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  • Crise du logement : le Parlement européen a fait fort ! | Le Clairon

    Crise du logement : le Parlement européen a fait fort ! En France, environ 2 ,8 millions de ménages attendent un logement. Logement abordable (Image Iphigénie Atridès avec le concours de Raphael-app) La crise du logement n’est pas seulement grave en France elle l’est aussi dans toute l’Europe. Des députés européens français ″de gauche″ pensaient trouver une écoute favorable de la part de leurs collègues européens : les voici déçus. Le parlement européen vient de pondre, au bout d’une année de travail, d’audition d’acteurs du logement, de consultations d’experts, etc., un rapport sur le logement qui fleure bon les recettes de la droite la plus radicale. Il est vrai que le Parlement européen a viré à droite ces derniers temps. Une répétition des mêmes erreurs ? Le vote est sans appel : le rapport a été adopté par 367 voix pour, 166 contre et 83 abstentions, parmi lesquelles les socialistes français. Il propose une kirielle de mesures réactionnaires que l’on peut résumer en trois grandes catégories : · La dérégulation par l’abaissement des normes, au motif que leur « simplification » favorisera la construction de nouveaux logements, notamment en diminuant les contraintes environnementales · L’assouplissement des conditions de crédit qui exposeront aux impayés plus d’accédants à la propriété aux impayés · La titrisation qui transforme les actifs peu liquides que sont les crédits immobiliers en valeurs mobilières aisément négociables (rappelons que la titrisation a été à l’origine de la crise financière des années 2007 / 2008) L’idée qui préside à ces mesures qui n’ont rien d’innovant, c’est de stimuler l’offre de financements, tout en diminuant les coûts de construction, donc la création de logements. On voit mal comment de telles disposition vont résoudre les problèmes de la population éligible aux logements sociaux, voire intermédiaires. Il est vrai que si l’on baisse en même temps les normes et spécifications relatives à la consommation énergique des constructions, on peut baisser les prix de vente jusqu’à retrouver des maisons individuelles, genre les cages à lapin chères à Coluche, qui aboutissent en ruines, une fois les crédits payés. Serait-ce la solution pour produire du logement ″abordable″ conforme aux objectifs de la Commission européenne ? En tout cas, les mesures envisagées par ce rapport ne devraient pas déplaire au secteur du BTP. Les préconisations libérales du rapport ne seraient pas complètes sans un geste visant à améliorer la rente immobilière : il s’agit donc de dénoncer les méfaits de l’encadrement des loyers, une mesure contre performante, puisqu’elle créerait de l’insécurité chez ceux qui investissent dans la pierre, jusqu’à les décourager dans leurs projets et par là, empècher l’élargissement de l’offre de logements ! Le rapport, quoique jugé imparfait, a été adoptées par la grande majorité des députés affiliés au groupe des socialistes et démocrates de l’Assemblés du Parlement européen. Seuls leurs collègues socialistes français, se sont courageusement abstenus. Il est vrai qu’en période électorale, les mesures préconisées ne seraient pas porteuses de succès dans les urnes. Pour le Clairon de l’Atax, Louise B. Velpeau le 15/03/2026 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Narbonne : à propos des inondations du 19 janvier 2026 | Le Clairon

    Narbonne : à propos des inondations du 19 janvier 2026 Le programme de protection porté par le Syndicat Mixte du Delta de l'Aude, ainsi que par le cabinet "BRL Ingénierie", repose sur une vision du risque désormais dépassée par l'accélération du changement climatique Le Rec de Veyret au barrage du Cap de Pla (photo LF) La nuit du 19 janvier 2026 restera gravée dans la mémoire des Narbonnais. Les téléphones hurlent brusquement sous l'effet du système d'alerte numérique FR-Alert. Les forces de l'ordre parcourent les rues de Maraussan et de la Mayolle pour exiger le départ immédiat de centaines de familles. Cette évacuation forcée vers le Parc des Expositions, chez des amis ou de la famille ne traduit pas une folie administrative. Elle illustre la vulnérabilité d'une ville face à un ruisseau nommé « Rec de Veyret » dont la capacité de transport s'avère dérisoire. La catastrophe n’a pas eu lieu. L'événement se termine par une simple montée des eaux, qualifiée de biennale. Ce terme technique désigne un débit très courant qui possède 1 chance sur 2 de se produire chaque année. Le fossé coule avec force, mais reste dans son lit sans jamais inonder les maisons. Pourtant, le déploiement de la force publique constituait la seule réponse possible. Le système de protection actuel place les autorités dans une impasse technique, où la mise à l'abri préventive devient l'unique bouclier face à l'inconnu. Une décision préfectorale qui s’imposait La réaction du préfet de l'Aude suit une logique de sécurité civile, forgée par les catastrophes de 1999 et 2018. Ces drames historiques interdisent désormais la moindre hésitation aux décideurs publics. Le 18 janvier 2026, les prévisions de Météo France annoncent un scénario terrifiant. Le modèle numérique AROME projette un déluge de 80 mm de pluie en seulement 1 heure. Pour un bassin versant aussi réactif que celui du Rec de Veyret, une telle intensité transforme le ruisseau en un torrent furieux en moins de 45 minutes. Ce délai ne permet aucune intervention si l'orage débute avant le départ des populations. Lorsque l’information tombe, le risque de voir cette cellule orageuse frapper le bassin versant du Rec de Veyret se situe entre 3 % et 5 %. Les services de l'État se retrouvent alors face à un dilemme technique quasi insoluble. La capacité de transit du ruisseau plafonne à 50 m3 par seconde alors qu'un tel orage générerait un flux 6 fois plus important. Le préfet ne choisit pas l'évacuation par excès de prudence juridique. Il agit par nécessité technique, car les infrastructures existantes ne lui offrent aucune marge de manœuvre. L'absence de transparence hydraulique l'oblige à traiter un risque de 5 % comme une certitude de catastrophe. Le barrage de Cap de Pla est désespérément vide au moment de l'alerte. Cette observation rassurante ne pèse rien face à la menace d'une pluie éclair, capable de saturer le système en quelques instants. Cette prise en compte est nouvelle. Les progrès des modèles de calcul et le souvenir très frais des inondations de Valence en Espagne dictent des évacuations qui n’auraient pas été ordonnées, il y a quelques années à peine. Cette doctrine étant établie, Maraussan et la Mayolle seront évacués à nouveau pour les mêmes raisons, peut-être tous les 5 ans. Toute la stratégie de gestion des eaux et de prévention des risques d’inondation sur le Rec de Veyret doit être repensée à la lumière de ce risque jusque là surestimé. Une stratégie de rétention fondée sur une doctrine obsolète Le programme de protection porté par le Syndicat Mixte du Delta de l'Aude, ainsi que par le cabinet "BRL Ingénierie", repose sur une vision du risque désormais dépassée par l'accélération du changement climatique. Cette doctrine privilégiait la construction de barrages en amont pour stocker les volumes d'eau. Le plan d’aménagement actuellement proposé prévoit des ouvrages massifs sur les sites de la Plaine et de Bagatelle. Cette approche technique néglige une réalité géographique majeure. Le bassin versant total couvre 40 km2 mais les futurs barrages n'en contrôlent que 14 km2. Plus de 60 % de la zone de ruissellement échappe ainsi à tout freinage des eaux. Une pluie intense tombée sur les secteurs non gérés, suffit à provoquer une inondation brutale des quartiers bas sans rencontrer le moindre obstacle. Les ouvrages écrêteurs de crue ont une fenêtre d’efficacité très précise. Ils stockent un surplus temporaire alors que l’essentiel du débit les traverse. Ils sont donc efficaces pour le profil de pluie pour lequel ils ont été conçus, et parfois complètement inutiles lorsque les précipitations suivent un schéma différent. Le dimensionnement des retenues prévues pour le projet Rec de Veyret répond à une pluie étalée sur 24 heures qui ne correspond pas à la violence d'une cellule convective. Ces structures garantissent une protection théorique pour des événements lents, mais elles capitulent devant l'intensité d'un orage stationnaire. Un apport de 3,2 millions de m3 d'eau sature les réservoirs en moins de 45 minutes. Le dispositif rejette alors la totalité du flux vers Narbonne par ses évacuateurs de sécurité. L'investissement de millions d'euros dans ces retenues crée une illusion de sécurité qui ne résiste pas à l'analyse des débits. Les barrages en terre imposent des contraintes de surveillance et de maintenance extrêmement lourdes pour les finances publiques sous peine d’une catastrophe comme à Derna en Lybie en 2023. La déviation coûteuse de la route départementale 613, prévue dans le projet actuel, illustre l'ampleur des travaux pour un gain hydraulique marginal lors des crises réelles . Le projet de BRL Ingénierie n’extraira pas les autorités d’une peur légitime qui condamne les habitants à des évacuations répétitives. Vouloir freiner l'eau dans des bassins n’a de sens que s’il est impossible de donner au cours d’eau l’espace dont il a besoin. Cette méthode échoue à libérer les quartiers de la Mayolle et Maraussan de leur vulnérabilité structurelle. Elle n’empêchera pas de nouvelles évacuations. Ceci devrait suffire à la disqualifier définitivement. La transparence hydraulique comme plan de bataille durable Le retour de la sérénité pour les Narbonnais nécessite un basculement complet des solutions potentielles vers la transparence hydraulique. Le Rec de Veyret à Narbonne peut être schématisé en 4 sections. La première à l’amont est l’emprise de la retenue de Cap de Pla : elle s’étend de la future gare TGV, au barrage de Cap de Pla. La seconde section, du barrage à l’Espace Liberté, traverse une zone d’habitations éparses en déprise agricole avec une pente de 0,5 %. Puis le cours d’eau arrive dans la plaine où sa pente est de l’ordre de 0,1 % et où se concentrent les ponts. Le Rev de Veyret a besoin, précisément à cet endroit, d’un espace de liberté capable d'absorber les flux les plus extrêmes pour ne pas inonder les quartiers de Maraussan et la Mayolle qui le bordent sur sa rive gauche, jusqu’à sa confluence avec la Robine. Il se déverse en chemin dans sa quatrième section qui rejoint l’étang de Bages à travers des zones inondées par l’Aude. La troisième section est le plus critique. Protéger les zones à l’amont des ponts près de l’Espace Liberté est une opération relativement légère. Entre l’Espace liberté et le canal de la Robine, en revanche, le territoire doit être complètement reconfiguré . Il ne s’agit plus seulement d’un projet hydraulique mais d’un véritable projet urbain et touristique. Il ne faut en effet pas négliger l’impact qu’aurait un rec iconisé à côté des Grands Buffets. Une solution consiste à transformer le lit du ruisseau en un grand canal inspiré par les dimensions de la Robine. Un ouvrage de 30 mètres de large avec une profondeur de 3,5 mètres, assure largement le transit de 210 m3 par seconde. Cette capacité évacue la crue centennale sans avoir recours à aucun barrage en amont. Le redimensionnement massif s'avère géographiquement réalisable grâce à la présence d'espaces non bâtis, en rive droite à l'aval de l'Espace Liberté. La topographie locale permet cet élargissement sans engager d'expropriations complexes. La réfection de la plupart des ponts est déjà incluse dans le projet du syndicat mixte. Le nouveau profil du ruisseau est dimensionné pour transiter et non plus pour stocker, garantissant l'évacuation d'un débit de 210 m³/s. Ce flux est ensuite acheminé vers l'aval avec une vitesse suffisante pour être rejeté dans la zone de l'Étang du Cercle. Cette zone, souvent déjà en charge lors des épisodes de crue de l'Aude, nécessite un rejet maîtrisé. Le Grand Canal offre l'avantage de fournir la vitesse et la puissance hydraulique suffisantes pour s'affranchir de la contre-pente momentanée de l'étang et de garantir l'écoulement sans risque de refoulement vers la ville. Contrairement aux barrages en amont, qui ne font que retarder le problème, le Grand Canal résout l'enjeu du débit et celui de l'évacuation terminale vers un exutoire dont la complexité est connue. Le montage financier de ce chantier repose sur une réallocation intégrale des fonds. Le budget de près de 30 millions d'euros, prévu pour les barrages inefficaces de Montredon et Bagatelle, doit être transféré vers ce grand canal urbain. Cette réaffectation transforme une dépense de protection partielle en un investissement d'aménagement durable pour la ville. Le projet permet de créer une coulée verte paysagère qui valorise les quartiers de Maraussan et de la Mayolle. La transparence hydraulique supprime l'incertitude qui force le préfet à ordonner des évacuations pour des crues banales de 22 m3 par seconde. Le canal accepterait 10 fois ce volume, sans que le niveau de l'eau ne devienne inquiétant. Cette stratégie libère définitivement l'administration et les citoyens de l'angoisse des modèles météo. Le décalage observé le 19 janvier 2026 entre la menace virtuelle et la réalité du ruisseau impose une remise en question totale. La décision du préfet est logique, car elle pallie l'impuissance des infrastructures actuelles. Le projet de stockage amont, défendu par le syndicat mixte, représente le produit d'une doctrine dépassée. Les barrages ne peuvent plus garantir la sécurité de Narbonne face à l'accélération des orages stationnaires. Le salut des quartiers bas réside dans l'élargissement massif du lit aval pour redonner au Rec de Veyret sa fonction d'exutoire naturel. Le passage d'une défense basée sur la rétention, à une défense fondée sur la fluidité, constitue la seule réponse honnête au défi climatique. La création d'un grand canal de 30 mètres de large offre enfin une protection irréfutable et pérenne pour les Narbonnais. Laurent Fabas pour le Clairon de l’Atax le 22/01/2026 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Au cinéma : MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX | Le Clairon

