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Au cinéma : Yellow Letters

Allemagne, France, Turquie – 2h08 – 2025 – Ours d'Or à la Berlinale

Patricia Renaud pour le Clairon de l'Atax le 21/04/2026

Istanboul (Image par Vlad Man de Pixabay

Un film de Ilker Catak avec Özgü Namal, Tansu Biçer, Leyla Smyrna Cabas.


   Aziz et Derya sont artistes. Ils vivent à Ankara, Aziz est metteur en scène et écrit des pièces de théâtre et Derya les joue, il est aussi professeur à l'Université de Ankara. Ils reçoivent la fameuse lettre jaune qui leur signale leur révocation. Aziz est accusé d'avoir incité ses étudiants à aller manifester et Derya de ne pas s'être présentée à l'issue d'une pièce de théâtre pour être photographiée aux côtés du gouverneur et de ses sbires. Sans revenus, ils vont être obligés de déménager à Istanbul chez la mère de Aziz avec leur fille adolescente.


   S'il est vrai que ce film pose la question de savoir comment rester fidèle à ses idéaux  et à ses convictions, alors qu'on est menacé dans sa vie quotidienne et qu'on perd son confort matériel, il va beaucoup plus loin dans le bouleversement qui s'opère chez ses artistes, bien installés dans leur quotidien, reconnus et célébrés largement à la fois par le public mais aussi par les collègues un peu jaloux d'ailleurs et qui végètent dans des petits théâtres de province.


   Le bouleversement qui s'opère dans leur vie atteint aussi leur intimité, puisqu'à l'intérieur du couple, Aziz et Derya n'ont pas la même façon de voir les choses. Aziz trouve du travail grâce à l'intervention de son beau-frère, il va devenir chauffeur de taxi tandis que Derya vit mal l'inactivité dans l'appartement de sa belle-mère et finit par se présenter à un casting pour une série à la mode hollywoodienne, genre qu'elle abhorre d'ordinaire.


   Sous l'empire de la nécessité c'est finalement la plus stakhanoviste du couple qui va pactiser avec le "diable", tandis que son mari fidèle à ses convictions montera contre vents et marées sa pièce et en sera l'acteur principal.

Que nous dit Catak , metteur en scène d'origine turque mais de nationalité allemande ?, qu'il est bien difficile de rester fidèle à ses convictions, de risquer sa vie ou son âme quand on vit dans un environnement menaçant, que personne ne peut jeter la pierre à celui passera sous les Fourches Caudines

.
  Un film qui nous remet à notre place et ne nous permet pas de juger celui qui par peur, par lâcheté ou par nécessité gardera son poing dans la poche.


Patricia Renaud pour le Clairon de l'Atax le 21/04/2026

Commentaires (1)
Noté 4 étoiles sur 5.
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Vince
7 mai
Noté 4 étoiles sur 5.

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