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- Nucléaire : sommes-nous encore capables de réaliser de grands projets ? | Le Clairon
Nucléaire : sommes-nous encore capables de réaliser de grands projets ? Après les dérapages financiers et les retards dans la réalisation des EPR de Flamanville, d’Olkiluoto, et de Hinckley Point c’est un projet concernant une autre partie de la filière nucléaire française, qui est à son tour l’objet de dérapages. Il s’agit du projet CIGEO, le centre d’enfouissement des déchets les plus dangereux produits par l’industrie nucléaire française. Marianne rependant les billets (Image Iphigénie Arides) Le projet CIGEO (Centre Industriel de Stockage Géologique) Il vise à stocker sous terre les déchets radioactifs de haute activité moyenne activité à vie longue, dans des couches géologiques profondes et réputées stable. En 2016 EDF et AREVA, les principaux financeurs de ce projet, estimaient son coût à 20 milliards € , chiffre remis en question par l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des déchets radioactifs) qui prévoyait un coût pouvant atteindre 43,6 Mds €. Finalement Ségolène Royal, la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie de l’époque, fixait par arrêté à 25 Mds € le coût total de l’opération, pour une période de 140 ans à partir de 2016. Désormais un autre arrêté, co-signé le 30 mars 2026 par Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique ainsi que Maud Brégeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement, et auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'énergie, (ouf !) fixe à 37,02 Mds € le coût total de l’opération (conception, construction, exploitation de Cigéo, ainsi que les charges liées aux assurances, impôts et taxes ). Il s’agit du montant maximum prévu dans le nouveau chiffrage du projet, effectué par l’ANDRA et remis au gouvernement en mai 2025. Mais attention, l’ANDRA précisait que ce chiffrage « est exprimé aux conditions économiques de 2012, ce qui correspond aujourd'hui [...] à 46 Mds € exprimé en euros 2025. » CIGEO, un dérapage parmi d’autres exemples : Les projets ″achevés″ ou en cours de réalisation - EPR Flamanville : coût initial était estimé à 3,3 Mds €, coût actuel réévalué à 23,7 Mds € soit > 7 fois l‘estimation initiale. Actuellement en cours de mise en service avec 12 ans de retard. - EPR d’Olkiluoto en Finlande (Maitrise d’œuvre AREVA) : coût initial était estimé à 3,37 Mds €, coût final est d'environ 11 Mds €, soit > 3 fois estimation initiale. Mise en service commercial avec 13 ans de retard par rapport à la date initialement prévue. - Les 2 EPR d’Hinckley Point en Angleterre (Maitrise d’œuvre EDF) : coût initial était estimé à environ 20,5 Mds €, coût actuel estimé entre 40 et 55 Mds € selon les sources. Mise en service du premier réacteur initialement prévue pour 2025, est repoussée à 2030. Les projets en cours de définition du Plan de relance du nucléaire d’E. Macron (2022) - Coût des 6 premiers EPR 2 : estimé par EDF à 51,7 Mds € en 2022, réajusté à 67,4 Mds € fin 2023, rehaussé à 72,8 Mds en décembre 2025. - Pour la Cour des Comptes, le cout doit être rehaussé à 79,9 Mds € (en euros 2023), en incluant l’inflation et les risques identifiés… - Pour le Magazine « Alternatives Economiques » ce coût passerait à 85 Mds € (en euros 2025) Mais le même magazine, dans un articler de mars 2026 intitulé : « Nucléaire : Enquête sur le vrai coût des futurs EPR » estime qu’en tenant compte de l’évolution du prix du marché de l’électricité et en additionnant tous les coûts qui n’ont pas été pris actuellement en compte (notamment les taux d’intérêts des emprunts), la facture des 6 EPR2 pourrait passer des 72,8 milliards € annoncés par EDF, à près de 250 milliards €, ce qui rendrait invendable l’électricité produite. Une facture salée qui va payer ? Lorsque l’on additionne les 460 Mds € nécessaires, selon la Cour des comptes pour prolonger au-delà de 60 ans la durée de vie des 57 réacteurs nucléaires français, les 250 Mds € de la tranche des 6 EPR2, les 46 Mds € de CIGEO etles 1,25 Mds€ estimés pour le projet de construction d’une nouvelle piscine de stockage du combustible nucléaire usé à La Hague on se trouve devant un besoin de financement de près de 757 Mds € (soit à titre de comparaison environ 43,6 % de la dépense publique prévue pour 2026) . Qui va payer, sachant qu’EDF est endettée en février 2026 à hauteur de 51,5 Mds € et qu’elle est de détenue à 100% par l’Etat suite à sa renationalisation en 2023, lequel Etat est lui-même endetté à hauteur de 3500 Mds € ? Ne vaudrait-il pas mieux investir dans les énergies renouvelables qui mobilisent des financements plus souples et plus en rapport avec les capacités de la France, puissance économique moyenne ? Curly Mac Toole pour le Clairon de l’Atax le 21/04/2026 Clairon.jfif Clairon.jfif 1/1 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Au ciné : Dossier 137 | Le Clairon
Au ciné : Dossier 137 France - 115 minutes- Un film de Dominique Moll, scénario Dominique Moll et Gilles Marchand avec Léa Drucker Policiers anti-émeute (Image par jacqueline macou de Pixabay) On est en 2018 c‘est le moment des gilets jaunes. D’un côté il y a ceux de Saint Dizier, une petite famille, les Girard : la mère la fille, le fils et le fiancé de la fille…Ils sont gais, ils chantent, eux les « sans dents » les « gens qui ne sont rien », ils montent à Paris, là où ça se décide et montrer qu’ils existent. Ils sont nombreux. D’autres comme eux montent aussi à Paris, l’ambiance est à la fête, ils sont si nombreux qu’ils ne craignent rien : il faudra bien qu’on les écoute…. De l’autre il y a les flics, les consignes sont claires : pas question de foutre le bordel dans la start-up nation en devenir. Pour les flics aux diverses appartenance la chose est claire ils doivent stopper des manifestants, pas des individus dans leur singularité. Juste une masse dont on peut tout attendre. Ce sont donc des manifestants qu’ils coincent dans une ruelle près des Champs Elysée où ça chauffe et pas le fils Girard et le fiancé de sa sœur qui essayent de fuir la manif qui a mal tourné. Ils pointent leurs 2 « Lance flash ball » sur les manifestants qui s’enfuient et tirent en même temps. L’un des « salopards » s’écroule la tête fracassée l’un des 2 tireurs donne un coup de pied au corps allongé, c’est toujours ça de pris et ça lui apprendra ! Le fils Girard est très gravement touché, il survivra par miracle avec d’importantes séquelles neurologiques… à vie… Sa mère porte plainte, l’IGPN, la police des polices est saisie, l’enquête est confiée à une inspectrice Stéphanie (Léa Drucker excellente), une ancienne des stups, divorcée d’un flic et mère d’un ado. Elle aussi est de Saint Dizier où ses parents vivent encore dans des conditions analogues aux Girard qu’ils connaissent… A mon sens c’est là que se situe le ressort du film. S’y confrontent des gens qui se ressemblent, mais qui vivent chacun une réalité différente du fait de la place que la société leur assigne. Stéphanie avec ses parents qui vivent à saint Dizier, avec son ex qui ne comprend ps son acharnement à démasquer des collègues, les policiers démasqués qui ne voient pas en quoi ils ont fauté puisqu’ls ont fait leur boulot…L’enquête se déroule dans un carrousel d’affects qui finalement se fracassent sur la raison d’Etat : il n’y a pas eu de bavure puisque des 2 tireurs de flash ball on ne sait pas lequel a atteint la victime ! Il n’y a pas eu de bavure : comment pourrait-il en être autrement alors que pour les ministres de l’intérieur, patrons de la police les bavures n’existent pas ! Le film de Dominique Moll, magnifiquement mis en scène et monté, à partir d’un scénario tout en nuances, n’est pas à charge, il montre juste des choses que chacun perçoit selon ses affects. Un film à voir absolument ! Anaximandre pour le Clairon de l’Atax le 19/11/2025 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Élections municipales : la liste « Nous Sommes Narbonne » est déposée à la sous-préfecture | Le Clairon
