. Nous lançons une grande cagnotte en ligne pour compenser notre perte de ressources délibérément provoquée par la mairie et nos frais de justice. Nous appelons toutes les citoyennes et tous les citoyens à nous rejoindre massivement ce vendredi au Palais du Travail pour une riposte festive, unitaire et implacable. Pour nous soutenir, et nous permettre d'honorer l'ensemble de nos frais, dont la majorité sont déjà engagés, des cagnottes seront accessibles à toutes celles et ceux qui souhaitent participer à cet évènement. Il sera également possible de consommer des boissons non alcoolisées à prix "soutien". le lien de la cagnotte : https://www.onparticipe.fr/c/1erMai2026 Contact : collectif1ermai@proton.me 06 73 74 69 94 Clairon.jfif Clairon.jfif 1/1 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Le cadmium, une menace à prendre au sérieux | Le Clairon
Le cadmium, une menace à prendre au sérieux En fait, les alertes au Cadmium sont une histoire ancienne. Déjà dans les années 1980, la présence du cadmium et sa toxicité font l’objet de signalements et de reportages télévisés relatifs à la pollution industrielle en Méditerranée ou dans l’estuaire de la Seine. Depuis, les choses ne se sont pas arrangées, car son usage industriel et technologique n’a cessé d’augmenter et donc la pollution qui l’accompagne et ses effets sur la santé. Ce qui est récent et singulier, c’est l’alerte lancée en 2025 par des médecins généralistes qui constatent les effets toxiques de ce métal sur leur patientèle. Agro-industrie (Image par succo de Pixabay) Les emplois du cadmium concernent tous les domaines de notre vie quotidienne On retrouve ce métal lourd et toxique dans de multiples emplois industriels : - Il entre dans la composition des batteries rechargeables (Ni-Cd) - Il sert de revêtement anti-corrosion (par ex : les boites de conserve) - Il entre dans la composition de certains pigments (couleur jaune) - Il est utilisé pour stabiliser les plastiques (PVC) - Il est utilisé sous forme de tellure de cadmium dans certains types de panneaux solaires car employé pour ses propriétés de semi-conducteur et de détecteur de rayonnement - Il entre dans la composition de certains alliages (soudure, fusibles) 2025 : Une alerte relance la question de la toxicité du cadmium Depuis 1993 le cadmium était classé par le -Centre international de recherche sur le cancer- ( CIRC) dépendant de l’OMS (Organisation mondiale de Santé) comme cancérogène certain, mutagène et reprotoxique . En juin 2025 un groupe de médecins libéraux réunis lors de la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-ML), a alerté les pouvoirs publics par un courrier adressé au premier ministre et aux ministres concernés. Il pointait l’urgence sanitaire à réagir face à cette pollution qui menaçait particulièrement les enfants. Cette alerte a ensuite été soutenue par d’autres membres du corps médical et par la députée Clémentine Autain qui a demandé, sans succès, la création d’une commission parlementaire ″ad hoc″. Pourtant en mars 2026, l’ Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) vient de confirmer la toxicité du cadmium et la surexposition des Français, notamment en raison de leurs pratiques alimentaires. Selon cette agence publique, 100 % des enfants de 2 à 3 ans dépassent les seuils de sécurité, leur contamination étant causée à 98% par leur mode d’alimentation (céréales et pommes de terre) Malgré la reconnaissance officielle du problème, les mesures tardent à venir, lorsqu’elles ne sont pas simplement écartées. Ainsi la proposition de députés (Autain, Biteau) de réglementer l’usage du Cadmium, (notamment les engrais phosphatés qui contiennent naturellement du cadmium et qui sont largement utilisés dans la culture des céréales) a été rejetée par le gouvernement….Si le dépistage du cadmium par la médecine de ville est désormais remboursé, ce qui ne résout pas le problème, les retards à son traitement, au plan technique et industriel, semblent relever principalement d’enjeux économiques et commerciaux, largement défendus par les lobbies de l’agro-industrie. Alors que faire ? Comment réduire les sources de contamination que constituent : - L’alimentation où le cadmium est présent dans les aliments de base (pain, pâtes, riz, pommes de terre, céréales, chocolat, etc.) - Le tabagisme (exposition par inhalation du tabac) - Les rejets de cadmium