    Au cinéma : MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX un superbe polar années 1950 Tout y est dans cette image d'Iphigénie Atridès France, Belgique – 1h20 - 2025 Un film de Pascal Bonitzer avec Denis Podalydès, Anna Alvaro, Manuel Guillot. Qui ne connait pas le célèbre commissaire Maigret ? Appelé en urgence suite à la mort de Monsieur Berthiet-Lagès, ancien ambassadeur, Maigret découvre que celui-ci avait une relation épistolaire avec la princesse de Vuynes (excusez du peu !), son amour de jeunesse dont le mari vient de mourir. Tout y est, la pipe, le chapeau, le pardessus, la femme, fée du logis et fine cuisinière, le 36 quai des Orfèvres, poussiéreux à souhait et le grand commissaire, économe de mots et pourvoyeur de phrases lapidaires. C'est que ce commissaire est pressé de découvrir le coupable : est-ce la gouvernante très attachée à son patron depuis des années, est-ce le neveu antiquaire légèrement méprisant, l'amour de jeunesse ou le critique de cinéma ? On suit Maigret dans ses déambulations oratoires, un peu assommé par ses insinuations à l'emporte pièce, jusqu'à la chute finale qui rebat toutes les cartes. Bref, on est replongé dans les années 50, on puise dans ses souvenirs les jours pluvieux où l'on s'est délecté d'un "bon polar". C'est un film à lire au second degré servi par des acteurs de talent. Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 20/03/2025 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Narbonne, inventer les filières de demain | Le Clairon