Élections municipales : la liste « Nous Sommes Narbonne » est déposée à la sous-préfecture Ce matin mardi 24 février 2026 Laurent Fabas, entouré de plusieurs membres de la liste « Nous Sommes Narbonne », est allé déposer la liste finalisée de candidature du mouvement aux municipales 2026 à Narbonne. Le dépôt a été accepté par les services de l’État Laurent Fabas, entouré de 2 coéquipiers, devant la sous-préfecture de Narbonne (photo NSN) A l’examen de la liste, il apparait qu’elle rassemble une grande diversité de professions : cadres, employés, artisans, entrepreneurs, fonctionnaires, retraités, ouvriers. Beaucoup de membres de la liste sont activement engagés dans la vie associative, dans des domaines très variés (social, environnement, santé, culture, sport, économie, éducation). Cet ancrage associatif constitue un atout, dans la mesure où il pourra favoriser les relations entre les futurs élus et le terrain. Rappelons que le mode de gouvernance délibérative et participative prévu par « Nous Sommes Narbonne », repose sur une association permanente des habitants. L’âge moyen se situe dans la petite quarantaine ; elle est composée de 23 femmes et 24 hommes. Ces diverses caractéristiques indiquent qu’il s’agit d’une équipe qui prend pleinement part à la vie de la cité. Gageons que leur expérience et leur expertise seront d’un apport enrichissant pour Narbonne, qui aura à faire face à de nombreux défis dans les toutes prochaines années. La Rédaction du Clairon 1/0 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Vincent 24 févr. Noté 5 étoiles sur 5. Bravo, une liste de citoyens actifs loin des clivages politiques, une chance pour Narbonne J'aime Répondre
- Crise du logement : le Parlement européen a fait fort ! | Le Clairon
Crise du logement : le Parlement européen a fait fort ! En France, environ 2 ,8 millions de ménages attendent un logement. Logement abordable (Image Iphigénie Atridès avec le concours de Raphael-app) La crise du logement n’est pas seulement grave en France elle l’est aussi dans toute l’Europe. Des députés européens français ″de gauche″ pensaient trouver une écoute favorable de la part de leurs collègues européens : les voici déçus. Le parlement européen vient de pondre, au bout d’une année de travail, d’audition d’acteurs du logement, de consultations d’experts, etc., un rapport sur le logement qui fleure bon les recettes de la droite la plus radicale. Il est vrai que le Parlement européen a viré à droite ces derniers temps. Une répétition des mêmes erreurs ? Le vote est sans appel : le rapport a été adopté par 367 voix pour, 166 contre et 83 abstentions, parmi lesquelles les socialistes français. Il propose une kirielle de mesures réactionnaires que l’on peut résumer en trois grandes catégories : · La dérégulation par l’abaissement des normes, au motif que leur « simplification » favorisera la construction de nouveaux logements, notamment en diminuant les contraintes environnementales · L’assouplissement des conditions de crédit qui exposeront aux impayés plus d’accédants à la propriété aux impayés · La titrisation qui transforme les actifs peu liquides que sont les crédits immobiliers en valeurs mobilières aisément négociables (rappelons que la titrisation a été à l’origine de la crise financière des années 2007 / 2008) L’idée qui préside à ces mesures qui n’ont rien d’innovant, c’est de stimuler l’offre de financements, tout en diminuant les coûts de construction, donc la création de logements. On voit mal comment de telles disposition vont résoudre les problèmes de la population éligible aux logements sociaux, voire intermédiaires. Il est vrai que si l’on baisse en même temps les normes et spécifications relatives à la consommation énergique des constructions, on peut baisser les prix de vente jusqu’à retrouver des maisons individuelles, genre les cages à lapin chères à Coluche, qui aboutissent en ruines, une fois les crédits payés. Serait-ce la solution pour produire du logement ″abordable″ conforme aux objectifs de la Commission européenne ? En tout cas, les mesures envisagées par ce rapport ne devraient pas déplaire au secteur du BTP. Les préconisations libérales du rapport ne seraient pas complètes sans un geste visant à améliorer la rente immobilière : il s’agit donc de dénoncer les méfaits de l’encadrement des loyers, une mesure contre performante, puisqu’elle créerait de l’insécurité chez ceux qui investissent dans la pierre, jusqu’à les décourager dans leurs projets et par là, empècher l’élargissement de l’offre de logements ! Le rapport, quoique jugé imparfait, a été adoptées par la grande majorité des députés affiliés au groupe des socialistes et démocrates de l’Assemblés du Parlement européen. Seuls leurs collègues socialistes français, se sont courageusement abstenus. Il est vrai qu’en période électorale, les mesures préconisées ne seraient pas porteuses de succès dans les urnes. Pour le Clairon de l’Atax, Louise B. Velpeau le 15/03/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Vers un recul de la règlementation protégeant la santé humaine et animale | Le Clairon
Vers un recul de la règlementation protégeant la santé humaine et animale Après la France qui a réduit les capacités d’action de l’ANSES, autorité initialement indépendante chargée de contrôler la toxicité des produits et d’autoriser leur mise en vente c’est au tour de l’union Européenne de revenir sur des règlementations de protection de la santé humaine et animale pourtant âprement acquises. Photo CQDE.org C’est dans une grande discrétion que la Commission européenne s’apprête à faire voter une loi dénommée « Omnibus » (sic,) qui consacre un retour en arrière de la règlementation et qui détricote certaines dispositions du Pacte Vert européen. Le Pacte Vert européen Le Pacte Vert européen, aussi appelé European Green Deal, est un plan d'action de l'Union européenne lancé en 2019. Son objectif est de faire de l'Europe le premier continent climatiquement neutre d'ici 2050. Il s’agit de mettre en œuvre un programme multisectoriel de transformation écologique et économique à l’échelle de l’Europe, pour limiter les effets du changement climatique tout en améliorant la qualité de vie dans le cadre d’un développement durable. Il vise à articuler la préservation des ressources naturelles avec la croissance économique dans le respect de la justice sociale. De nombreux domaines sont concernés par le Pacte Vert : l'énergie, les transports, l'agriculture, les bâtiments, l'industrie, la protection de la diversité…Il implique notamment l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique, la