dans l’environnement par les activités industrielles Pour l’Anses, il y a urgence, car près de la moitié des adultes français dépasseraient les valeurs toxicologiques de référence. La solution du bio Selon l’Anses l’agriculture bio n’est pas épargnée par la présence de cadmium. Ainsi les roches phosphatées broyées, autorisées comme engrais en agriculture bio, peuvent contenir du cadmium, mais leur emploi serait marginal selon les agriculteurs bio qui préfèrent les engrais organiques, ce que confirme l’INRAE (l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). Le problème c’est la présence préexistante du cadmium, qui imprègne durablement les sols avant leur mise en agriculture bio… Pourtant, selon diverses études, le bio serait relativement moins contaminé que l’alimentation traditionnelle. Une méta-analyse, effectuée en 2014 sur 343 études, conclut que la teneur en cadmium du bio serait en moyenne de 48% inférieure au traditionnel. Selon les chercheurs de l’INRA, ces résultats sont à prendre avec des pincettes, car certains aliments bio peuvent selon leur origine être plus ou moins exposés à la présence de cadmium naturel dans les sols… Pour l’Anses ce sont les produits à base de céréales qui restent les premiers responsables de notre exposition au cadmium. Alors que faire ? Peut être commencer à se souvenir des hésitations et retards de réactions de nos gouvernants lors des prochaines échéances électorales… Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 22/04/2026 Clairon.jfif Clairon.jfif 1/1 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Littérature : « HOURIS » un livre de KAMEL DAOUD | Le Clairon
Littérature : « HOURIS » un livre de KAMEL DAOUD Prix Goncourt 2024, 417 pages ; éditions Gallimard Femme du Magreb (Image par Bineta de Pixabay) « Houris », c’est la voix d’une femme qui s ‘adresse à elle -même, ou plutôt à cette autre soi -même, cette enfant germinée dans son ventre, un jour, sous le coutelas de la guerre. « Houris », c’est la voix qu‘une nommée Aube dévide jusqu‘à son terme, jour après jour, comme un calendrier de l ‘Avent dont elle voudrait arracher le dernier feuillet. Prosopopée d’une mère qui veut sauver son enfant de la vie. Voix muette, ventriloque, proférée depuis une bouche ensanglantée, mais voix de plus en plus berçante, maternante. Houris, c’est la grande voix de la Mère - Patrie, sauvagement bâillonnée. C’est la monodie d’un écrivain à un lecteur qui, du fait de la censure, ne lira peut-être jamais, se dit-il. C’est la langue merveilleuse de Kamel Daoud, dont je me sens à la fois si loin et si désespérément proche. Magali Dellaporta pour le Clairon de l’Atax le 09/03/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Au cinéma : Yellow Letters | Le Clairon
Au cinéma : Yellow Letters Allemagne, France, Turquie – 2h08 – 2025 – Ours d'Or à la Berlinale Istanboul (Image par Vlad Man de Pixabay Un film de Ilker Catak avec Özgü Namal, Tansu Biçer, Leyla Smyrna Cabas. Aziz et Derya sont artistes. Ils vivent à Ankara, Aziz est metteur en scène et écrit des pièces de théâtre et Derya les joue, il est aussi professeur à l'Université de Ankara. Ils reçoivent la fameuse lettre jaune qui leur signale leur révocation. Aziz est accusé d'avoir incité ses étudiants à aller manifester et Derya de ne pas s'être présentée à l'issue d'une pièce de théâtre pour être photographiée aux côtés du gouverneur et de ses sbires. Sans revenus, ils vont être obligés de déménager à Istanbul chez la mère de Aziz avec leur fille adolescente. S'il est vrai que ce film pose la question de savoir comment rester fidèle à ses idéaux et à ses convictions, alors qu'on est menacé dans sa vie quotidienne et qu'on perd son confort matériel, il va beaucoup plus loin dans le bouleversement qui s'opère chez ses artistes, bien installés dans leur quotidien, reconnus et célébrés largement à la fois par le public mais aussi par les collègues un peu jaloux d'ailleurs et qui végètent dans des petits théâtres de province. Le bouleversement qui s'opère dans leur vie atteint aussi leur intimité, puisqu'à l'intérieur du couple, Aziz et Derya n'ont pas la même façon de voir les choses. Aziz trouve du travail grâce à l'intervention de son beau-frère, il va devenir chauffeur de taxi tandis que Derya vit mal l'inactivité dans l'appartement de sa belle-mère et finit par se présenter à un casting pour une