    Narbonne, inventer les filières de demain Quel avenir économique pour Narbonne ? Narbonne le centre (image Pixabay) Le temps est aux municipales, à Narbonne comme ailleurs. Dans le brouillard grisâtre des promesses convenues qui émanent des diverses candidatures partisanes, il nous semble que les propositions de Laurent Fabas, candidat de la liste « Nous sommes Narbonne, démocratique et populaire », tranchent par la qualité du diagnostic posé sur l’économie narbonnaise, le sérieux et la fiabilité des propositions argumentées faites aux Narbonnais. La rédaction du Clairon Narbonne est une énigme pour qui se contente de regarder les cartes postales ou les rapports de l'INSEE. D’un côté, notre attractivité ne se dément pas. De nouveaux habitants arrivent chaque année, le soleil attire les capitaux, et nos infrastructures de transport nous placent théoriquement au centre de gravité du Sud de la France. De l’autre, la réalité sociale grince. Le taux de pauvreté stagne autour de 20%. Le centre-ville lutte pour sa survie commerciale. La jeunesse diplômée s’exile faute de perspectives. L’attractivité n’est pas un projet politique, il s’agit d’un flux. Narbonne ne sait pas la canaliser. Son économie est une passoire. La valeur ajoutée est captée par des réseaux de rente locaux puis immédiatement évacuée vers l'extérieur. L’économie de la passoire L’économie narbonnaise repose sur un socle de transferts sociaux et de revenus de subsistance qui masque l’absence d’appareil productif propre. La prolifération des services de proximité, des enseignes de restauration rapide et des commerces de confort ne constitue pas un développement, mais une simple redistribution circulaire de richesses exogènes. Les pensions de retraite, les dépenses des touristes, les prestations sociales et les salaires de la fonction publique forment l’essentiel du carburant local. Cet argent circule brièvement entre le résident et le boutiquier avant de quitter définitivement le territoire pour rejoindre les centrales d’achat des grands distributeurs, les sièges sociaux des franchises nationales, ou le compte en banque lointain d’un propriétaire. Dans ce schéma, il y a des gagnants. Les banques, les études notariales et les conseils juridiques ont opéré une mutation stratégique vers la gestion de la rente foncière suite à l’affaiblissement du moteur viticole. Le sol agricole est transformé en actif immobilier. Le Plan Local d'Urbanisme ne sert plus ici une vision de la cité, mais fait office de mécanisme de création de valeur artificielle. L'acte administratif qui rend une parcelle constructible génère une plus-value immédiate, captée par un cercle restreint de promoteurs et d'intermédiaires, avocats et agents immobiliers. Si ces profils sont surreprésentés dans le paysage politique local, c’est parce que cette alliance entre la décision publique et les professions libérales du foncier constitue le véritable projet politique du territoire. L’étalement urbain, présenté comme une réponse à l’attractivité, représente en réalité une subvention déguisée à l'économie de la rente. La collectivité engage ses finances dans l'entretien futur de réseaux et d'équipements pour des lotissements qui ne produiront jamais aucune richesse autre que celle, unique, de leur transaction initiale. Ce modèle de développement par la pierre fige les capitaux locaux dans des actifs improductifs au lieu de les orienter vers la création d’emplois. Les prix de l’immobilier augmentent, les salaires stagnent. Les inégalités explosent. Les jeunes générations sont étouffées. Le secteur touristique illustre parfaitement cette industrie de l’extraction. Les volumes de fréquentation sont impressionnants, alors que le multiplicateur économique local demeure dérisoire. Narbonne offre son cadre de vie et assume la charge des externalités négatives comme l’usure des réseaux, la congestion de la circulation, la gestion des déchets ou les services de sécurité. La valeur ajoutée réelle s’échappe vers des plateformes de réservation américaines et des groupes hôteliers financiarisés. La ville s'appauvrit en réalité à mesure qu’elle reçoit, faute d’outils capables de sédimenter la marge sur son propre sol. Cette dépossession économique se double d'une érosion préoccupante de la compétence technique au sein même de nos institutions. Narbonne est devenue une ville-coquille qui a progressivement délégué sa capacité de penser et de concevoir. Le recours systématique à l’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage pour chaque étude stratégique, chaque grand projet urbain ou chaque réflexion sur les flux, signe un abandon de souveraineté locale. L’Agglomération ou la ville achète à prix d’or une intelligence standardisée auprès de cabinets de conseil lointains qui dupliquent des solutions hors-sols. Cette perte d’ingénierie interne empêche la constitution d’une mémoire administrative et d’une vision technique autonome. Elle place la puissance publique en position de faiblesse structurelle face aux grands concessionnaires de services urbains. Faute de cadres capables de contester les modèles économiques imposés par les géants de l’eau, des déchets ou de l’énergie, la collectivité subit des contrats qui assèchent ses marges de manœuvre. Parallèlement, le territoire exporte ses propres diplômés, faute de structures de haute technicité capables de les absorber. Ce déficit commercial de l’intelligence est sans doute la fuite la plus grave pour l’avenir de la cité. Le constat d'une ville qui se vide de sa substance sous un vernis de croissance démographique impose une remise en question totale de nos outils de gestion. Narbonne ne peut plus se permettre d'être l'hôte passif de flux qui l'appauvrissent. La sortie de l'économie de la passoire exige de briser le cercle de la rente immobilière et de reprendre en main les leviers de l'ingénierie et du droit. Construire une économie circulaire locale Vouloir conserver la valeur sur un territoire n’a rien d’un concept novateur. Il nécessite la création de nouveaux organes économiques, capables d'occuper les espaces délaissés par un marché local prisonnier de ses habitudes. Le premier outil de la collectivité est la commande publique. Il faut commencer par la penser différemment. Elle ne doit plus être une simple dépense de fonctionnement, mais un acte d'investissement dans notre propre souveraineté. Le droit de la commande publique regorge d’outils inexploités pour devenir un levier de structuration industrielle. La clause carbone est la plus connue, elle permet par exemple de sélectionner des entreprises de proximité. Mais il existe aussi des réglages plus subtils, comme le choix d’une taille de marché correspondant aux acteurs locaux. Ce genre de pratiques permet, pour commencer, de ne pas les exclure au profit de grands groupes nationaux. Il est également possible, sous conditions, de réserver certains marchés à des structures de l’économie sociale et solidaire. La Société Coopérative d’Intérêt Collectif représente à cet égard le véhicule juridique le plus abouti, car elle permet d’associer au capital la collectivité les producteurs les salariés et les usagers. Ces structures peuvent capter l'abondance des appels à projets et des financements de l’Europe, de l'État ou de la Région qu'une administration classique ne saurait saisir avec la même réactivité. L’ingénierie réside ici dans la rédaction des statuts qui doivent intégrer des principes de ″sourcing local″ et surtout l'acceptation préférentielle du Cers qui est notre monnaie locale. Ce verrouillage statutaire crée un automate du circuit court qui rend inutile toute intervention politique ultérieure pour garantir le localisme de l'action. Une fois la structure lancée, son objet social lui interdit de céder aux sirènes des fournisseurs lointains ou de la remontée de dividendes financiers. Tous les acteurs de l’économie sociale et solidaire n’agissent pas dans le champ concurrentiel. D’autres doivent être conçues comme des facilitateurs systémiques. Tel est le cas des Entreprises à But d'Emploi qui s’inscrivent dans le cadre de l'expérimentation « territoire zéro chômeur de longue durée » (TZCLD) dont 70 % des salaires sont financés par un programme de l’État. Elles peuvent occuper une fonction de service public industriel et commercial dont la rentabilité ne s’évalue pas à leur propre bilan comptable, mais aux bénéfices qu’elles génèrent pour le reste de l’écosystème territorial. Un tel acteur se positionne hors du champ concurrentiel pur, car il rend des services dont le coût de revient serait prohibitif pour une entreprise isolée, mais dont l’absence paralyse toute une filière. Qu’il s’agisse d’une plateforme logistique ou d’un centre de maintenance partagé, ces structures abaissent les barrières à l’entrée des entrepreneurs locaux. En assumant les investissements lourds que le secteur privé délaisse, la collectivité crée un environnement favorable où les structures du champ concurrentiel peuvent enfin prospérer et se développer sur le territoire. Le réarmement productif ne serait pas complet sans un instrument de protection de la liquidité locale. Le Cers, la monnaie locale complémentaire du Narbonnais, doit sortir de sa dimension militante pour devenir un pilier de notre stratégie de souveraineté. L’idée est simple, lorsqu’un agent économique détient un moyen de paiement, il va se fournir préférentiellement chez des agents qui l’acceptent pour s’épargner les frais de change au taux de : un Cers pour un Euro. Détenir des Cers pousse à consommer local, et cette inclination se transmet avec la monnaie. Le rôle de la collectivité dans une monnaie locale qui réussit, est de mettre ces Cers en circulation. Elle peut verser des primes à ses agents en monnaie locale sur la base du volontariat, ou mettre en place un programme de ″cashback″dans des commerces partenaires, en donnant des Cers pour chaque achat à la manière d’un bon de fidélité territorial. Les résidents, comme les touristes ont alors dans les poches un moyen de paiement qui n’est utilisable que sur le territoire. La collectivité peut aussi favoriser l’acceptation de la monnaie. Lorsque les associations subventionnées et les délégataires de service public acceptent la monnaie locale, un débouché naturel est créé, ancrant cet outil dans le paysage. Le délégataire qui gère l'eau ou les transports doit être contraint d'accepter notre monnaie locale, ce qui force la circulation de la richesse au sein de notre tissu économique. Chaque unité de Cers circule plus fréquemment et plus rapidement au sein du tissu narbonnais qu’un euro classique, ce qui augmente mécaniquement l’activité économique globale sans injection de capital supplémentaire. Cette étanchéité monétaire assure que l’effort consenti par la commande publique pour créer des filières locales ne profite pas à des intérêts financiers extérieurs. Maîtriser le foncier La maîtrise du sol constitue la condition première de toute politique de réarmement industriel et agricole. À Narbonne comme ailleurs, le foncier n’est pas une marchandise neutre mais la matière première de notre autonomie. Créer des outils productifs et des circuits monétaires étanches est inutile, si le Plan Local d’Urbanisme continue de privilégier la rente résidentielle au détriment de l’activité réelle. À Narbonne, le risque d’inondation et le choix de protéger nos espaces naturels ont formé une limite bien avant que la loi n’impose comme objectif la fin de l’artificialisation nette des sols. Jusqu’à présent la croissance narbonnaise s’est faite par la facilité de la consommation d’espaces naturels pour construire des lotissements dont le rendement fiscal est illusoire face aux coûts de gestion des réseaux et des services publics. Chaque hectare encore disponible doit être considéré comme un actif stratégique pour la souveraineté du territoire. Nous ne pouvons plus nous offrir le luxe de gaspiller nos dernières réserves foncières pour de la promotion immobilière de confort, alors que nous manquons de surfaces pour implanter nos ateliers. Le document d'urbanisme, qui doit être révisé doit acter le passage d'une gestion de flux résidentiels à une gestion de stocks productifs. La création des structures de l’économie sociale et solidaire nécessite une protection réglementaire absolue du foncier économique. Le marché, laissé à lui-même, poussera toujours vers l’usage le plus rentable à court terme. Si nous voulons que nos entreprises productives puissent s'installer, elles doivent avoir accès à un foncier dont le prix est déconnecté de la spéculation résidentielle. Cela peut se faire par des servitudes intégrées dans le règlement d’urbanisme, et en transférant la propriété foncière d’actifs stratégiques à des structures dont l’objet est de les protéger de la spéculation immobilière. La mise en œuvre d’un tel urbanisme de production se heurtera inévitablement aux réseaux d'influence qui prospèrent sur le modèle actuel. Le tout résidentiel est une impasse financière pour la collectivité. Les taxes perçues sur les nouveaux habitants ne couvrent jamais les investissements nécessaires en écoles en voiries et en équipements publics. À l’inverse l’implantation d’activités productives sur un foncier maîtrisé, génère une richesse réelle et des emplois stables qui consolident la base économique du territoire. La défense du foncier industriel est donc la véritable politique de défense du pouvoir d'achat des Narbonnais, car elle garantit la pérennité de notre modèle social local. L’urbanisme est la traduction spatiale d’une vision du monde. En laissant le marché dicter l’usage de notre sol, nous acceptons la disparition programmée de notre potentiel d’autonomie au profit d’une fonction de cité dortoir pour touristes et retraités. Notre territoire possède tous les atouts pour redevenir une place forte de la production et de l’échange à condition de cesser de consommer notre avenir pour simplement loger notre présent. Commencer par l’autonomie alimentaire Narbonne ne produit pas ce qu'elle mange. Notre territoire viticole excelle dans la vigne mais a délaissé le reste pendant longtemps. La vigne a reculé. Elle ne reviendra pas. Nous dépendons presque totalement des camions venus d'Espagne ou d'ailleurs pour nos produits frais. Cette dépendance constitue une faiblesse stratégique majeure. Elle nous expose aux fluctuations des prix et à la concurrence brutale du maraîchage intensif espagnol. Il ne s’agit pas de demander aux agriculteurs de se lancer dans le vide face à des marchés mondialisés. La solution est de créer un marché captif et sécurisé. La restauration collective est un puissant levier de commande. Écoles, crèches et foyers représentent un besoin annuel de centaines de tonnes de légumes. Cette demande existe. Elle dépend de la commande publique. La ville peut ainsi garantir aux maraîchers et aux bergers l'achat de leur production à un prix juste et contractuel qui leur permet de se projeter. Pour atteindre la taille critique nécessaire à la viabilité de ces outils de production, l'agglomération doit nouer des partenariats stratégiques avec d'autres institutions du territoire. En associant les besoins du centre hospitalier et ceux des lycées gérés par la Région, le volume de commande sécurise l'investissement. Ce facilitateur ne concurrence pas le monde agricole, mais il lui ouvre les portes d’un marché public, qui lui était jusqu’alors fermé par manque d'infrastructures de conditionnement. La terre agricole en friche et irrigable ne manque pas autour de Narbonne. Elle doit être libérée, pas pour les amis d’un adjoint, mais en direction de l‘utilité publique. La collectivité peut porter le foncier, moderniser les réseaux d’irrigation et déployer l’utilisation des eaux usées traitées. Au lieu de laisser cette ressource précieuse se perdre en mer, elle doit être redirigée par un réseau de canalisations vers nos plaines pour sécuriser l’irrigation du maraîchage et des cultures fourragères, indispensables à notre future filière laitière locale. C'est un projet de génie civil ambitieux, qui place Narbonne à l'avant-garde de l'adaptation climatique, en créant une boucle circulaire de l'eau entre la ville et sa ceinture nourricière. L'ingénierie hydraulique conditionne notre capacité à produire. Un maraicher produit des légumes bruts. Une cantine cuisine des légumes prêts à l'emploi. L’ambition d’une alimentation totalement locale pour les cantines narbonnaises, se heurte à l’absence d’outils de transformation primaire. Le chaînon manquant est ici physique et logistique. La création d’une structure dédiée à cette transformation constitue la réponse opérationnelle pour traiter les légumes, mais aussi pour relancer la filière de l’élevage. La production locale de yaourts et de produits laitiers transformés sur place, permettrait de recréer une économie pastorale dans notre arrière-pays. Ce projet dépasse le cadre du simple jardinage municipal. Il structure une filière économique complète. Il crée des emplois non délocalisables. Il rétablit une boucle vertueuse entre le producteur local et l'assiette de l'écolier. Et cette boucle est disponible pour se développer au-delà : pour répondre à la demande de ceux qui veulent utiliser leurs Cers pour s’alimenter localement. Au-delà de cet exemple alimentaire, la collectivité peut bâtir des filières dans tous les domaines techniques en utilisant ses leviers de commande et de foncier. La position de carrefour de Narbonne est pour cela un atout aujourd’hui sous-exploité qui doit devenir le moteur de notre réindustrialisation. Notre façade maritime et notre port en extension ne doivent plus être regardés comme des infrastructures étrangères ou de simples lieux de transit, mais comme le socle d'une nouvelle ambition productive. Nous pouvons transformer notre nœud logistique en un véritable atelier européen de maintenance et de transformation, pour enfin cesser de regarder passer les richesses sur nos autoroutes et nos rails sans jamais les capter. Laurent Fabas le 19/01/ 2026 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Jonquay 25 janv. Noté 5 étoiles sur 5. Merci pour cette analyse économique de Narbonne, hyper réaliste et bien articulée. Si bien que les outils à utiliser pour que la population défende sa dignité existent déjà et sont limpides. Il reste à s'en saisir. J'invite la gauche narbonnaise à sortir de ses poncifs, de ses oukases et de son ostracisme. Un vrai programme commun communal et dès le premier tour, les égos après. J'aime Répondre