réduction de l’emploi des pesticides, la promotion de l’agriculture Bio et la transition vers une économie circulaire. Les mesures règlementaires en application du pacte vert ont rencontré une forte opposition de la part de divers groupes d’intérêts qui rassemblent des grandes entreprises, des lobbys industriels, des fédérations professionnelles (Ainsi, notamment, les industries pétrolières et gazières, qui s’opposent à l’objectif de réduction de 55% des émissions de GES d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990). Ces groupes d’intérêt ont fait pression sur la Commission européenne afin de limiter les effets du Pacte sur le fonctionnement de leurs entreprises et c’est dans ce contexte que la Commission a préparé le projet de loi intitulé « Omnibus » qu’elle a présenté officiellement le 25 février 2025. Le projet de loi Omnibus : ses effets La proposition de loi « Omnibus », après avoir été examinée par la commission des affaires juridiques du Parlement européen, a été votée le 13 novembre 2025 après un premier rejet par une majorité comprenant notamment la droite et l’extrême droite... Au prétexte de simplification de procédure portant atteinte au fonctionnement et à la compétitivité des entreprises, les mesures de la directive « Omnibus » constituent une régression grave portant atteinte à la lutte contre le changement climatique et à la préservation de l’environnement. Leurs principaux effets : Les obligations des entreprises en matière de devoir de vigilance et de transparence environnementale sont assouplies et ne sont plus applicable qu’aux très grandes entreprises de plus de 5000 salariés et 1,5 Mds € de chiffre d’affaire L’obligation pour les entreprise d’établir des plans de transition climatique contraignants d’ici 2050 est supprimée, affaiblissant ainsi les effets du Pacte Vert européen Le régime de responsabilité civile européen est supprimé ce qui limite les recours des victimes d’atteintes aux droits humains et environnementaux et les renvoient aux seuls cadres nationaux. La limitation de l’obligation de reporting de durabilité défini par la directive européenne CSRD pour les entreprises moyennes. Il s(agit pour les entreprisesde publier des informations détaillées sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (1) La limitation des demandes d’information des entreprises à leurs partenaires commerciaux à des cas ″strictement nécessaires et raisonnables″ ! L’interdiction aux Etats membres d’avoir des exigences plus strictes (2) que celles de la directive Omnibus. Cette directive a suscité beaucoup de critiques émanant d’ONG et d’associations écologistes ainsi que de parlementaires européens écolos ou ″de gauche″ tandis que les lobbys, la droite et l’extrême droite y voient surtout un assouplissement des charges qui pèsent sur les entreprises. La France avait déjà préalablement intégré les mesures du projet de loi Omnibus via la loi DDADUE d’avril 2025… Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 19 novembre 2025 (1)Le reporting de durabilité des entreprises, encadré par la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), est une obligation pour les entreprises de publier des informations détaillées sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ce reporting vise à améliorer la transparence sur la performance globale des entreprises en matière de durabilité. (2) C’est-à-dire des exigences qui se rapprocheraient des mesures initiales qui accompagnaient le Plan Vert 1/0 comments debug Commentaires (4) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents hubert reys Admin 30 nov. 2025 Moi y en a content beaucoup appris de boula matari, la magie de l'homme blanc est plus forte que sa moutarde J'aime Répondre Vincent Witz 28 nov. 2025 Noté 5 étoiles sur 5. oh oui trop top J'aime Répondre Vincent Witz 28 nov. 2025 Noté 5 étoiles sur 5. Superbe de clareté et factuel! Merci de nous ouvrir les yeux😍 J'aime Répondre Vincent Witz 28 nov. 2025 En réponse à Vincent Witz c'est bien aimable 😘 J'aime Répondre
- LE DOGME DU PIRE | Le Clairon
LE DOGME DU PIRE A quelques jours des municipales 2026 il nous parait important de rééditer cet article de Laurent Fabas paru en juillet 2025 La rédaction du Clairon le 23 février 2026 Débat, toute ressemblance ( (Image AI Iphigénie Atridès de Pixabay) Les élections municipales approchent, alors que les temps sont à la crise économique et politique, rien ne semble troubler les habitudes des la classe politique locale. Ici et là, dans les villes grandes ou moyennes, se livrent des guerres picrocholines où s’affrontent des candidatures, mais très peu de contenus. La gauche qui pense maintenir son implantation locale, à déjà mis en place quelques superbes machines à perdre, tandis que la droite et l’extrême droite rêvent à un destin glorieux et à la conquête de nouveaux fiefs dans le crépuscule du macronisme. Y a-t-il un chemin pour sortir de ce bourbier ? Peut-être, mais il faut sortir des chemins battus : c’est ce que nous explique Laurent Fabas dans un plaidoyer argumenté en faveur des initiatives citoyennes. La rédaction du Clairon La Fracture Invisible de la Gauche Dans chaque assemblée, à chaque veille d'élection où la menace de l'extrême droite se fait plus pressante, le même débat fratricide resurgit, telle une fracture invisible qui divise la gauche. Les termes de la controverse sont simples. Sans union la victoire de l’extrême-droite, immédiate ou prochaine, est assurée. Pour beaucoup, le barrage est alors une évidence morale comme stratégique. Mais d'autres formulent une critique acerbe de ce choix, héritée d'une longue tradition révolutionnaire. Se ranger derrière des forces réformistes jugées complices du système, serait un pacte avec le diable. Prendre part à un barrage serait se faire l'instrument d'une trahison annoncée, qui, en décevant les espoirs populaires, ne ferait que renforcer, à terme, ceux contre qui l’union s’est formée. Cet argument, sous couvert de radicalité, a pour principal effet de paralyser l'action et de semer le doute. De cet argument émerge une formulation aussi naïve que démobilisatrice en l’absence d’une gauche de rupture dominante, autrement dit presque toujours et presque partout : ″empêcher l’extrême-droite de gagner la renforce″ . La plupart abandonnent là le combat. Les quelques augures qui se pensent en capacité de voir à travers cet abîme croient distinguer alors, tel un mirage, ce moment où ayant refusé toute compromission, leurs idées triompheront. Alors autant ne pas s’opposer à l’extrême droite. ... L’histoire de la gauche regorge de ces stratégies du pire n’ayant engendré aucun triomphe, pourtant l’argument a toujours ses tenants. Anatomie d'un Dogme Avant de réfuter un argument, il faut le comprendre dans toute sa force, voire lui rendre justice. La critique de l'unité avec le centre gauche n'est pas une simple posture de purisme stérile. Elle s'ancre dans une analyse politique cohérente et des craintes valides. Cette méfiance envers les alliances avec les courants réformistes de la gauche plonge ses racines dans les débats stratégiques du mouvement ouvrier du XXème siècle. L'expression la plus tristement célèbre de cette ligne fut la stratégie "classe contre classe" adoptée par l'Internationale Communiste à la fin des années 1920 et au début des années 