série à la mode hollywoodienne, genre qu'elle abhorre d'ordinaire. Sous l'empire de la nécessité c'est finalement la plus stakhanoviste du couple qui va pactiser avec le "diable", tandis que son mari fidèle à ses convictions montera contre vents et marées sa pièce et en sera l'acteur principal. Que nous dit Catak , metteur en scène d'origine turque mais de nationalité allemande ?, qu'il est bien difficile de rester fidèle à ses convictions, de risquer sa vie ou son âme quand on vit dans un environnement menaçant, que personne ne peut jeter la pierre à celui passera sous les Fourches Caudines . Un film qui nous remet à notre place et ne nous permet pas de juger celui qui par peur, par lâcheté ou par nécessité gardera son poing dans la poche. Patricia Renaud pour le Clairon de l'Atax le 21/04/2026 Clairon.jfif Clairon.jfif 1/1 comments debug Commentaires (1) Noté 4 étoiles sur 5. 4.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Vince 07 mai Noté 4 étoiles sur 5. Merci pour ce partage J'aime Répondre
- Narbonne : à propos des inondations du 19 janvier 2026 | Le Clairon
Narbonne : à propos des inondations du 19 janvier 2026 Le programme de protection porté par le Syndicat Mixte du Delta de l'Aude, ainsi que par le cabinet "BRL Ingénierie", repose sur une vision du risque désormais dépassée par l'accélération du changement climatique Le Rec de Veyret au barrage du Cap de Pla (photo LF) La nuit du 19 janvier 2026 restera gravée dans la mémoire des Narbonnais. Les téléphones hurlent brusquement sous l'effet du système d'alerte numérique FR-Alert. Les forces de l'ordre parcourent les rues de Maraussan et de la Mayolle pour exiger le départ immédiat de centaines de familles. Cette évacuation forcée vers le Parc des Expositions, chez des amis ou de la famille ne traduit pas une folie administrative. Elle illustre la vulnérabilité d'une ville face à un ruisseau nommé « Rec de Veyret » dont la capacité de transport s'avère dérisoire. La catastrophe n’a pas eu lieu. L'événement se termine par une simple montée des eaux, qualifiée de biennale. Ce terme technique désigne un débit très courant qui possède 1 chance sur 2 de se produire chaque année. Le fossé coule avec force, mais reste dans son lit sans jamais inonder les maisons. Pourtant, le déploiement de la force publique constituait la seule réponse possible. Le système de protection actuel place les autorités dans une impasse technique, où la mise à l'abri préventive devient l'unique bouclier face à l'inconnu. Une décision préfectorale qui s’imposait La réaction du préfet de l'Aude suit une logique de sécurité civile, forgée par les catastrophes de 1999 et 2018. Ces drames historiques interdisent désormais la moindre hésitation aux décideurs publics. Le 18 janvier 2026, les prévisions de Météo France annoncent un scénario terrifiant. Le modèle numérique AROME projette un déluge de 80 mm de pluie en seulement 1 heure. Pour un bassin versant aussi réactif que celui du Rec de Veyret, une telle intensité transforme le ruisseau en un torrent furieux en moins de 45 minutes. Ce délai ne permet aucune intervention si l'orage débute avant le départ des populations. Lorsque l’information tombe, le risque de voir cette cellule orageuse frapper le bassin versant du Rec de Veyret se situe entre 3 % et 5 %. Les services de l'État se retrouvent alors face à un dilemme technique quasi insoluble. La capacité de transit du ruisseau plafonne à 50 m3 par seconde alors qu'un tel orage générerait un flux 6 fois plus important. Le préfet ne choisit pas l'évacuation par excès de prudence juridique. Il agit par nécessité technique, car les infrastructures existantes ne lui offrent aucune marge de manœuvre. L'absence de transparence hydraulique l'oblige à traiter un risque de 5 % comme une certitude de catastrophe. Le barrage de Cap de Pla est désespérément vide au moment de l'alerte. Cette observation rassurante ne pèse rien face à la menace d'une pluie éclair, capable de saturer le système en quelques instants. Cette prise en compte est nouvelle. Les progrès des modèles de calcul et le souvenir très frais des inondations de Valence en Espagne dictent des évacuations qui n’auraient pas été ordonnées, il y a quelques années à peine. Cette doctrine étant établie, Maraussan et la Mayolle seront évacués à nouveau pour les mêmes raisons, peut-être tous les 5 ans. Toute la