  • De la légitimité de nos représentants. | Le Clairon

    De la légitimité de nos représentants. Nous proposons à nos lecteurs ce texte du Narbonnais Joël Raimondi. Il s'interroge comme beaucoup de Française et de Français sur la question de la légitimité des élus censés nous représenter dans les différentes instituons politiques qui gouvernent notre pays. En cette période de grande confusion politique où les principes démocratiques dont nous nous réclamions sont mis à mal, quel rapport y a t'il entre les querelles qui agitent les états majors des partis et les préoccupations des citoyens ? N'est-il pas temps de s'interroger sur la légitimité de tous ceux qui se prévalent de nous représenter et de décider en notre lieu et place ? Politicien (Image by WALTER ANTONIO Boeger from Pixabay) Lire l'entièreté de l'article ICI . comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • LE DOGME DU PIRE | Le Clairon

    LE DOGME DU PIRE A quelques jours des municipales 2026 il nous parait important de rééditer cet article de Laurent Fabas paru en juillet 2025 La rédaction du Clairon le 23 février 2026 Débat, toute ressemblance ( (Image AI Iphigénie Atridès de Pixabay) Les élections municipales approchent, alors que les temps sont à la crise économique et politique, rien ne semble troubler les habitudes des la classe politique locale. Ici et là, dans les villes grandes ou moyennes, se livrent des guerres picrocholines où s’affrontent des candidatures, mais très peu de contenus. La gauche qui pense maintenir son implantation locale, à déjà mis en place quelques superbes machines à perdre, tandis que la droite et l’extrême droite rêvent à un destin glorieux et à la conquête de nouveaux fiefs dans le crépuscule du macronisme. Y a-t-il un chemin pour sortir de ce bourbier ? Peut-être, mais il faut sortir des chemins battus : c’est ce que nous explique Laurent Fabas dans un plaidoyer argumenté en faveur des initiatives citoyennes. La rédaction du Clairon La Fracture Invisible de la Gauche Dans chaque assemblée, à chaque veille d'élection où la menace de l'extrême droite se fait plus pressante, le même débat fratricide resurgit, telle une fracture invisible qui divise la gauche. Les termes de la controverse sont simples. Sans union la victoire de l’extrême-droite, immédiate ou prochaine, est assurée. Pour beaucoup, le barrage est alors une évidence morale comme stratégique. Mais d'autres formulent une critique acerbe de ce choix, héritée d'une longue tradition révolutionnaire. Se ranger derrière des forces réformistes jugées complices du système, serait un pacte avec le diable. Prendre part à un barrage serait se faire l'instrument d'une trahison annoncée, qui, en décevant les espoirs populaires, ne ferait que renforcer, à terme, ceux contre qui l’union s’est formée. Cet argument, sous couvert de radicalité, a pour principal effet de paralyser l'action et de semer le doute. De cet argument émerge une formulation aussi naïve que démobilisatrice en l’absence d’une gauche de rupture dominante, autrement dit presque toujours et presque partout : ″empêcher l’extrême-droite de gagner la renforce″ . La plupart abandonnent là le combat. Les quelques augures qui se pensent en capacité de voir à travers cet abîme croient distinguer alors, tel un mirage, ce moment où ayant refusé toute compromission, leurs idées triompheront. Alors autant ne pas s’opposer à l’extrême droite. ... L’histoire de la gauche regorge de ces stratégies du pire n’ayant engendré aucun triomphe, pourtant l’argument a toujours ses tenants. Anatomie d'un Dogme Avant de réfuter un argument, il faut le comprendre dans toute sa force, voire lui rendre justice. La critique de l'unité avec le centre gauche n'est pas une simple posture de purisme stérile. Elle s'ancre dans une analyse politique cohérente et des craintes valides. Cette méfiance envers les alliances avec les courants réformistes de la gauche plonge ses racines dans les débats stratégiques du mouvement ouvrier du XXème siècle. L'expression la plus tristement célèbre de cette ligne fut la stratégie "classe contre classe" adoptée par l'Internationale Communiste à la fin des années 1920 et au début des années 1930. À cette époque, la social-démocratie, accusée d'être la "gauche de la bourgeoisie" et de trahir les intérêts du prolétariat, était qualifiée de "social-fascisme". L'idée sous-jacente de cette pensée est que, face à la crise du capitalisme, la social-démocratie et le fascisme sont les deux faces d'une même pièce pour destinée àmaintenir la domination de la classe dirigeante. L'une par la ruse et la réforme illusoire, l'autre par la force brute. L’une menant, de toute façon, à l’autre. La gauche réformiste, en cherchant à aménager le système plutôt qu'à le renverser, serait objectivement un obstacle à une véritable transformation sociale, et donc, indirectement, une alliée du maintien de l'ordre existant. L'argument pour refuser le combat contre l’extrême-droite se déploie souvent comme un scénario implacable en trois actes, une tragédie grecque où chaque acte mène inéluctablement au suivant. Le premier acte est celui de l'union . Pour parvenir à un accord avec des forces plus modérées, la gauche radicale est contrainte de mettre de l'eau dans son vin. Les propositions les plus transformatrices sont édulcorées, voire abandonnées. Ce faisant, la gauche radicale perd non seulement son tranchant programmatique, mais aussi son autonomie politique. Elle devient, aux yeux de ses critiques, une simple caution de gauche pour une politique qui ne sera, au fond, qu'une gestion plus humaine du capitalisme. Elle prête sa crédibilité et son énergie militante à un projet qui n'est pas le sien. Le deuxième acte se joue une fois l'alliance parvenue au pouvoir . Confrontée aux réalités du système comme la pression des marchés financiers et les contraintes budgétaires, la coalition est rapidement mise au pied du mur. N'ayant ni la volonté, ni le rapport de force suffisant pour opérer une rupture franche, elle est condamnée à mener des politiques qui décevront profondément sa base sociale. Les promesses de changement se heurtent au mur de l'argent et aux structures du pouvoir économique. Les réformes, si elles existent, sont timides, insuffisantes, et finissent par ressembler aux politiques qu'elles prétendaient combattre. La trahison n'est pas vue comme une défaillance morale, mais comme une conséquence structurelle de l'intégration au système. Le troisième et dernier acte est celui où l’extrême-droite récolte les fruits amers de cette déception . Les électeurs, qui avaient cru au changement, se sentent floués. Ils ne font souvent pas la distinction entre les différentes composantes de la gauche qui a gouverné et les mettent toutes dans le même sac. La colère et la désillusion se tournent alors vers ceux qui apparaissent comme les seuls véritables antisystème, ceux qui n'ont pas encore trahi. L’extrême droite, qui a observé ce processus depuis l'opposition, peut alors se présenter comme le seul recours face à une élite politique, gauche et droite confondues, jugée uniformément corrompue et impuissante. Chaque échec d'une gauche, unie mais modérée renforce ainsi la crédibilité de l'extrême droite. Face à ce scénario perçu comme inéluctable, certains choisissent donc l’isolement stratégique. Toute alliance étant un piège, la seule voie honorable et efficace serait de construire une force révolutionnaire autonome, intransigeante sur ses principes, refusant les compromissions. L'arrivée de l’extrême droite au pouvoir, bien que redoutée, est parfois vue comme un mal nécessaire, un moment de vérité qui, en révélant la nature brutale du capitalisme, dissiperait les illusions réformistes et créerait les conditions d'une prise de conscience populaire et d'une véritable confrontation révolutionnaire. Ils font le pari, souvent tragique, que le pire peut accoucher du meilleur. Comprendre cette logique est essentiel. Car il est nécessaire de reconnaître la profondeur de ces craintes et la cohérence de cette analyse pour espérer y opposer une alternative crédible, non pas en niant les risques, mais en proposant une autre manière de les surmonter. Ce raisonnement de la radicalité est toujours jugé solide par ses tenants. Pourtant l’histoire l’a disqualifié avec fracas. Dans l’entre deux guerres, il divisa le front ouvrier, en particulier en Allemagne. Depuis il est souvent cité parmi les éléments ayant facilité l'arrivée du fascisme au pouvoir. Et très loin de mener à une révolution, l’œuvre d’épuration idéologique consécutive à la prise du pouvoir de l’extrême-droite ne fut stoppée que par la capitulation militaire. Mais à mesure que ses témoins s’éteignent, l’histoire s’oublie. Contre le piège de l'alliance des appareils, l’initiative autogérée Face à la logique bien huilée du dogme de la politique du pire, l'expérience d'une initiative citoyenne et auto-organisée en est une réfutation pratique. Elle ne nie pas la validité de certaines craintes historiques, mais elle démontre que les prémisses sur lesquelles repose l'argument de la trahison inévitable ne s'appliquent tout simplement pas lorsque l'unité se construit par le bas, dans l'action concrète et en dehors des logiques d'appareil traditionnelles. Le premier acte du scenario que redoutent ceux qui refusent de lutter contre l’extrême droite s’articule autour d’accords de sommet, où les états-majors des partis négocient des compromis qui affadissent les programmes et diluent les identités radicales. Or, une initiative autogérée ne relève pas de cette logique. Il ne s'agit pas d'une alliance formelle entre organisations politiques, mais d'une convergence spontanée, née de l'initiative de citoyens, d'artistes, de collectifs et de militants associatifs ou syndicaux. Dans ce schéma, les partis politiques ne sont pas les architectes de l'unité, mais des participants invités à rejoindre un mouvement qui les précède et les dépasse. La dynamique de pouvoir est inversée. La gauche radicale ne doit pas négocier sa place et faire des concessions à une gauche molle hégémonique. Au contraire, l'ensemble des forces, y compris les plus institutionnelles, doivent s'insérer dans un cadre défini par la base, un cadre souvent plus exigeant et créatif que ne le seraient des tractations entre appareils. L'autonomie n'est donc pas perdue, elle est le moteur même de l'action. La question de la caution de gauche est ainsi retournée. Ce sont les organisations qui apportent leur soutien à une initiative populaire authentique, et non l'inverse. L'argument de la trahison inévitable repose entièrement sur le cycle : promesse électorale → conquête du pouvoir → gestion décevante. Mais qu'advient-il de cet argument lorsque l'objectif de l'unité n'est pas un programme de gouvernement, mais une transformation tangible à l'échelle locale, une victoire culturelle, ou la création d'un contre-pouvoir citoyen ? Nombre d'initiatives autogérées ne visent pas à présenter un catalogue de mesures à appliquer après une victoire aux urnes. Leur but est souvent immédiat et incarné : créer un lieu de solidarité, organiser un festival culturel engagé, mettre en place une coopérative, lutter contre un projet néfaste, ou simplement occuper l'espace public pour y faire vivre d'autres valeurs. L'unité se scelle sur une action partagée, ici et maintenant, et non sur une promesse pour un avenir incertain. Le cycle "promesse → pouvoir → trahison" est donc brisé à sa racine, car l'action ne s'inscrit pas nécessairement dans ce cadre électoraliste et gouvernemental. La déception future, qui alimenterait l’extrême droite selon la critique, n'a donc pas de prise sur des mobilisations dont les fruits sont cueillis dans la réussite de l'initiative elle-même, dans le lien social créé, et dans la conscience collective qu'elle engendre. La crainte que l'unité avec des forces plus modérées ne conduise à la perte d'autonomie des courants les plus critiques et à la démobilisation du peuple est également contredite par l'expérience des initiatives autogérées. Loin d'être diluée, la dynamique la plus créative et la plus radicale, dans son sens étymologique de retour aux fondamentaux de l'action collective et de la démocratie directe, émane en général de la base. Elle qui insuffle l'énergie, invente les formes d'organisation horizontales et fixe le cadre d'une action qui va bien au-delà de la simple opposition ou de la gestion institutionnelle. De plus, de telles initiatives sont l'exact contraire d'un processus de démobilisation. En permettant à des individus de tous horizons de participer activement à la construction d'une alternative, en leur donnant le goût de l'action collective, en créant des réseaux et des solidarités, elles sont un puissant vecteur de politisation. Elles ne canalisent pas la colère vers une simple échéance électorale abstraite. Elles la transforment en une force constructive, en une capacité d'organisation et en une conscience politique renouvelée. Le peuple n'est pas désarmé par une alliance de sommet, il s'arme lui-même de l'expérience du pouvoir d'agir collectivement. En somme, l'initiative citoyenne, par sa nature même, expose les limites d'une critique prisonnière d'une vision fermée des rapports politiques, où seuls les appareils définiraient le champ de la lutte. Le réel, ici, se montre plus inventif, plus diversifié et plus porteur d'espoir que le dogme. Prolonger la Dynamique dans le champ municipal L'expérience d'une initiative autogérée contre l’extrême droite désamorce les critiques théoriques contre une union large. Elle ouvre dès lors une perspective stimulante. Cette énergie et cette méthode apporteraient beaucoup sur le terrain électoral, en particulier celui, si concret, des élections municipales. La vigilance est de mise, car le passage à une logique de conquête du pouvoir réactive inévitablement les craintes de dilution et de trahison. Pourtant, l'héritage du processus auto-organisé offre des antidotes puissants pour éviter les pièges du passé. Il ne s'agit pas de nier les risques, mais de construire une stratégie municipale qui soit le prolongement direct de l'esprit de l’initiative citoyenne contre l’extrême droite, et non sa négation. - La première garantie contre une alliance de sommet qui trahirait sa base, réside dans la genèse même de la liste électorale. Elle ne saurait être, comme c’est trop souvent le cas, une simple addition de logos de partis négociée en catimini. Le mécanisme de la loyauté est ici le cœur du propos. Chaque membre d’une liste doit sa place à une personne ou à une structure. Le membre de la liste est alors redevable envers ce à quoi il doit sa place. Il regardera dans la même direction pour briguer d’autres fonctions et ne tiendra plus que marginalement compte de sa base. Il la décevra. Pour désamorcer ce cycle, le regard de chaque membre de la liste doit être tourné vers la base. La vertu d’une initiative autogérée contre l’extrême-droite est de révéler cette base. Une base expurgée des courtisans qui n’y ont vu aucun gain personnel à prendre. La coalition municipale doit être l'émanation directe du collectif des forces agissantes du territoire ainsi révélées. En lui étant loyal, chaque futur élu reste directement connecté à sa base. . La coalition municipale doit être l'émanation directe du collectif des forces agissantes du territoire ainsi révélées. En lui étant loyal, chaque futur élu reste directement connecté à sa base. L a composition de la liste doit refléter la diversité des acteurs mobilisés . Citoyens non-encartés, figures du monde associatif et culturel, artistes doivent se tenir aux côtés des représentants des forces politiques et syndicales. Ces derniers ne doivent pas contrôler seuls les places éligibles ou la tête de liste. L'ordre des priorités doit être dicté par la légitimité acquise dans l'action, et non par des calculs d'appareil. Le programme ne peut être un document technocratique , issu d'un compromis entre ″experts″. Il doit être le fruit d'une co-construction dans un esprit d’horizontalité. Que ce soit à travers des assemblées citoyennes dédiées, des ateliers programmatiques ouverts à tous ou des consultations thématiques sur le terrain. Les propositions émergent de la base, sont débattues collectivement, et la synthèse finale reflète ce travail partagé. La légitimité du programme vient alors de son processus d'élaboration autant que de son contenu. Les élus, une fois installés, ne doivent pas se couper de leur base et céder aux pressions du système. Pour contrer ce risque, le projet municipal ne doit pas se contenter de promettre un ensemble de mesures, mais une méthode de gouvernance radicalement différente. L'engagement principal doit porter sur l'instauration d'une démocratie participative et délibérative réelle et continue. Cela va bien au-delà des simples réunions publiques consultatives. Il s'agit de porter des mécanismes de contrôle populaire et de co-décision : · Transparence absolue des débats, des décisions et des finances municipales. · Assemblée citoyenne permanente, indépendante de la municipalité élue et tirant sa légitimité du succès de l’initiative citoyenne. Elle assure un rôle de suivi critique, d'alerte, mais aussi de soutien et de proposition. Il s’agit du contre-pouvoir organisé qui empêche le "chèque en blanc" et qui maintient les élus sous la pression constructive de ceux qui les ont portés au pouvoir. La "trahison" est ainsi rendue bien plus difficile, car le lien avec la base n'est jamais rompu. · Budgets participatifs dotés de moyens significatifs et portant sur des enjeux structurants. · Comités de quartier, ateliers publics thématiques, ou assemblées locales ouvertes disposant d'un véritable pouvoir d'initiative et de suivi. · Référendums d'initiative citoyenne (RIC) locaux sur les projets engageant l'avenir de la commune. La vieille opposition entre réforme et révolution perd de sa pertinence lorsque la dynamique citoyenne s'empare de la question du pouvoir. À l'échelle municipale, la véritable radicalité ne réside pas dans des proclamations grandioses de rupture. Celles-ci sont souvent hors de portée d'une municipalité seule. Elle réside dans le transfert effectif du pouvoir des mains du maire et de l'administration à celles des habitants. Cette démarche est profondément révolutionnaire dans ses implications pour la vie démocratique locale. Elle s'attaque à la racine de l'apathie politique, de la défiance envers les élus, et du sentiment d'impuissance qui nourrit le vote d’extrême droite. En redonnant du pouvoir d'agir aux gens, le goût de la politique et l'envie de défendre le bien commun renaissent.Pour échapper au cycle de la déception et de la trahison, il ne suffit pas de promettre un autre programme, mais une autre politique. Conclusion : L'Action comme Antidote au Vertige de la Pureté Ceux qui se drapent dans la toge de l'intransigeance révolutionnaire, cachent souvent une posture plus ambiguë. Ils se réfugient dans un confort intellectuel qui s'accommode mal du tumulte et des imperfections de l'action réelle. Car il est toujours plus aisé de prédire la trahison que de construire la confiance, plus simple de dénoncer l'échec programmé que de s'atteler à la tâche complexe de bâtir une victoire collective. L’émergence d’une initiative citoyenne contre l’extrême droite fissure cette logique. Il ne s'agit plus alors de choisir entre un barrage sans vision et un pari sur la catastrophe salvatrice. Il s'agit de construire une force politique qui tire sa légitimité de sa capacité à mobiliser, à fédérer et à améliorer concrètement la vie des gens. Le véritable piège n'est donc pas l'unité, mais cette forme subtile d'esquive qui, sous couvert d'une analyse implacable, préfère la certitude de la critique à l'incertitude du combat. Face à l'urgence, la seule réponse qui vaille est celle de l'action collective, lucide sur ses difficultés, mais résolue dans ses objectifs. Car l'histoire ne s'écrit pas avec ceux qui ont eu raison trop tôt dans leur coin, mais avec ceux qui, ensemble, ont osé prendre leurs responsabilités. Laurent Fabas pour le Clairon de l’Atax le 20/07/2025 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Martine 23 févr. Noté 5 étoiles sur 5. Merci pour cette piqûre de rappel 🙂 J'aime Répondre