1930. À cette époque, la social-démocratie, accusée d'être la "gauche de la bourgeoisie" et de trahir les intérêts du prolétariat, était qualifiée de "social-fascisme". L'idée sous-jacente de cette pensée est que, face à la crise du capitalisme, la social-démocratie et le fascisme sont les deux faces d'une même pièce pour destinée àmaintenir la domination de la classe dirigeante. L'une par la ruse et la réforme illusoire, l'autre par la force brute. L’une menant, de toute façon, à l’autre. La gauche réformiste, en cherchant à aménager le système plutôt qu'à le renverser, serait objectivement un obstacle à une véritable transformation sociale, et donc, indirectement, une alliée du maintien de l'ordre existant. L'argument pour refuser le combat contre l’extrême-droite se déploie souvent comme un scénario implacable en trois actes, une tragédie grecque où chaque acte mène inéluctablement au suivant. Le premier acte est celui de l'union . Pour parvenir à un accord avec des forces plus modérées, la gauche radicale est contrainte de mettre de l'eau dans son vin. Les propositions les plus transformatrices sont édulcorées, voire abandonnées. Ce faisant, la gauche radicale perd non seulement son tranchant programmatique, mais aussi son autonomie politique. Elle devient, aux yeux de ses critiques, une simple caution de gauche pour une politique qui ne sera, au fond, qu'une gestion plus humaine du capitalisme. Elle prête sa crédibilité et son énergie militante à un projet qui n'est pas le sien. Le deuxième acte se joue une fois l'alliance parvenue au pouvoir . Confrontée aux réalités du système comme la pression des marchés financiers et les contraintes budgétaires, la coalition est rapidement mise au pied du mur. N'ayant ni la volonté, ni le rapport de force suffisant pour opérer une rupture franche, elle est condamnée à mener des politiques qui décevront profondément sa base sociale. Les promesses de changement se heurtent au mur de l'argent et aux structures du pouvoir économique. Les réformes, si elles existent, sont timides, insuffisantes, et finissent par ressembler aux politiques qu'elles prétendaient combattre. La trahison n'est pas vue comme une défaillance morale, mais comme une conséquence structurelle de l'intégration au système. Le troisième et dernier acte est celui où l’extrême-droite récolte les fruits amers de cette déception . Les électeurs, qui avaient cru au changement, se sentent floués. Ils ne font souvent pas la distinction entre les différentes composantes de la gauche qui a gouverné et les mettent toutes dans le même sac. La colère et la désillusion se tournent alors vers ceux qui apparaissent comme les seuls véritables antisystème, ceux qui n'ont pas encore trahi. L’extrême droite, qui a observé ce processus depuis l'opposition, peut alors se présenter comme le seul recours face à une élite politique, gauche et droite confondues, jugée uniformément corrompue et impuissante. Chaque échec d'une gauche, unie mais modérée renforce ainsi la crédibilité de l'extrême droite. Face à ce scénario perçu comme inéluctable, certains choisissent donc l’isolement stratégique. Toute alliance étant un piège, la seule voie honorable et efficace serait de construire une force révolutionnaire autonome, intransigeante sur ses principes, refusant les compromissions. L'arrivée de l’extrême droite au pouvoir, bien que redoutée, est parfois vue comme un mal nécessaire, un moment de vérité qui, en révélant la nature brutale du capitalisme, dissiperait les illusions réformistes et créerait les conditions d'une prise de conscience populaire et d'une véritable confrontation révolutionnaire. Ils font le pari, souvent tragique, que le pire peut accoucher du meilleur. Comprendre cette logique est essentiel. Car il est nécessaire de reconnaître la profondeur de ces craintes et la cohérence de cette analyse pour espérer y opposer une alternative crédible, non pas en niant les risques, mais en proposant une autre manière de les surmonter. Ce raisonnement de la radicalité est toujours jugé solide par ses tenants. Pourtant l’histoire l’a disqualifié avec fracas. Dans l’entre deux guerres, il divisa le front ouvrier, en particulier en Allemagne. Depuis il est souvent cité parmi les éléments ayant facilité l'arrivée du fascisme au pouvoir. Et très loin de mener à une révolution, l’œuvre d’épuration idéologique consécutive à la prise du pouvoir de l’extrême-droite ne fut stoppée que par la capitulation militaire. Mais à mesure que ses témoins s’éteignent, l’histoire s’oublie. Contre le piège de l'alliance des appareils, l’initiative autogérée Face à la logique bien huilée du dogme de la politique du pire, l'expérience d'une initiative citoyenne et auto-organisée en est une réfutation pratique. Elle ne nie pas la validité de certaines craintes historiques, mais elle démontre que les prémisses sur lesquelles repose l'argument de la trahison inévitable ne s'appliquent tout simplement pas lorsque l'unité se construit par le bas, dans l'action concrète et en dehors des logiques d'appareil traditionnelles. Le premier acte du scenario que redoutent ceux qui refusent de lutter contre l’extrême droite s’articule autour d’accords de sommet, où les états-majors des partis négocient des compromis qui affadissent les programmes et diluent les identités radicales. Or, une initiative autogérée ne relève pas de cette logique. Il ne s'agit pas d'une alliance formelle entre organisations politiques, mais d'une convergence spontanée, née de l'initiative de citoyens, d'artistes, de collectifs et de militants associatifs ou syndicaux. Dans ce schéma, les partis politiques ne sont pas les architectes de l'unité, mais des participants invités à rejoindre un mouvement qui les précède et les dépasse. La dynamique de pouvoir est inversée. La gauche radicale ne doit pas négocier sa place et faire des concessions à une gauche molle hégémonique. Au contraire, l'ensemble des forces, y compris les plus institutionnelles, doivent s'insérer dans un cadre défini par la base, un cadre souvent plus exigeant et créatif que ne le seraient des tractations entre appareils. L'autonomie n'est donc pas perdue, elle est le moteur même de l'action. La question de la caution de gauche est ainsi retournée. Ce sont les organisations qui apportent leur soutien à une initiative populaire authentique, et non l'inverse. L'argument de la trahison inévitable repose entièrement sur le cycle : promesse électorale → conquête du pouvoir → gestion décevante. Mais qu'advient-il de cet argument lorsque l'objectif de l'unité n'est pas un programme de gouvernement, mais une transformation tangible à l'échelle locale, une victoire culturelle, ou la création d'un contre-pouvoir citoyen ? Nombre d'initiatives autogérées ne visent pas à présenter un catalogue de mesures à appliquer après une victoire aux urnes. Leur but est souvent immédiat et incarné : créer un lieu de solidarité, organiser un festival culturel engagé, mettre en place une coopérative, lutter contre un projet néfaste, ou simplement occuper l'espace public pour y faire vivre d'autres valeurs. L'unité se scelle sur une action partagée, ici et maintenant, et non sur une promesse pour un avenir incertain. Le cycle "promesse → pouvoir → trahison" est donc brisé à sa racine, car l'action ne s'inscrit pas nécessairement