stratégie de gestion des eaux et de prévention des risques d’inondation sur le Rec de Veyret doit être repensée à la lumière de ce risque jusque là surestimé. Une stratégie de rétention fondée sur une doctrine obsolète Le programme de protection porté par le Syndicat Mixte du Delta de l'Aude, ainsi que par le cabinet "BRL Ingénierie", repose sur une vision du risque désormais dépassée par l'accélération du changement climatique. Cette doctrine privilégiait la construction de barrages en amont pour stocker les volumes d'eau. Le plan d’aménagement actuellement proposé prévoit des ouvrages massifs sur les sites de la Plaine et de Bagatelle. Cette approche technique néglige une réalité géographique majeure. Le bassin versant total couvre 40 km2 mais les futurs barrages n'en contrôlent que 14 km2. Plus de 60 % de la zone de ruissellement échappe ainsi à tout freinage des eaux. Une pluie intense tombée sur les secteurs non gérés, suffit à provoquer une inondation brutale des quartiers bas sans rencontrer le moindre obstacle. Les ouvrages écrêteurs de crue ont une fenêtre d’efficacité très précise. Ils stockent un surplus temporaire alors que l’essentiel du débit les traverse. Ils sont donc efficaces pour le profil de pluie pour lequel ils ont été conçus, et parfois complètement inutiles lorsque les précipitations suivent un schéma différent. Le dimensionnement des retenues prévues pour le projet Rec de Veyret répond à une pluie étalée sur 24 heures qui ne correspond pas à la violence d'une cellule convective. Ces structures garantissent une protection théorique pour des événements lents, mais elles capitulent devant l'intensité d'un orage stationnaire. Un apport de 3,2 millions de m3 d'eau sature les réservoirs en moins de 45 minutes. Le dispositif rejette alors la totalité du flux vers Narbonne par ses évacuateurs de sécurité. L'investissement de millions d'euros dans ces retenues crée une illusion de sécurité qui ne résiste pas à l'analyse des débits. Les barrages en terre imposent des contraintes de surveillance et de maintenance extrêmement lourdes pour les finances publiques sous peine d’une catastrophe comme à Derna en Lybie en 2023. La déviation coûteuse de la route départementale 613, prévue dans le projet actuel, illustre l'ampleur des travaux pour un gain hydraulique marginal lors des crises réelles . Le projet de BRL Ingénierie n’extraira pas les autorités d’une peur légitime qui condamne les habitants à des évacuations répétitives. Vouloir freiner l'eau dans des bassins n’a de sens que s’il est impossible de donner au cours d’eau l’espace dont il a besoin. Cette méthode échoue à libérer les quartiers de la Mayolle et Maraussan de leur vulnérabilité structurelle. Elle n’empêchera pas de nouvelles évacuations. Ceci devrait suffire à la disqualifier définitivement. La transparence hydraulique comme plan de bataille durable Le retour de la sérénité pour les Narbonnais nécessite un basculement complet des solutions potentielles vers la transparence hydraulique. Le Rec de Veyret à Narbonne peut être schématisé en 4 sections. La première à l’amont est l’emprise de la retenue de Cap de Pla : elle s’étend de la future gare TGV, au barrage de Cap de Pla. La seconde section, du barrage à l’Espace Liberté, traverse une zone d’habitations éparses en déprise agricole avec une pente de 0,5 %. Puis le cours d’eau arrive dans la plaine où sa pente est de l’ordre de 0,1 % et où se concentrent les ponts. Le Rev de Veyret a besoin, précisément à cet endroit, d’un espace de liberté capable d'absorber les flux les plus extrêmes pour ne pas inonder les quartiers de Maraussan et la Mayolle qui le bordent sur sa rive gauche, jusqu’à sa confluence avec la Robine. Il se déverse en chemin dans sa quatrième section qui rejoint l’étang de Bages à travers des zones inondées par l’Aude. La troisième section est le plus critique. Protéger les zones à l’amont des ponts près de l’Espace Liberté est une opération relativement légère. Entre l’Espace liberté et le canal de la Robine, en revanche, le territoire doit être complètement reconfiguré . Il ne s’agit plus seulement d’un projet hydraulique mais d’un véritable projet urbain et touristique. Il ne faut en effet pas négliger l’impact qu’aurait un rec iconisé à côté des Grands Buffets. Une solution consiste à transformer le lit du ruisseau en un grand canal inspiré par les