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Le cadmium, une menace à prendre au sérieux

En fait, les alertes au Cadmium sont une histoire ancienne. Déjà dans les années 1980, la présence du cadmium et sa toxicité font l’objet de signalements et de reportages télévisés relatifs à la pollution industrielle en Méditerranée ou dans l’estuaire de la Seine. Depuis, les choses ne se sont pas arrangées, car son usage industriel et technologique n’a cessé d’augmenter et donc la pollution qui l’accompagne et ses effets sur la santé. Ce qui est récent et singulier, c’est l’alerte lancée en 2025 par des médecins généralistes qui constatent les effets toxiques de ce métal sur leur patientèle.

Louise B. Velpeau pour le Clairon de l'Atax le 23/04/2026

Agro-industrie (Image par succo de Pixabay)

Les emplois du cadmium concernent tous les domaines de notre vie quotidienne


On retrouve ce métal lourd et toxique dans de multiples emplois industriels :

- Il entre dans la composition des batteries rechargeables (Ni-Cd)

- Il sert de revêtement anti-corrosion (par ex : les boites de conserve)

- Il entre dans la composition de certains pigments (couleur jaune)

- Il est utilisé pour stabiliser les plastiques (PVC)

- Il est utilisé sous forme de tellure de cadmium dans certains types de panneaux solaires car employé pour ses propriétés de semi-conducteur et de détecteur de rayonnement

- Il entre dans la composition de certains alliages (soudure, fusibles)


2025 : Une alerte relance la question de la toxicité du cadmium


   Depuis 1993 le cadmium était classé par le -Centre international de recherche sur le cancer- (CIRC) dépendant de l’OMS (Organisation mondiale de Santé) comme cancérogène certain, mutagène et reprotoxique.

   En juin 2025 un groupe de médecins libéraux réunis lors de la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-ML), a alerté les pouvoirs publics par un courrier adressé au premier ministre et aux ministres concernés. Il pointait l’urgence sanitaire à réagir face à cette pollution qui menaçait particulièrement les enfants.

   Cette alerte a ensuite été soutenue par d’autres membres du corps médical et par la députée Clémentine Autain qui a demandé, sans succès, la création d’une commission parlementaire ″ad hoc″. Pourtant en mars 2026, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) vient de confirmer la toxicité du cadmium et la surexposition des Français, notamment en raison de leurs pratiques alimentaires. Selon cette agence publique, 100 % des enfants de 2 à 3 ans dépassent les seuils de sécurité, leur contamination étant causée à 98% par leur mode d’alimentation (céréales et pommes de terre)

   Malgré la reconnaissance officielle du problème, les mesures tardent à venir, lorsqu’elles ne sont pas simplement écartées. Ainsi la proposition de députés (Autain, Biteau) de réglementer l’usage du Cadmium, (notamment les engrais phosphatés qui contiennent naturellement du cadmium et qui sont largement utilisés dans la culture des céréales) a été rejetée par le gouvernement….Si le dépistage du cadmium par la médecine de ville est désormais remboursé, ce qui ne résout pas le problème, les retards à son traitement, au plan technique et industriel, semblent relever principalement d’enjeux économiques et commerciaux, largement défendus par les lobbies de l’agro-industrie.


Alors que faire ?


   Comment réduire les sources de contamination que constituent :

- L’alimentation où le cadmium est présent dans les aliments de base (pain, pâtes, riz, pommes de terre, céréales, chocolat, etc.)

- Le tabagisme (exposition par inhalation du tabac)

- Les rejets de cadmium dans l’environnement par les activités industrielles


Pour l’Anses, il y a urgence, car près de la moitié des adultes français dépasseraient les valeurs toxicologiques de référence.


La solution du bio


   Selon l’Anses l’agriculture bio n’est pas épargnée par la présence de cadmium. Ainsi les roches phosphatées broyées, autorisées comme engrais en agriculture bio, peuvent contenir du cadmium, mais leur emploi serait marginal selon les agriculteurs bio qui préfèrent les engrais organiques, ce que confirme l’INRAE (l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). Le problème c’est la présence préexistante du cadmium, qui imprègne durablement les sols avant leur mise en agriculture bio…

   Pourtant, selon diverses études, le bio serait relativement moins contaminé que l’alimentation traditionnelle. Une méta-analyse, effectuée en 2014 sur 343 études, conclut que la teneur en cadmium du bio serait en moyenne de 48% inférieure au traditionnel. Selon les chercheurs de l’INRA, ces résultats sont à prendre avec des pincettes, car certains aliments bio peuvent selon leur origine être plus ou moins exposés à la présence de cadmium naturel dans les sols…

   Pour l’Anses ce sont les produits à base de céréales qui restent les premiers responsables de notre exposition au cadmium.


   Alors que faire ? Peut être commencer à se souvenir des hésitations et retards de réactions de nos gouvernants lors des prochaines échéances électorales…


Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 22/04/2026


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