dans ce cadre électoraliste et gouvernemental. La déception future, qui alimenterait l’extrême droite selon la critique, n'a donc pas de prise sur des mobilisations dont les fruits sont cueillis dans la réussite de l'initiative elle-même, dans le lien social créé, et dans la conscience collective qu'elle engendre. La crainte que l'unité avec des forces plus modérées ne conduise à la perte d'autonomie des courants les plus critiques et à la démobilisation du peuple est également contredite par l'expérience des initiatives autogérées. Loin d'être diluée, la dynamique la plus créative et la plus radicale, dans son sens étymologique de retour aux fondamentaux de l'action collective et de la démocratie directe, émane en général de la base. Elle qui insuffle l'énergie, invente les formes d'organisation horizontales et fixe le cadre d'une action qui va bien au-delà de la simple opposition ou de la gestion institutionnelle. De plus, de telles initiatives sont l'exact contraire d'un processus de démobilisation. En permettant à des individus de tous horizons de participer activement à la construction d'une alternative, en leur donnant le goût de l'action collective, en créant des réseaux et des solidarités, elles sont un puissant vecteur de politisation. Elles ne canalisent pas la colère vers une simple échéance électorale abstraite. Elles la transforment en une force constructive, en une capacité d'organisation et en une conscience politique renouvelée. Le peuple n'est pas désarmé par une alliance de sommet, il s'arme lui-même de l'expérience du pouvoir d'agir collectivement. En somme, l'initiative citoyenne, par sa nature même, expose les limites d'une critique prisonnière d'une vision fermée des rapports politiques, où seuls les appareils définiraient le champ de la lutte. Le réel, ici, se montre plus inventif, plus diversifié et plus porteur d'espoir que le dogme. Prolonger la Dynamique dans le champ municipal L'expérience d'une initiative autogérée contre l’extrême droite désamorce les critiques théoriques contre une union large. Elle ouvre dès lors une perspective stimulante. Cette énergie et cette méthode apporteraient beaucoup sur le terrain électoral, en particulier celui, si concret, des élections municipales. La vigilance est de mise, car le passage à une logique de conquête du pouvoir réactive inévitablement les craintes de dilution et de trahison. Pourtant, l'héritage du processus auto-organisé offre des antidotes puissants pour éviter les pièges du passé. Il ne s'agit pas de nier les risques, mais de construire une stratégie municipale qui soit le prolongement direct de l'esprit de l’initiative citoyenne contre l’extrême droite, et non sa négation. - La première garantie contre une alliance de sommet qui trahirait sa base, réside dans la genèse même de la liste électorale. Elle ne saurait être, comme c’est trop souvent le cas, une simple addition de logos de partis négociée en catimini. Le mécanisme de la loyauté est ici le cœur du propos. Chaque membre d’une liste doit sa place à une personne ou à une structure. Le membre de la liste est alors redevable envers ce à quoi il doit sa place. Il regardera dans la même direction pour briguer d’autres fonctions et ne tiendra plus que marginalement compte de sa base. Il la décevra. Pour désamorcer ce cycle, le regard de chaque membre de la liste doit être tourné vers la base. La vertu d’une initiative autogérée contre l’extrême-droite est de révéler cette base. Une base expurgée des courtisans qui n’y ont vu aucun gain personnel à prendre. La coalition municipale doit être l'émanation directe du collectif des forces agissantes du territoire ainsi révélées. En lui étant loyal, chaque futur élu reste directement connecté à sa base. . La coalition municipale doit être l'émanation directe du collectif des forces agissantes du territoire ainsi révélées. En lui étant loyal, chaque futur élu reste directement connecté à sa base. L a composition de la liste doit refléter la diversité des acteurs mobilisés . Citoyens non-encartés, figures du monde associatif et culturel, artistes doivent se tenir aux côtés des représentants des forces politiques et syndicales. Ces derniers ne doivent pas contrôler seuls les places éligibles ou la tête de liste. L'ordre des priorités doit être dicté par la légitimité acquise dans l'action, et non par des calculs d'appareil. Le programme ne peut être un document technocratique , issu d'un compromis entre ″experts″. Il doit être le fruit d'une co-construction dans un esprit d’horizontalité. Que ce soit à travers des assemblées citoyennes dédiées, des ateliers programmatiques ouverts à tous ou des consultations thématiques sur le terrain. Les propositions émergent de la base, sont débattues collectivement, et la synthèse finale reflète ce travail partagé. La légitimité du programme vient alors de son processus d'élaboration autant que de son contenu. Les élus, une fois installés, ne doivent pas se couper de leur base et céder aux pressions du système. Pour contrer ce risque, le projet municipal ne doit pas se contenter de promettre un ensemble de mesures, mais une méthode de gouvernance radicalement différente. L'engagement principal doit porter sur l'instauration d'une démocratie participative et délibérative réelle et continue. Cela va bien au-delà des simples réunions publiques consultatives. Il s'agit de porter des mécanismes de contrôle populaire et de co-décision : · Transparence absolue des débats, des décisions et des finances municipales. · Assemblée citoyenne permanente, indépendante de la municipalité élue et tirant sa légitimité du succès de l’initiative citoyenne. Elle assure un rôle de suivi critique, d'alerte, mais aussi de soutien et de proposition. Il s’agit du contre-pouvoir organisé qui empêche le "chèque en blanc" et qui maintient les élus sous la pression constructive de ceux qui les ont portés au pouvoir. La "trahison" est ainsi rendue bien plus difficile, car le lien avec la base n'est jamais rompu. · Budgets participatifs dotés de moyens significatifs et portant sur des enjeux structurants. · Comités de quartier, ateliers publics thématiques, ou assemblées locales ouvertes disposant d'un véritable pouvoir d'initiative et de suivi. · Référendums d'initiative citoyenne (RIC) locaux sur les projets engageant l'avenir de la commune. La vieille opposition entre réforme et révolution perd de sa pertinence lorsque la dynamique citoyenne s'empare de la question du pouvoir. À l'échelle municipale, la véritable radicalité ne réside pas dans des proclamations grandioses de rupture. Celles-ci sont souvent hors de portée d'une municipalité seule. Elle réside dans le transfert effectif du pouvoir des mains du maire et de l'administration à celles des habitants. Cette démarche est profondément révolutionnaire dans ses implications pour la vie démocratique locale. Elle s'attaque à la racine de l'apathie politique, de la défiance envers les élus, et du sentiment d'impuissance qui nourrit le vote d’extrême droite. En redonnant du pouvoir d'agir aux gens, le goût de la politique et l'envie de défendre le bien commun renaissent.Pour échapper au cycle de la déception et de la trahison, il ne suffit pas de promettre un autre programme, mais une autre politique. Conclusion : L'Action comme Antidote au Vertige de