  • Cuisiner un : GÂTEAU AU FROMAGE BLANC D’ALSACE | Le Clairon

    Cuisiner un : GÂTEAU AU FROMAGE BLANC D’ALSACE C'est facile à faire, c'est délicieux à goûter et c'est léger à digérer même accompagné d'un petit muscat... Bref une recette sympa proposée par Catherine. Il ne manque que l'alsacienne avec coiffe (photo CB) Temps de préparation : 15 mn + temps de cuisson : 50 mn = total : 1h05 mn Ingrédients : Pour la pâte brisée : 125gr beurre ; 250 gr farine ; 1 œuf ; 1 pincée de sel ; eau ou lait (25 cl) Pour l’appareil : 800 gr de fromage blanc entier et non battu (pas de fromage blanc allégé) 150 gr de sucre semoule ; 4 œufs ; 1 citron non traité ; 40 gr de fécule de maïs Préparation : Mélanger le sucre et le zeste du citron au moins 1 heure avant et préchauffer le four à 180° chaleur tournante Séparer es blancs des jaunes d’œufs et monter les blancs en neige ferme Mélanger e fromage blanc, avec les jaunes d’œufs, le sucre et le zeste de citron et la fécule Incorporer doucement les blancs d’œufs Garnir un moule à charnière de 26 cm déposer la pâte brisée. Piquer le fond de tarte et verser la garniture puis enfourner 50 mn (surveiller la cuisson). A la sortie du four, laisser refroidir complètement, Mettre au réfrigérateur avant dégustation On peut accompagner ce gâteau d’un coulis de fruits rouges Bon appétit ! comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • UNE CONFÉRENCE DE PRESSE DE ″NOUS SOMMES NARBONNE" | Le Clairon