dimensions de la Robine. Un ouvrage de 30 mètres de large avec une profondeur de 3,5 mètres, assure largement le transit de 210 m3 par seconde. Cette capacité évacue la crue centennale sans avoir recours à aucun barrage en amont. Le redimensionnement massif s'avère géographiquement réalisable grâce à la présence d'espaces non bâtis, en rive droite à l'aval de l'Espace Liberté. La topographie locale permet cet élargissement sans engager d'expropriations complexes. La réfection de la plupart des ponts est déjà incluse dans le projet du syndicat mixte. Le nouveau profil du ruisseau est dimensionné pour transiter et non plus pour stocker, garantissant l'évacuation d'un débit de 210 m³/s. Ce flux est ensuite acheminé vers l'aval avec une vitesse suffisante pour être rejeté dans la zone de l'Étang du Cercle. Cette zone, souvent déjà en charge lors des épisodes de crue de l'Aude, nécessite un rejet maîtrisé. Le Grand Canal offre l'avantage de fournir la vitesse et la puissance hydraulique suffisantes pour s'affranchir de la contre-pente momentanée de l'étang et de garantir l'écoulement sans risque de refoulement vers la ville. Contrairement aux barrages en amont, qui ne font que retarder le problème, le Grand Canal résout l'enjeu du débit et celui de l'évacuation terminale vers un exutoire dont la complexité est connue. Le montage financier de ce chantier repose sur une réallocation intégrale des fonds. Le budget de près de 30 millions d'euros, prévu pour les barrages inefficaces de Montredon et Bagatelle, doit être transféré vers ce grand canal urbain. Cette réaffectation transforme une dépense de protection partielle en un investissement d'aménagement durable pour la ville. Le projet permet de créer une coulée verte paysagère qui valorise les quartiers de Maraussan et de la Mayolle. La transparence hydraulique supprime l'incertitude qui force le préfet à ordonner des évacuations pour des crues banales de 22 m3 par seconde. Le canal accepterait 10 fois ce volume, sans que le niveau de l'eau ne devienne inquiétant. Cette stratégie libère définitivement l'administration et les citoyens de l'angoisse des modèles météo. Le décalage observé le 19 janvier 2026 entre la menace virtuelle et la réalité du ruisseau impose une remise en question totale. La décision du préfet est logique, car elle pallie l'impuissance des infrastructures actuelles. Le projet de stockage amont, défendu par le syndicat mixte, représente le produit d'une doctrine dépassée. Les barrages ne peuvent plus garantir la sécurité de Narbonne face à l'accélération des orages stationnaires. Le salut des quartiers bas réside dans l'élargissement massif du lit aval pour redonner au Rec de Veyret sa fonction d'exutoire naturel. Le passage d'une défense basée sur la rétention, à une défense fondée sur la fluidité, constitue la seule réponse honnête au défi climatique. La création d'un grand canal de 30 mètres de large offre enfin une protection irréfutable et pérenne pour les Narbonnais. Laurent Fabas pour le Clairon de l’Atax le 22/01/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Inondations à Narbonne : un communiqué de RUBRESUS | Le Clairon
Inondations à Narbonne : un communiqué de RUBRESUS L'épisode de pluie bienfaitrice 17-19 janvier nous a littéralement submergés au vu des articles de presse rapportant les versions officielles des autorités et responsables sans aller plus loin sur des dysfonctionnements observés. logo Rubresus L'association RUBRESUS exerce une vigilance toute particulère aux questions environnementales qui concernent la Narbonnaise. Nous publions ici son communiqué diffusé suite à l'épisode pluvieux du 18 au 20 janvier dernier. La rédaction Communiqué de l’association RUBRESUS Orano Malvési, Bioterra : débordements de toutes parts ... Lors de l’épisode pluvieux qui a bienheureusement arrosé la basse vallée de l’Aude entre le 17 et 20 janvier 2026 des bassins d’eaux d’installations industrielles classées pour la protection del’environnement (ICPE) trop remplis ont provoqué de rejets intempestifs d’eaux non traitées dans le milieu naturel. Or, l’intensité du phénomène n’avait rien d’exceptionnel (200 mm en 3 jours) au regard d’évènements passés et s’inscrivait dans les mesures qui encadrent les activités de ces sites ainsi que dans les dispositions générales des plans de prévention (PPRI, 300 mm/24h). Les versions