la Pureté Ceux qui se drapent dans la toge de l'intransigeance révolutionnaire, cachent souvent une posture plus ambiguë. Ils se réfugient dans un confort intellectuel qui s'accommode mal du tumulte et des imperfections de l'action réelle. Car il est toujours plus aisé de prédire la trahison que de construire la confiance, plus simple de dénoncer l'échec programmé que de s'atteler à la tâche complexe de bâtir une victoire collective. L’émergence d’une initiative citoyenne contre l’extrême droite fissure cette logique. Il ne s'agit plus alors de choisir entre un barrage sans vision et un pari sur la catastrophe salvatrice. Il s'agit de construire une force politique qui tire sa légitimité de sa capacité à mobiliser, à fédérer et à améliorer concrètement la vie des gens. Le véritable piège n'est donc pas l'unité, mais cette forme subtile d'esquive qui, sous couvert d'une analyse implacable, préfère la certitude de la critique à l'incertitude du combat. Face à l'urgence, la seule réponse qui vaille est celle de l'action collective, lucide sur ses difficultés, mais résolue dans ses objectifs. Car l'histoire ne s'écrit pas avec ceux qui ont eu raison trop tôt dans leur coin, mais avec ceux qui, ensemble, ont osé prendre leurs responsabilités. Laurent Fabas pour le Clairon de l’Atax le 20/07/2025 1/0 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Martine 23 févr. Noté 5 étoiles sur 5. Merci pour cette piqûre de rappel 🙂 J'aime Répondre
- Au cinéma : "Les échos du passé" | Le Clairon
Au cinéma : "Les échos du passé" Allemagne – 2h29 – 2025 - film présenté en Compétition au Festival de Cannes 2025. Maison au bord de la Baltique (Image par Peggychoucair de Pixabay) Un film de Mascha Schilinski avec Hanna Heckt, Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler. Quatre jeunes filles adolescentes vivent dans une ferme au Nord de l’Allemagne et nous allons suivre leur évolution sur quatre générations. La maison se transforme au fil des siècles mais les événements qui s’y passent trouvent un écho dans ceux qui s’y sont passés. Alma, Erika, Angelika et Lenka semblent avoir chacune les mêmes préoccupations, la vie et la mort. Indubitablement, c’est un film merveilleux MAIS "râpeux" un peu comme on se râpe les mains contre un mur en crépi. Rien n'est facile, tout est lumineux et noir, un jeu de paradoxes. C'est un film macabre avec un personnage de premier plan: "la mort". Elle est partout, elle s'infiltre quand elle ne se manifeste pas, elle est quand même présente, sournoise, discrète, active. Tout au long de ces deux heures et demi, on va assister à la démonstration de toute la noirceur de l'âme humaine, inceste, avortement, suicide avec pour personnage principal, la jeune fille ou femme. Mascha Schilinski nous promène dans ces années sombres (guerres mondiales), passant d'une décennie à l'autre avec brio, à nous de décrypter et de trouver les dates. Ce n'est pas un film facile, il demande beaucoup d'attention pour se repérer dans le temps. Il y a des moments de grande intensité, des moments sensuels, des moments douloureux, toute la panoplie des états émotionnels est représentée; avec en fond, tapi dans l'ombre, Thanatos qui veille. Tout est travaillé avec minutie dans ce film, le cadrage, les lumières, la musique, bref c'est une symphonie mais elle se mérite. Deux heures trente de plongée dans quatre-vingt ans de vie, on en ressort secoué et râpé ! Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 15/01/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Narbonne, municipales 2026 : la question du logement | Le Clairon
Narbonne, municipales 2026 : la question du logement Le droit au logement est la pierre angulaire de la dignité humaine et le moteur d'un dynamisme économique partagé par tous Narbonne (image Pixabay) Tandis que les lampions des fêtes de fin d’année illuminent les Barques, une réalité glaciale se cache derrière les volets clos des quartiers populaires de notre cité. De nombreuses familles narbonnaises vivent dans des appartements humides ou totalement dépourvus de chauffage. Un marchand de sommeil qui ne loue pas moins de 60 logements vient d’être condamné une semaine avant Noël à 18 mois de prison. Cette détresse humaine rappelle cruellement que le droit au logement demeure une promesse non tenue pour une part croissante de la population locale. Le contraste entre la chaleur des marchés de Noël et la froideur des murs insalubres du centre historique impose une remise en question profonde de nos priorités municipales. Il convient désormais d’agir avec une détermination qui a fait défaut jusqu’ici pour que chaque Narbonnais dispose d’un foyer digne et protecteur. L’impact systémique du logement social Narbonne compte environ 40 000 logements, dont seulement 30 000 sont des résidences principales. La progression du nombre de résidences secondaires a été sur la période 2014-2020 près de trois fois plus rapide que celle des résidences principales. Ce chiffre reflète la prolifération incontrôlée des locations saisonnières de type « AirbnB » qui peut être visualisée par le biais de la multiplication de boîtes à code en centre-ville. L’augmentation constante du nombre de résidences secondaires fausse totalement les indicateurs de tension immobilière. Une part considérable du parc immobilier échappe aux résidents permanents et provoque une inflation artificielle des loyers. Il ne s’agit pas d’un accident de marché. Le renoncement est délibéré. Alors que d'autres villes limitent les changements d'usage ou imposent des quotas stricts, la municipalité narbonnaise laisse faire. Ce laisser-aller s'explique par la nature même de nos décideurs. Par leur métier ou leur patrimoine, ils tirent profit de la tension locative. Cette crise n'est pas une fatalité technique, elle est le fruit d'une endogamie politique qui paralyse toute velléité de réforme. Comment s’étonner de l’inertie municipale quand les instances de décision sont verrouillées par des élus dont le patrimoine ou la profession sont les premiers bénéficiaires de la tension immobilière ? Entre un maire agent immobilier et un député multipropriétaire, le conflit d’intérêts n’est plus une ombre, il est une barrière. La régulation du marché ne pourra jamais être menée par ceux qui profitent de sa surchauffe. La direction de la cité doit être arrachée des mains de ceux qui vivent de la rente pour être rendue aux usagers de la ville. Pour contrebalancer cette pression à la hausse, la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) impose que 25 % des résidences principales soient des logements sociaux. L’idée sous-jacente est de créer une offre suffisamment abondante à prix régulé pour avoir un effet systémique sur l’ensemble du marché immobilier. Le seuil est un compromis sans base scientifique. Certains rechignent à développer ce genre d’offre en raison de la mauvaise presse de l’habitat social et voulaient un seuil plus bas. D’autres veulent s’inspirer d’expériences où le taux de logements sociaux et quasi-sociaux permet une régulation systémique observable des loyers comme la ville de Vienne en Autriche dont le taux est de 43 %. Les 7500 logements sociaux narbonnais sont insuffisants pour atteindre cet effet systémique qui influence l’ensemble des prix du secteur privé. Ils sont même insuffisants pour débloquer les