    UNE CONFÉRENCE DE PRESSE DE ″NOUS SOMMES NARBONNE" La liste "Nous Sommes Narbonne -Citoyenne et Populaire" a invité la presse locale ce samedi 28 février 2026, à la fois pour présenter ses membres et pour inaugurer sa permanence située au cœur de Narbonne au 25 de la rue Parerie. Laurent Fabas et son équipe devant le local de « Nous Sommes Narbonne » (Photo HR Un mode d’expression qui tranche avec les habitudes Habituellement dans ce genre d’exercice, le candidat tête de liste, éventuellement assisté d’un ou plusieurs ″porte-paroles″, explique aux journalistes le programme qu’il compte mettre en œuvre, ainsi que la ou les raisons de ses choix. Parfois il décentre son discours et tente de le légitimer par des formules du genre : « les Narbonnais ne veulent plus de ci ou de ça et veulent ceci et cela « Ici pas de discours amphigourique, valorisé par une scénographie adéquate : tout le monde est rassemblé sur le trottoir devant le local. La presse, mais aussi les passants, sont invités à discuter en petits groupes avec le chef de file de -Nous Sommes Narbonne- (NSN) ou avec ses colistiers. Au bout de quelques contacts, il se dégage l’impression que ce mode de fonctionnement, qui pourrait à priori sembler anarchique, révèle « in fine » une grande cohérence dans les idées comme dans les projets exposés. Les colistiers rencontrés sont autant motivés et porteurs du projet de NSN que son chef de file. La liste NSN est le lieu qu’ils ont choisi parce qu'ils le trouvent pertinent, capable de porter et faire aboutir leurs engagements et pas juste un pis-aller choisi par défaut. De ces rencontres successives avec les petits groupes rassemblés devant la permanence on retient une impression de sincérité et de détermination qui dépasse largement le seul contexte des municipales 2026. Vers une représentation démocratique des citoyens ? Laurent Fabes et ses colistiers se sont engagés dans une démarche dépassant la simple démocratie d’exercice qui consiste pour les électeurs à choisir leurs représentants et à les laisser ensuite éxercer leur mandat comme ils l'entendent. NSN propose d'aller plus loin et d’étendre le pouvoir des électeurs à la pratique d'une démocratie d’exercice, où les citoyens contrôlent en continu le bon usage par les élus de leur mandat de représentation. Cette démarche particulière à été mise en œuvre par NSN dès la construction de son programme au moyen d'une méthode originale. Schématiquement, l’équipe NSN recueille les remarques et propositions exprimés par les citoyens : celles-ci sont ensuite classées par thématiques (par ex : Logement ou emploi / économie, déplacements, etc.). Ces remarques et propositions sont ensuite travaillées en ateliers thématiques, ouverts à tous. Après analyse des propositions, de leur faisabilité technique, juridique et financière et de leur compatibilité avec les engagements démocratique de NSN, ils sont validés par un vote ouvert à tous les présents et intégrés en éléments du programme porté par NSN. De la même manière, après l’élection, diverses mesures comme : - la mise en œuvre de consultations des citoyens (cf. référendum local) sur les choix importants en matière d’action municipale - l’association de Conseils de quartiers, disposant de moyens propres, aux décisions relatives à la vie quotidienne - la cogestion sous forme de coopérative de certains équipements essentiels au bon fonctionnement de Narbonne (cf. santé, énergie). La sincérité de l’équipe rassemblée autour de Laurent Fabas semble indéniable, Ce qu’ils proposent aux électeurs narbonnais est ambitieux et va bien au-delà du chèque en blanc proposé habituellement par les politiciens : « Nous ne cherchons pas des électeurs pour leur demander un chèque en blanc, nous cherchons des citoyennes et des citoyens prêts à exercer le pouvoir ensemble ». Les électrices et les électeurs narbonnais arriveront-ils à surmonter leur torpeur mortifère ? Nous le saurons dans quinze jours au soir. Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 28 février 2026 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Février 2026, petit road trip presque improvisé : capsule culturalo-temporalogéographique | Le Clairon

    Février 2026, petit road trip presque improvisé : capsule culturalo-temporalogéographique Petite ballade en flânant de Dordogne en Aveyron A La Rochebeaucourt, la Nizonne, modeste ruisseau de 3 à 5 m de large, Lire le reportage ICI comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Les tribulations d’un Mercosur pas si sûr | Le Clairon

    Les tribulations d’un Mercosur pas si sûr Tout comme le marché commun de l’union Européenne, il existe depuis 1991 un marché commun sud-américain. L’idée de base est que le Mercosur peut présenter un débouché commercial intéressant pour l’Union Européenne Drapeau de l'accord Mercosur Tout comme le marché commun de l’union Européenne, il existe depuis 1991un marché commun sud-américain, formé actuellement entre Le Brésil, L’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay, la Bolivie. A coté de ce bloc, à l’intérieur duquel fonctionne le libre-échange, d’autres états sud-américains participent partiellement à ce marché. L’idée de base est que le Mercosur peut présenter un débouché commercial intéressant pour l’Union Européenne d’où l’accord entre ces 2 organismes qui vient d’être signé le 17 janvier au Paraguay. De l’origine du système de libre échange Ce système se fonde sur la théorie des « avantages comparatifs », formulée en 1817 par l’économiste et philosophe britannique David Ricardo . L’idée de départ est que 2 pays qui commercent ensemble, gagnent toujours en se spécialisant selon leurs avantages comparatifs. (Avantage à celui qui arrive à proposer un bien ou un service avec le coût relatif le plus bas). Mais la complexité des accords commerciaux modernes met à mal une partie du mécanisme décrit par Ricardo. Pour Ricardo, il n’y avait que des frontières douanières qui régulaient le libre-échange, alors que dans des accords comme ceux du Mercosur, de nombreuses règles sur l’origine des produits échangés, leurs caractéristiques phytosanitaires et techniques définies par des normes, des clauses juridiques, etc., impactent la spécialisation qui n’est plus seulement basée comme chez Ricardo sur la valeur travail. Contrairement à sa dénomination, le libre-échange ″moderne″ ne constitue pas une relation d’échange simple, mais un rapport complexe qui ne repose pas sur le seul coût de production. La négociation de l’accord Mercosur : une usine à gaz ! A peine le Mercosur fondé en 1991, qu’un an après la Commission européenne est mandatée par les États membres pour structurer un partenariat interrégional avec lui. Il a donc fallu 15 ans de négociations pour aboutir le 9 janvier 2026, malgré l’opposition française, à l’approbation de l’accord d’association Union Européenne-Mercosur. Cette approbation a été votée, à la majorité qualifiée, lors d’une réunion du Coreper II (Comité des représentants permanents). Le 17 janvier 2026, la signature officielle de l’accord a eu lieu à Asunción au Paraguay. Cette signature engage les parties sur le contenu du traité, permettent son application provisoire et la mise en œuvre de sa ratification définitive par le parlement européen. Mais le 21 janvier 2026 les parlementaires européens ont voté, de justesse à 10 voix près, la saisine de la Cour de Justice Européenne, ce qui a pour conséquence de retarder de 12 à 18 mois une éventuelle ratification du traité. Par ce vote, les parlementaires européens demandent à la Cour de se prononcer principalement sur 2 points : La Commission européenne avait elle mandat pour séparer lors des procédures d’accord la partie commerciale de la partie politique de l’accord, ce qui avait comme intérêt d’éviter le vote incertain des parlements nationaux… Une partie de l’accord vise à la création d’un « mécanisme de rééquilibrage ». Celui-ci permettrait à un Etat d’exiger une compensation d’un Etat partenaire dont la règlementation aurait réduit ou stoppé ses exportations. Cette disposition, imaginée pour apaiser l'opposition française à la signature de l'accord étant prteuses de risques de dérapages... La pression des agriculteurs en colère, massés devant le Parlement européen à Strasbourg lors du vote, à probablement contribué à ce vote d’ajournement. Pas si simple au XXIème siècle la mise en œuvre du libre-échange selon la théorie des avantages comparatifs de Ricardo ! Mais que reproche-t ’on à l’accord du Mercosur ? Tout d’abord la dissociation par la Commission européenne, dans les conditions précédemment évoquées, des accords commerciaux dans le cadre d’un « traité intérimaire » et des accords politiques inscrits dans un traité définitif après ratification par le Parlement. Européen. Ces accords aboutissent à la suppression quasi intégrale des droits de douane appliqués aux échanges entre l'UE et Mercosur. Mais ce libre échange ainsi constitué pêche dans la définition des avantages comparatifs qui varie selon les parties. Si les avantages de certains produits agricoles sud-américains résident dans leur tarif, sans prise en compte de leur coût écologique, par contre ce coût écologique est pris en compte dans les produits de l’Union européenne qui se trouvent alors défavorisée dans l’équilibre des échanges. Pour compenser ce déséquilibre, une clause de sauvegarde, en cours de négociation, devrait permettre de suspendre les avantages douaniers en cas de perturbation trop importante du marché communautaire : par exemple si les volumes de produits exportés vers l’Union Européenne dépassaient un seuil de 8% /an . Une telle mesure arrangerait bien la France dont la production agricole est la plus exposée à la concurrence, du Mercosur. Mais il n’en est pas de même pour d’autres pays de l’UE qui exportent surtout leur production industrielle et leurs services (jusqu’alors taxés de 15 à 20% par l’Amérique du sud) et qui ont moins à craindre la concurrence du Mercosur. La question de l’équilibre des échanges en matière agroalimentaire est particulièrement sensible dans le cas de la France. Par exemple : Un quota d’exportations sans droits de ddouane de 45 000 tonnes de produits laitiers européens / an a été concédé par le Mercosur, en plus de la suppression totale des droits sur le vin, le malt, et l’huile d’olive De leur côté les pays du Mercosur pourront exporter chaque année un contingent de 99 .000 tonnes de bœuf, pour lesquels les droits de douane seront portés à 7,5 %. Des quotas, sans droits de douane cette fois, sont également prévus pour la volaille (180.000 tonnes), le sucre (180.000 tonnes), ou encore l’éthanol (450.000 tonnes), alors que les conditions de production des pays du Mercosur impliquent des prix concurrentiels. Aux entrées de produits agroalimentaires consécutives à l'ouverture du marché de l'UE au Mercosur, s’ajoutent es quantités provenant d’accords déjà signés par la Commission Européenne, avec près de 80 pays du Monde qui injectent déjà, sans droit de douane, près de 300 000 tonnes de bœuf, 300 000 tonnes de poulet, ou encore 4 millions de tonnes de sucre. Tout n’arrive pas en France mais cela peut quand même perturber les marchés… De plus, le déséquilibre des coûts de production est renforcé par le déséquilibre des mesures environnementales entre les parties de l’accord. C’zst l’un des principaux motifs de colère des agriculteurs : les réglementations européennes en matière de protection de l’environnement n’ont pas leur équivalent dans les pays du Mercosur. Rien ne contraint vraiment les producteurs sud-américains, qu’il s’agisse de déforestation ou de principe de précaution. Des pesticides interdits dans l’UE continuent à être utilisés dans certains pays du Mercosur. Le contrôle des produits importés par l’UE se faisant sur la qualité des produits finis, certains producteurs sud-américains qui emploient des pesticides interdits dissimulent les traces détectables selon différentes méthodes. Par exemple en jouant sur les délais entre la dernière application de pesticides et la récolte : ce qui permet une dégradation naturelle des résidus (par ex : de 21-45 jours pour le glyphosate sur soja), ou en utilisant des molécules à faible persistance, etc. Dans leur état actuel les accords du Mercosur sont très peu contraignants en matière d’environnement et se limitent souvent à des déclarations d’intention plus ou moins vertueuses. Sommes-nous en France dans un rapport gagnant / gagnant avec les pays du Mercosur ? Rien n’est moins sûr actuellement. Certains pays européens sont en situation plus favorable et l’Union Européenne est loin d’une cohérence économique qui aurait amoindri, voire aboli, la concurrence entre ses membres, Dans de telles conditions, les péripéties du processus d’accord avec le Mercosur sont loin d’être finies. Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 21/01/2025 comments debug Commentaires (1) Noté 1 étoile sur 5. 1.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Jonquay 25 janv. Noté 1 étoile sur 5. La conclusion m'interroge.🙃 Personnellement je pars du principe que mis à part le commerce solidaire, le commerce partout dans le monde c'est du vol (exploitation d'humains jusqu’à l’esclavagisme, appropriation de terres jusqu'à l'assassinat, accaparation de moyens de production, de déforestation, de sols et de nappes phréatiques pollués etc). Conclure qu'avec l'Accord Mercosur des pays européens s'en sortent mieux que d'autres ou n'amènent pas à moins de concurrence entre eux me semble autocentré. Quid des peuples sud américains et de leur environnement sacrifiés pour notre "confort" et l'enrichissement de leurs oligarques ? 🤑 J'aime Répondre