officielles des rejets et débordements des bassins présentées dans la presse ou dans les dispositions prises par les autorités n’expliquent pas les causes des dysfonctionnements et soulèvent beaucoup d’interrogations quant à la maîtrise des eaux tant par les autorités que par les industriels. Devant la haute sensibilité de ces rejets industriels vis à vis de l’environnement mais aussi du silence assourdissant de personnalités écologistes du coin et des élus locaux dans le giron de Malvési, l’association RUBRESUS toujours vigilante sur les atteintes à l’environnement dans la basse vallée de l’Aude et toujours soucieuse de transparence et de vérité revient ici sur ces surprenants couacs environnementaux et réglementaires qui se sont produits et peuvent se répéter. On remarquera tout d’abord que des week-ends, périodes de moindres disponibilités et vigilance, ont souvent été fatidiques : catastrophes 11-13 novembre 1999, 15-16 octobre 2018, intempéries 17-19 janvier 2026, ... Que s’est-il passé à Orano Malvési ? Dès le dimanche 18 janvier, soit au début de l’épisode, des bassins de traitement des eaux pluviales du site Orano Malévsi étaient déjà pleins ce qui a amené Orano avec l’accord des autorités à des rejets improvisés d’eaux non traitées vers le milieu naturel récepteur (L’indépendant du 24 janvier). "Les prélèvements ont démontré que les rejets d’eaux pluviales restent dans les limites de concentration" : la préfecture de l’Aude demande à Orano une "surveillance renforcée" après l’épisode méditerranéen - lindependant.fr Le Plan d’Opération Interne (POI) a été déclenché le lundi 19 janvier au matin en concertation avec DREAL et SDIS et un arrêté préfectoral d’autorisation des rejets d’eaux pluviales non traitées a été publié le mardi 21 janvier. Il est intéressant de souligner que cet évènement météorologique n’a pas été d’une grande intensité comme L. Triadou, directeur du Syndicat Mixte du Delta de l’Aude, l’a déclaré (L’Indépendant, 20 janvier) en le qualifiant de l’un des plus banaux qui soient (1 chance sur 2 dans l’année). Les eaux de ruissellement des installations Orano Malvési ne sont pas si anodines qu’on ne le pense. Elles proviennent notamment de la couverture de quelques dizaines de milliers m2 de l’Installation Nucléaire de Base (INB) ECRIN où sont stockés des déchets radioactifs en grande quantité et à même des sols. Les eaux pluviales du site comprennent également celles collectées au niveau de la ceinture souterraine de protection de l’INB. Les toitures des installations du site qui rejette fumées, polluants atmosphériques et poussières d’uranium et dérivés ainsi que les sols extérieurs contribuent aussi au flux global des eaux pluviales. Après collecte et analyses elles sont rejetées en milieu naturel (canal de la Robine via le canal de Tauran) si compatibles avec les prescriptions de rejet ou traitées si dépassements. Selon les déclarations d’autosatisfaction, les concentrations en polluants des rejets d’eaux non traitées seraient en dessous de valeurs limites. Nous émettons de fortes réserves à ce propos car face à des volumes importants d’eau il serait plus pertinent de considérer les flux (quantités) des polluants rejetés notamment des substances récalcitrantes et susceptibles de s’accumuler dans les milieux récepteurs (uranium, sels métalliques, ...). Pourquoi en est-on arrivé à ces rejets intempestifs d’eaux non traitées ? Lors de la Commission de Suivi du Site (CSS), 13 janvier 2026 à la Sous-Préfecture de Narbonne, Orano et la DREAL ont présenté et validé la stratégie de gestion des eaux du site appliquée en 2025 qui s’oriente vers une réduction des prélèvements d’eau industrielle (forage, captage source Oeillal) avec recyclage interne d’une partie des eaux pluviales. La mise en œuvre de ces nouvelles pratiques de gestion/réutilisation de l’eau, si louables soient-elles, nécessitent cependant de disposer d’une réserve tampon d’eau suffisante afin de satisfaire aux besoins des procédés de fabrication. La saturation des bassins dès le début de l’épisode tend à montrer que leur capacité disponible n’étaient peut être pas suffisante ou qu’ils étaient déjà pleins ou presque avant. Or des bassins pleins ne servent plus à rien pour stocker des afflux d’eaux ni empêcher alors des rejets d’eaux non traitées. Il aurait été judicieux d’anticiper ces risques en réajustant au