parcours résidentiels dans le parc social. Dans l’agglomération 5600 dossiers de demande d’attribution sont actifs. L’offre annuelle plafonne péniblement à 850 attributions effectives. Un dossier sur sept seulement trouve une issue favorable chaque année. Cette situation de pénurie favorise les abus. Sans un changement radical de braquet budgétaire et foncier pour saturer l’offre publique, les familles narbonnaises resteront captives d’un système de pénurie qui alimente la spéculation et l’insalubrité. La puissance publique doit impérativement intervenir pour rétablir une fluidité minimale car le maintien de tels délais d’attente constitue une rupture d’égalité manifeste devant le droit fondamental au logement. Pour un choc de l’offre non spéculative La gestion actuelle des offices de l’habitat est une insulte quotidienne aux locataires. Le naufrage des bailleurs sociaux n’est pas qu’une affaire de chiffres, il est le produit d’une déconnexion totale. Les décideurs, calfeutrés dans leurs résidences privilégiées, ne subissent jamais l’humidité des murs ni les pannes de chauffage qu’ils imposent aux autres par leur inertie. La transparence retrouvée doit engager une révolution démocratique. Les locataires doivent devenir les gestionnaires directs de leur cadre de vie par le biais de budgets participatifs dédiés à l'entretien. Le contrôle citoyen direct n'est pas un gadget, il est l'unique rempart contre la déchéance du bâti et le clientélisme des attributions. Seuls ceux qui vivent dans les immeubles sont aptes à prioriser l’urgence de la maintenance. La souveraineté des locataires ne peut exister sans briser l'entre-soi des conseils d'administration. La réforme doit être institutionnelle. Il faut réduire la part des élus au sein des instances de décision des offices de l’habitat au profit d'un collège d'experts indépendants et de représentants de locataires tirés au sort. C'est à ce prix, en changeant ceux qui décident avant de changer ceux qui dépensent, que nous mettrons fin au clientélisme des attributions. Viser le simple respect de la loi est une ambition de comptable, pas un projet de ville. Pour briser la spéculation, la municipalité doit viser un volume de logements hors-marché tel que les bailleurs privés indélicats n'auront plus d'autre choix que d'aligner leurs prestations sur la qualité du public ou de disparaître. Ce choc d'offre doit aussi bénéficier à la classe moyenne, dont le pouvoir d'achat est siphonné par des loyers privés excessifs. Pour limiter l'impact sur l'endettement de la ville, le rôle de l'investisseur traditionnel doit être repensé. Le modèle de la défiscalisation spéculative a montré ses limites. Il convient de favoriser l'émergence d'un secteur locatif quasi social. Des capitaux privés s'investiront dans des structures d'utilité publique sorties du champ de la spéculation. Ces investissements sans conventionnement classique mais avec un plafonnement contractuel permettent de mobiliser l'épargne sans alourdir le bilan comptable de la collectivité. Pour les populations les plus fragiles que le parcours résidentiel classique exclut systématiquement et qui sont les cibles des marchands de sommeil, la puissance publique doit agir comme un garant universel. La sortie de la précarité est un parcours qui en plus des structures d'urgence, doit passer par une insertion discrète dans le tissu urbain ordinaire. La mixité sociale est trop souvent un simple slogan ou un artifice statistique. Elle se heurte à une réalité vécue très différente. À Narbonne, lorsqu’un passant est interrogé pour savoir si un bâtiment contient des logement sociaux, il se trompe rarement. Rien n’impose pourtant de construire différemment. La distinction est un choix qui stigmatise. La mixité doit s'opérer au sein même des immeubles et des lotissements où des logements privés côtoient des logements locatifs sociaux derrière des façades identiques. La diversité architecturale ne doit pas traduire une hiérarchisation visible des revenus. La ville gagne alors en harmonie ce qu'elle perd en barrières sociales. La servitude de mixité sociale est un outil juridique simple, précisément conçu dans cet objectif. La mettre en œuvre ne nécessite rien d’autre qu’une évolution du document d’urbanisme. Lorsqu’un logement social devient indistinguable d’un logement privé et que leur nombre tempère les prix du marché entier, les parcours résidentiels deviennent fluides. La reconquête du centre historique par le foncier solidaire La réhabilitation du cœur de Narbonne nécessite un outil juridique puissant comme l'Office Foncier Solidaire (OFS). Sa mise en œuvre doit suivre un plan de montée en puissance raisonné en débutant par des opérations simples sur des fonciers déjà maîtrisés par la ville. Ce dispositif sépare la propriété du terrain qui reste publique de celle des murs qui devient privée ce qui permet de proposer des logements à des prix très inférieurs au marché tout en bloquant toute velléité spéculative lors des reventes futures. Cette politique de l'habitat doit s'accompagner d'une vision claire. Le cœur historique doit cesser de vouloir s'adapter au mode de vie périphérique centré sur l'automobile. Les rues étroites et le bâti dense possèdent des qualités intrinsèques qui conviennent parfaitement à certains segments de la population comme les étudiants ou les jeunes actifs sans voiture. Il ne s'agit pas de ghettoïser le centre mais de reconnaître qu'un appartement médiéval sans garage constitue un habitat idéal pour qui privilégie la proximité des services et de l'animation urbaine. Adapter ces structures anciennes aux exigences de l’automobile coûte une fortune à la collectivité et détruit l'âme de notre patrimoine. Nous devons inviter ceux qui aiment la ville pour ce qu'elle est plutôt que de la défigurer pour satisfaire des exigences de confort standardisé. Le centre-ville doit redevenir un lieu de vie désirable pour toutes les générations prêtes à embrasser une urbanité apaisée et libérée de la domination mécanique. La mutation nécessaire des professions de l'immobilier Une telle réorientation n'est pas une déclaration de guerre aux professionnels du secteur, mais la proposition d'un nouveau contrat social. Le modèle fondé sur la multiplication des transactions spéculatives s'essouffle. La mutation des métiers de l'immobilier n'est pas une invitation au dialogue, mais une nécessité de survie éthique. Les agents immobiliers et les avocats doivent passer d'une économie du flux spéculatif à une économie de la valeur d'usage et de la gestion durable. Les agents immobiliers et les avocats doivent retrouver leur juste place, celle d'exécutants techniques sous la direction d'une volonté politique forte, et non de pilotes de l'urbanisme. Leur expertise doit être mobilisée pour la gestion de la complexité comme la rénovation thermique et les baux solidaires. Elle est inadaptée pour dicter la stratégie municipale. La puissance publique doit reprendre les commandes pour mettre fin à l'ère où le profit privé servait de plan local d'urbanisme. La puissance publique doit accompagner cette transition en ouvrant aux professionnels les marchés de la rénovation urbaine et de la gestion déléguée pour le compte de l'OFS. L'intérêt général exige que tous les talents se conjuguent pour offrir aux habitants des conditions de logement dignes. Le droit au logement est la pierre angulaire de la dignité humaine et le moteur d'un dynamisme économique partagé par tous. Narbonne possède les ressources et l'histoire nécessaires pour devenir ce laboratoire de l'habitat de demain où la beauté architecturale et la justice sociale ne forment plus qu'une seule et même ambition. Laurent Faba pour le Clairon de l'atax le 21/12/2025 1/0 comments debug Commentaires (2) Noté 3 étoiles sur 5. 3.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Vincent Witz 28 nov. 2025 Noté 3 étoiles sur 5. Y A BON BANANIA J'aime Répondre Vincent Witz 30 nov. 2025 En réponse à Vincent Witz 😀hgfhfhgfhgfhgf J'aime Répondre