  • La décision de relance du nucléaire a-t-elle été suffisamment réfléchie ? | Le Clairon

    La décision de relance du nucléaire a-t-elle été suffisamment réfléchie ? Le coût d'un chantier de cette ampleur implique des calculs complexes reposant sur des variables aléatoires. Ont-ils été bien fait ? Monument, Tchernobyl, Ukraine (image Pixabay) Qu’on soit pour ou contre le recours au nucléaire comme source d’énergie, la question qui reste posée en France est celle de la sureté qu’offre cette filière dont les installations sont réparties sur l’ensemble du territoire métropolitain. - D’une part parce que la France est l’un des pays les plus nucléarisés du monde : si l’on additionne les critères du nombre de réacteurs (2ème rang mondial) ; de la puissance installée (dans les 3 premiers) et de la part du nucléaire dans la production d’électricité (1er rang), on cumule des risques d’incidents voire d’accidents. - D’autre part parce que l’histoire du nucléaire français est émaillée de nombreux dysfonctionnements : qu’il s’agisse de pannes, de malfaçons, de tromperies, de dérapages financiers, d’erreurs techniques, etc. - Enfin parce que certaines parties de la filière fonctionnent grâce à des solutions provisoires, incomplètes, ou en cours d’expérimentation : qu’il s’agisse du stockage des déchets produits par la transformation du minerai d’uranium (yellow cake) en tétrafluorure d’uranium (UF4), du stockage saturé des installations de la Hague, ou de celui des déchets ultimes (Déchets de haute activité (HA), ou RTCU (Résidus de traitement de conversion de l’uranium). La sureté ; une question qui ne peut pas être éludée La réforme de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), transformée en janvier 2025 en ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection), a voulu donner plus de ″souplesse″ à la mise en œuvre du plan de relance du nucléaire édicté par le président E. Macron, malgré l’opposition des personnels et des milieux scientifiques. C’est pourtant la question de la sureté de la filière qui resurgit dans les propos de Pierre-Marie Abadie, président de la nouvelle ASNR, qui indique que la question de la sûreté des installations est partie intégrante des conditions et modalités de leur fonctionnement. Pour lui, l’une des missions de l’ASNR sera d’éclairer le choix des décideurs politico-économiques sur cet aspect du fonctionnement de la filière nucléaire. Il considère que la sûreté est un élément clé de la performance globale de l’industrie du nucléaire (Ndlr : la rentabilité de l’EPR de Flamanville est actuellement remise en cause par la Cour des comptes ). Pour P.M. Abadie, les moyens de l’ASNR seront recentrés sur « les bons sujets, au bon moment » , c’est-à-dire sur le plan de relance du nucléaire. A savoir : les nouveaux EPR 2, la prolongation des réacteurs en activité au-delà de 60 ans. Considérant que certaines parties et pièces des réacteurs ne peuvent être remplacées si elles sont usées, il s’agir donc de formuler le plus précocement possible un avis de l’ASNR sur les points de sûreté qui empêcheraient toute prolongation des réactuers et d’esquisser des solutions à ce problème…Il en est de même pour les installations du cycle du combustible, actuellement en état de saturation, voire d’obsolescence. Pour ″diplomatiques″ qu’elles soient, les déclarations du Président de l’ASNR, nommé par décret du président de la République, sur proposition du Premier ministre, confortent l’idée que la prise en compte de la sécurité a été insuffisamment prise en compte lors de la décision de relancer la filière nucléaire française. Autre ″flou″ du plan de relance du nucléaire : la question du coût et du financement des 6 nouveaux EPR 2 Alors que la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) arbitrant en faveur du nucléaire a été promulguéepar décret le 12 février 2026, une enquête réalisée par « Alternatives économique » remet en question les chiffrages annoncés par EDF. La réalisation et la mise en service des 6 EPR pourrait , selon ce magazine, atteindre 250 milliards €. De son côté, à la mi-décembre 2025, le groupe EDF annonçait un « devis prévisionnel du programme EPR2 à hauteur de 72,8 milliards d’euros ». Un devis définitif pour la construction des 6 EPR2 est attendu dans les prochaines semaines et la décision d’investissement devrait être prise en fin d’année 2026. Mais ce chiffrage annoncé ne peut qu’être remis en question selon Alternatives Economiques car il présente de nombreux « écrans de fumée » : - Le chiffrage de 72,8 Mds est estimé fin 2025 en euros de 2020. Mais en intégrant l’inflation la facture monterait à 85 Mds € au prix 2025 - Le dernier devis prévisionnel n’est pas fondé sur des plans détaillés et finalisés des EPR2 , des oûts supplémentaires ne sont pas exclus, les plans une fois achevés. D’autre part le devis ne tient pas compte du coût de la mise en exploitation en fin de chantier et du coût du futur démantèlement - L’effet de série , invoqué par EDF , censé provoquer une basse des coûts de 30% entre le 1er et le 6ème EPR 2 n’a jamais été démontré lors des chantiers précédents - Le coût du financement du programme EPR2 est passé sous silence. Compte tenu du risque financier élevé présenté par cette opération , le taux demandé génèrerait, pour équilibrer l’opération, un prix de vente de l’électricité produite incompatible avec les prix du marché (pour 7 % de taux envisageable, le prix de revient serait de 150 €/MWh alors que les prix du marché estimés à la mise en service, se situeraient entre 50 et 55 €/MWh. L’opération ne tiendrait financièrement qu’avec une aide de l’Etat qui resterait à négocier avec Bruxelles. - Pour trouver une source de financement adéquate, par exemple sous forme de prêts bonifiés à EDF, l’Etat pourrait aussi effectuer des prélèvements sur le Livret A, au détriment du financement du logement social (ndlr : ce qui nécessiterait une modification du code de l’épargne). - Enfin, compte tenu des perspectives de consommation d’électricité à 10 ans qui sont actuellement revues à la baisse les pris du marché de l’électricité suivraient pareillement. En prévision d’une telle tendance, il s’agit d’assurer à EDF un prix garanti afin d’équilibrer l’opération EPR2. Pour un différentiel de prix du marché estimé à 30 €/MWh, multiplié par la production de six EPR pendant quarante ans, la garantie de revenu s’établirait selon les calculs à 85 milliards € …,, Ainsi, en tenant compte de l’évolution du prix du marché de l’électricité et en additionnant tous les coûts qui n’ont pas été pris actuellement en compte, la facture des 6 EPR2 peut passer des 72,8 milliards € annoncés par EDF, à près de 250 milliards €. Au manque de sureté technique s’ajoute le manque de sûreté financière. Est-il bien sérieux ce plan de relance du nucléaire ? Curly Mac Toole pour le Clairon de l’Atax le 20/02/2026 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Vital 23 févr. Noté 5 étoiles sur 5. La relance nucléaire est un gouffre financier pour construire ces nouveaux EPR2. Mais avec la gestion des déchets, la facture réelle dépassera les 100 milliards d’euros rien que pour le projet d'enfouissement à Bure. Enterrer ces poisons n’est pas une solution, mais une impasse dangereuse qui condamne les générations futures. Entre risques d’incendie et fuites radioactives, la sécurité de ce projet d'enfouissement dénommé Cigéo est une illusion. Le projet tel qu'il est conçu actuellement est d'ailleurs déjà trop petit : pour stocker les déchets des futurs EPR2, il faudrait agrandir Bure... et payer un supplément de quelques dizaines de milliards d'euros. Là-bas, rien n’est encore enterré. Sur le terrain, la résistance est déterminée. La lutte à Bure reste le dernier rempart contre cette fuite en avant irresponsable. En persistant dans ce délire industriel, l'État ne construit aucune indépendance énergétique, mais il condamne nos enfants à payer, pour l'éternité, le prix de nos poubelles nucléaires. Modifié J'aime Répondre