préalable la capacité réelle nécessaire de stockage des eaux pluviales et les installations adéquates. Le déclenchement d’un POI ou la publication d’un arrêté préfectoral après coup (*) paraissent trop décalés en regard des enjeux et de la nécessité d’anticipation et de prévention. Le 18 janvier il était déjà trop tard pour empêcher les problèmes éminemment prévisibles et attendus. L’épisode était parfaitement annoncé en particulier auprès des responsables, autorités et les dispositions adéquates de prévention des risques de débordement auraient dû être anticipées, préparées et mises en œuvre pour y pallier. Subir un évènement modéré attendu n’est pas acceptable et l’anticiper devrait être un impératif surtout en site SEVESO 2 seuil haut. « Bioterra sur Veyret » Site industriel relevant de la classification ICPE, le centre de traitement des boues d’épuration par compostage Bioterra Narbonne, filiale de Veolia Eau, autorisé à traiter 40 000 t de boues de stations d’épuration et à produire 25 000 t de composts est implanté aux abords immédiats du barrage de Cap de Pla Narbonne et du rec de Veyret. Les installations comprennent un bâtiment de 10 000 m2, une aire extérieure de 10 000 m2 et voirie. Un bassin de 1000 m3 collecte des eaux de ruissellement du site. La haute sensibilité de cette installation industrielle est qu’elle est implantée sur le site du forage d’eau potable Le Ratier (F2) qui alimente des quartiers de Narbonne, en plein périmètre de protection rapproché du forage qui interdit tout rejet polluant. Le 18 janvier à 00h30, soit quelques heures à peine depuis le début de l’épisode pluvieux annoncé, le débordement du bassin s’est produit et a été signalé lundi 19 aux autorités qui ont été amenées à prendre un arrêté préfectoral mercredi 21 janvier. La principale prescription est de porter la capacité de 1000 à 1680 m3 dans les 3 mois, ce qui peut paraître comme une mesurette, accompagnée de mesures sur les contrôles analytiques des eaux et la gestion du bassin (vidange, curage). Compte tenu des compétence de la société en matière de traitement d’eaux et de la sensibilité du site, des mesures de traitement des eaux pluviales auraient été judicieuses. La lecture édifiante de l’arrêté préfectoral (**) pourrait se résumer en un malheureux constat que tout le monde avait faux dans cette affaire et que ce dysfonctionnement est révélateur de tergiversations et négligences. En effet, après un arrêté préfectoral du 3 août 2023, la DREAL a fait plusieurs demandes : justification de la capacité du bassin, mise en œuvre de travaux d’extension du bassin qui pour diverses raisons n’ont pas été suivies. Et tout cela sur un site manipulant des quantités considérables de boues de station d’épuration, matières à fort potentiel de pollution organique et microbiologique, au cœur du périmètre de protection rapproché d’un forage d’eau potable. Compte tenu du caractère polluant de l’activité et son implantation, il est affligeant voire désespérant de voir que des mesures évidentes et impératives de protection aient autant tardé et pas encore réalisées. Ces exemples de risques de deux sites industriels sensibles dont un site nucléaire majeur de la filière montrent que ce n’est ni la faute à pas de chance ni au changement climatique mais plutôt que ce serait, aux plus hauts niveaux, des négligences, tolérances, manque d’anticipation, de transparence et d’écoute, qui ont pu contribuer à ces dysfonctionnements. Nos craintes s’étendent à d’autres sites industriels de traitement de déchets du Narbonnais (décharge contrôlée d’ordures ménagères), de stations d’épuration qui subissent des afflux d’eaux qui « lessivent » les bassins de décantation et d’aération et entraînent massivement des polluants organiques, minéraux et microbiens dans les milieux naturels. Les épisodes pluvieux qui vont suivre sont à très hauts risques vu la précarité des installations actuelles. (*) Arreté préfectoral Orano : https://www.aude.gouv.fr/contenu/telechargement/36477/249865/file/APMU-ORANO_signe_SG_2001.pdf (**) Arreté préfectoral Bioterra : https://www.aud https://www.aude.gouv.fr/contenu/telechargement/36519/250206/file/2026-APMU-bioterra-bassinv2_sign%C3%A9_2101.pdf e.gouv.fr/contenu/telechargement/36519/250206/file/2026-APMU-bioterra-bassinv2_sign%C3%A9_2101.pdf ( 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.