  • Chronique d’une émancipation citoyenne | Le Clairon

    Chronique d’une émancipation citoyenne Cinquante-cinq ans après l'irruption novatrice d'Hubert Mouly, la boucle est bouvlée ! "Nouveau Narbonne" est devenue cette baronnie immobile, convaincue d’être dépositaire d’un droit divin et usée par le pouvoir. Image par Alexandra_Koch de Pixabay Il aura fallu dix-huit mois. Dix-huit mois d'un interminable tunnel politique pour qu'émerge enfin une proposition claire à Narbonne. Pour comprendre la naissance de la liste « Nous sommes Narbonne », il ne suffit pas de regarder les événements des dernières semaines. Il faut remonter le fil d'une mécanique de l'échec soigneusement entretenue par ceux qui prétendent aujourd'hui incarner l'union ou la radicalité. Nous avons reconstitué l'histoire souterraine d'une émancipation citoyenne qui s'est construite contre les appareils politiques locaux. Le péché originel de l’été 2024 Tout remonte à la vague d'espoir créée par Nouveau Front Populaire. À l'été 2024, les urnes narbonnaises envoyaient un message sans équivoque. Malgré son échec dans la circonscription, sur la commune de Narbonne, la gauche pouvait encore gagner. L'élan citoyen était là, palpable, prêt à déborder sur le municipal. Mais cet élan se brisa net contre un mur de procédure. La candidate aux législatives, aujourd'hui recasée confortablement au sein de "Narbonne en Grand", imagina une structure censée organiser la suite. Elle imposa la création d'un "bureau politique". Sous ce nom, vite renié, se cachait une machine à broyer les initiatives. Ce cénacle réunissait les chefs locaux des partis, avec pour certains un seul objectif cynique. Ils venaient simuler le dialogue pour mieux acter, semaine après semaine, l’impossibilité de s’entendre.L'énergie citoyenne de l'été 2024 mourut dans ces réunions stériles. Le message envoyé à la population fut désastreux. L’imbroglio de l’automne 2024 Dès l’automne, des partis commencèrent à se rencontrer selon un autre format, calqué sur celui des départementales de 2021. Autour du PS se rassemblèrent le PCF, EELV et le PRG. LFI n’était pas invité, pas plus que le MCN (Mouvement Citoyen Narbonnais), pourtant élu avec eux en 2020 dans l’opposition municipale. En coulisse l’explication de ce format était l’impossibilité de travailler avec un animateur LFI local jugé trop conflictuel. Le MCN constituait un dommage collatéral. Mais le vrai motif était stratégique. En créant un arc politique dont il occupait le centre, le PS étaitmécaniquement positionné en point d’équilibre et son candidat devenait naturel. Au sein du PS, la désignation de Nicolas Sainte-Cluque comme chef de file provoqua des remous. Les démissions se succédèrent au conseil municipal révélant son isolement. Sur les 7 postes obtenus en 2020, seulement 4 seront encore occupés par ses fidèles en fin de mandat. Écartés des tractations, les conseillers municipaux du MCN décidèrent alors de reprendre leur autonomie. L’espoir déçu de mai La riposte au meeting du RN le 1er mai 2025 rassembla 8000 personnes. Comme les appareils échouaient à travailler ensemble, la dynamique fut citoyenne. Des figures émergèrent comme celle de Laurent Fabas qui animait l’organisation. Malgré le soutien national de La France Insoumise, l’animateur local de LFI et son comparse se lancèrent dans une campagne de sabotage et de dénigrement. En parallèle, le PS tenta de préempter l’évènement en lançant sa plateforme « Narbonne en Grand ». En réponse, un appel pour le rassemblement d’« Une Seule Gauche » fut lancé par la base. Les protagonistes politiques, pour préserver les chances d’une hypothétique union, restèrent muets dans la presse face à la manœuvre. Une omerta médiatique s'installa pour ne pas insulter l'avenir, laissant le champ libre au narratif du PS. Le piège d'octobre À la rentrée 2025, le collectif « Une Seule Gauche » décida, après des mois de réunions discrètes, de mettre la question de l’union sur la place publique. Il proposait que la méthode change. Il avait identifié un prérequis pour que l’union soit possible : il fallait que personne ne soit exclu des prises de décision. Les postures de LFI et du PS formèrent une sorte de ″miroir bloquant″. LFI posait son programme comme un préalable,le reste pourrait être débattu ensuite. Le PS voulait une tête de liste vite, le reste serait pour plus tard. « Une seule Gauche » organisaune réunion publique le 7 octobre pour montrer que ces positions n’étaient pas incompatibles. Le collectif choisit d’envoyer un communiqué et de ne pas avoir de porte-parole. Le journaliste de l’Indépendant contacta alors Nicolas Sainte-Cluque et le 30 septembre celui-ci tira une première salve dans la presse locale. Il afficha son scepticisme face à l’initiative qui contestait de facto son leadership, attaqua sur la laïcité du collectif et évoqua la probabilité d’un pugilat dans l’article qui annonçait la tenue de la réunion. Lors des séances préparatoires à cette réunion publique se produisit alors un moment lunaire. « Narbonne en Grand » demanda à « Une Seule Gauche » s’ils avaient une candidature à proposer pour la tête de liste. La réponse fut claire : même Nicolas Sainte-Cluque pouvait être tête de liste, si cette décision était prise en commun. La semaine suivante, son camp annonçait « Puisqu'il vous convient, nous l’avons désigné ». La réunion publique du 7 octobre scella en réalité le divorce. Quatre-vingts personnes votèrent à l'unanimité pour poursuivre la démarche engagée par le collectif « Une seule gauche ». L'image était belle : la réalité était plus sombre. Le secrétaire de section du Parti Socialiste prit la parole pour expliquer calmement qu'une stratégie à deux listes au premier tour constituerait une option viable. Le masque tomba. : plus question d’une seule liste… Il fut alors clair pour le Mouvement Citoyen Narbonnais (MCN) que "Narbonne en Grand" ne cherchait pas des partenaires, mais des vassaux. Le 10 octobre, le MCN annonça à Nicolas Sainte-Cluque son refus d'attendre davantage le bon vouloir d'un calendrier socialiste qui jouait la montre. Celui-ci y vit une menace. Des figures de médiation comme Benoît Perez, usées par ce double jeu permanent, jetèrent l'éponge. D’autres comme Laurent Fabas prirent acte de ce naufrage. Celui-ci tenta d'abord de recoller les morceaux, se rendit aux ateliers de "Narbonne en Grand" mais se heurta à un mur. Le refus de travailler avec La France Insoumise était viscéral et définitif. L’idée s’imposa que la seule stratégie pouvant permettre la victoire de la gauche était d’aller renforcer le camp de ceux qu’on n’écoute pas, pour rouvrir les portes qui venaient de se fermer. La guerre d'usure des commissions Une nouvelle dynamique s'enclencha alors. Elle regroupait dans un nouveau collectif réunissant LFI, le MCN, le NPA ainsi que des citoyens non encartés. L'espoir renaissait, vite douché par une nouvelle forme de bureaucratie, plus radicale mais tout aussi bloquante. Le 7 novembre marqua le début d’hostilités internes. Lors de la première réunion publique de ce nouveau collectif, l’animateur local LFI s’empara de la parole en fin de séance. Il annonça unilatéralement la dénonciation des Délégations de Service Public (DSP) sur l’eau comme première mesure phare d’un futur programme. Cette annonce stupéfia les participants. La mesure avait été écartée en réunion préparatoire, compte tenu de son coût et de sa non-conformité au programme nationalde LFI qui aborde cette question avec pragmatisme. Laurent Fabas fut chargé du compte-rendu de cette réunion, mais son texte, fidèle aux débats, fut rejeté par les animateurs LFI qui attendaient un tract politique et non un procès-verbal circonstancié et démocratique. S'ouvrit alors une période surréaliste. Les réunions hebdomadaires du collectif se tenaient dans des cafés. Que ce soit au Théâtre ou aux Quatre Fontaines, le scénario se répétait inlassablement. Les animateurs LFI ouvraient chaque séance en remettant en cause les décisions validées la semaine précédente. La réunion consistait alors à leur réexpliquer des évidences, pour tout recommencer sept jours plus tard. Ils faisaient ainsi subir à leurs plus proches alliés ce qui avait fait exploser le bureau politique du NFP un an auparavant. Le dossier des DSP devint le symbole de cette incompétence dogmatique. Une note technique évalua le coût de la dénonciation brutale des contrats à 34 millions d'euros de pénalités pour l’agglomération. Ce chiffre enterrait le sujet pour toute personne raisonnable. Pourtant, la semaine suivante, le binôme revint à la charge avec le terme "renégociation". Leur seul argument face au risque de faillite municipale tenait en trois mots : "rapport de force". Comme si manifester sous les fenêtres de l'Hôtel de Ville allait effacer les clauses juridiques d'un contrat. Le coup de force raté du 3 décembre La situation devint intenable. Une deuxième réunion publique était programmée pour le 12 décembre. L'ordre du jour prévoyait la désignation démocratique de la tête de liste et le choix du nom du mouvement par un vote public. Conscients de leur position ultra-minoritaireet du fait que l'assemblée ne suivrait pas leurs directives, les animateurs LFI tentèrent un coup de force. Ils annoncèrent qu'il n'était pas question de laisser l'assemblée décider, car elle risquerait de prendre une décision qui ne leur conviendrait pas. Au-delà de cet aveu de faiblesse, ils s’opposaient ouvertement au premier point du programme de LFI : la révolution citoyenne. Ils révélaient ainsi que leur conception de la démocratie participative se limitait à faire valider par la foule leurs propres décisions. Le 3 décembre, la réunion de travail tourna à la dispute. Acculés, l’animateur problématique et ses suivants décidèrent de faire scission. L’autre animateur LFI démissionna sur le champ. Ils partirent seuls. Les habitants de quartier restèrent à la réunion ! la plupart des militants insoumis resta aussi ainsi que les écologistes présentset les autres participants à titre personnel. L'ambiance changea instantanément. Le départ des saboteurs agit comme une libération. Le travail reprit, allégé, efficace, joyeux. La naissance d'une force adulte Ce que les Narbonnais découvrent aujourd'hui sous le nom "Nous sommes Narbonne" est le fruit de cette sélection radicale. Cette liste rassemble ceux qui ont tenu jusqu’au bout dans leur projet d’une candidature démocratiquement désignée, ceux qui ont refusé la tutelle anesthésiante des appareils et le caporalisme inefficace de petits chefs insoumis. Ces mois de lutte n'auront pas été inutiles : ils ont forgé un collectif immunisé contre le leurre dess éléments de langage et se sont rodés à l'exercice de la contradiction. Jean-Luc Maury et Nicolas Sainte-Cluque ont rendu, bien malgré eux, un fier service à cette liste citoyenne. En essayant de l'étouffer, ils l'ont obligée à devenir adulte, compétente et totalement indépendante. Il y a une ironie féroce à regarder la situation politique à Narbonne aujourd’hui. Pour comprendre ce qui se joue avec « Nous sommes Narbonne », il faut ouvrir les livres d’histoire. Lors des élections municipales de 1971, un avocat nommé Hubert Mouly faisait irruption dans une ville verrouillée depuis des lustres par la gauche traditionnelle. Face à l'hégémonie des appareils et des candidats « sortants », il avait refusé les étiquettes. Il avait rassemblé la société civile et les compétences localement disponibles sous une bannière inédite, « Nouveau Narbonne ». Son credo était simple : la ville avant les partis. A l’issue du scrutin, il avait balayé le vieux monde. Cinquante-cinq ans plus tard, la boucle est bouclée. "Nouveau Narbonne" est devenue cette baronnie immobile, convaincue d’être dépositaire d’un droit divin et usée par le pouvoir. Et face à elle, que voyons-nous ? Une liste citoyenne, menée non plus par un avocat, mais cette fois par un ingénieur, qui refuse d’être mise sous tutelle et qui prétend rassembler toutes lescompétences locales pour "réparer" la ville. En forçant le verrou des appareils de gauche et en s'adressant directement aux Narbonnais, « Nous sommes Narbonne » ne fait rien d'autre que réactiver la méthode gagnante d'Hubert Mouly. La différence est cependant cruciale, « Nous sommes Narbonne » veillera dans son projet à ne pas installer au pouvoir un nouveau clan de notables. La rédaction le 20 /12/2025 comments debug Commentaires (3) Noté 3,5 étoiles sur 5. 3.5 | 2 notes Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents hubert reys Admin 30 nov. 2025 Noté 4 étoiles sur 5. oh on y est arrivés J'aime Répondre Vincent Witz 30 nov. 2025 En réponse à hubert reys t'es fort ! J'aime Répondre Vincent Witz 30 nov. 2025 Noté 3 étoiles sur 5. tres bon article J'aime Répondre

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