- Au cinéma : HAMNET | Le Clairon
Au cinéma : HAMNET Prix du Meilleur film dramatique et la Meilleure actrice dans un drame aux Golden Globes 2026. Forêt magique (Image par Gaby Stein de Pixabay) U.K. – U.S.A. – 2h05 – 2025 Un film de Chloé Zhao avec Paul Mescal, Jessie, Buckley, Emily Watson. Un sous-bois en été, lovée dans un creux d'arbre, une silhouette toute de rouge vêtue, c'est Agnès qui tombera amoureuse d'un jeune professeur de latin. Ils vont se marier et auront trois enfants, une fille et des jumeaux (un garçon et une fille). Mais rien n'est simple, Will contre vents et marées et surtout contre son père veut écrire. Il partira tenter sa chance à Londres. Agnès restera seule aves les enfants et assumera seule le quotidien. Mais un drame se produit et le couple déjà éloigné physiquement se déchirera. Toutefois la douleur sera à l'origine d'un grand chef d'œuvre. Un film impressionnant tant par la prestation des acteurs que par le choix des paysages, des décors, des costumes. C'est un film sur l'amour et la mort qui sont parfois tellement liés dans les drames. On es t subjugué, on est emporté du début à la fin. C'est puissant, c'est fort, c'est éblouissant. Il y a des trouvailles dans ce film qui nous sortent des reconstitutions historiques. Nous sommes avec Agnès et ses enfants, nous sommes sur le théâtre avec les spectateurs, nous sommes dans et en-dehors du film. Comment revivre à la mort d'un enfant ? comment survivre au deuil ? comment ne pas en vouloir à la terre entière ? comment regarder l'avenir encore comme un avenir ? C'est tout cela que raconte Chloé Zhao avec finesse et humanité. Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 06/02/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Le 1er mai 2026 à Narbonne | Le Clairon
Le 1er mai 2026 à Narbonne C'est la fête du travail et des travailleurs c'est à dire de tous ceux qui contribuent au fonctionnement de notre société Départ de la manifestation (Photo HR) La manifestation unitaire du 1er mai 2026 Ce n’étais pas Arcole, mais ce n’était pas non plus Waterloo. Cette année le défilé était plus maigre qu’en 2025. Selon le comptage effectué par le Clairon, peu après le départ du parvis des Halles, ils étaient entre 650 et 700 à défiler. Pas de sono cette fois, mais les slogans des manifestants étaient proclamés avec la même vigueur que d’habitude. Alors pourquoi cette relative désaffection des Narbonnaises et Narbonnais à l’égard de ce moment hautement symbolique que constitue le défilé du 1er mai ? Est-ce la faute au long week-end qui incite au farniente, ou au petit séjour au pays du carburant moins cher ? Ou est-ce la faute à ce temps qui s’étire dans l’obsolescence d’un cadre politique qui nous servait de repère depuis ¾ de siècle ? Que sera le défilé du 1er mai 2027 ? Une fête dans un sursaut de démocratie ou pas de défilé du tout, comme 1ère mesure d’un fascisme revenu au pouvoir avec l’assentiment de foules gorgées de fake news ? Mais ne soyons pas trop pessimistes : en ce 1er mai 2026 la vitalité du peuple existe toujours. Il y a encore des citoyens qui réfléchissent, qui s’engagent, qui créent et qui luttent pour établir des liens sociaux de qualité dans un monde habitable. Et cette vitalité s’est manifestée un fois encore, lors de la fête organisée à Narbonne par le collectif du 1erMai. La fête du 1er mai dans les jardins du Palais du Travail Dûment informé par les propos du maire de Narbonne, récemment élu sans étiquette donc sans idéologie, ainsi que par un article du journal local intitulé ; « Le "Collectif 1er mai" à Narbonne a un gros problème avec l’alcool », j’avoue que ce n’est pas sans une certaine inquiétude que je me suis rendu sur le site de cette fête, organisée par des gens « entre guillemets », donc à prendre avec des pincettes. Je pensais y trouver des faciès ravagés par l’idéologie et l’alcool, voire éventuellement trébucher sur des corps convulsés de spasmes éthyliques et marcher sur des pelouses couvertes de déchets, dans un concert de cris et de turbulences. Surprise ! Rendu sur place, j’ai constaté avec étonnement que l’ambiance était à la fois gaie, sereine et conviviale. Ici et là des stands présentaient toutes sortes d’initiatives citoyennes, dont le point commun était le souci de l’autre. La plupart des associations qui portaient ces initiatives, tentaient de compenser avec beaucoup d’énergie mais peu de moyens, les manques de l’action publique qui pourtant se réclame vouée au bien être des gens. Ici et là, des stands proposaient petits plats et pâtisseries ainsi que diverses boissons non alcoolisées, souvent bio. Un gobelet d’une délicieuse infusion de fleurs d’hibiscus dans une main (Bissap) et dans l’autre une délicieuse tartelette au tofu et thon j’ai appris que le produit de ces ventes servait à financer leurs activités dans un contexte de raréfaction des subventions. Il y avait de la musique pour tous les goûts et tous les âges : devant les groupes qui se succédaient grands, et petits dansaient, chacun selon son plaisir et non pour la galerie… J’ai songé qu’en cet instant de fête, l’espace de ces jardins du Palais du Travail de Narbonne incarnait les valeurs de la république : Liberté, Egalité, Fraternité. Et puis, je me suis assis sur un banc, à côté d’un type aux cheveux un peu trop longs pour l’« ordre public ». Comme je lui faisais part de mon étonnement d’assister à une fête qui n’avait rien à voir avec la description suggérée par les autorités locales, soucieuses d’informer l’opinion, celui me répondit avec philosophie, que par les temps qui courent beaucoup d’élus s’imaginent conserver le soutien de leur électorat contre la montée de l’extrême droite en aboyant plus fort qu’elle. Quant à la presse locale, mal en point face à la concurrence d’autres médias, sa survie dépend plus que jamais de quelques annonceurs, ce qui oriente son objectivité… Un après-midi riche d’enseignements… La rédaction du Clairon de l’Atax ; le 2/05/2026 fête 1er mai 4.jpg fête 1er mai 4.jpg 1/1 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Santé publique : est-elle en régression ? | Le Clairon
Santé publique : est-elle en régression ? Tout le monde n'est pas égal en matière d'espérance de vie Amorcée au milieu du 18ème siècle, la santé publique, la santé publique s’améliore de façon continue au cours du 19ème siècle avec l‘apparition des premières institutions d’ « hygiène publique » qui datent de la Révolution et se développent tout au long du siècle. Portées par un puissant mouvement hygiéniste ces institutions ne sont pas sans arrière-pensées : l’accès à l’eau potable, la création d’égouts, la lutte contre l’habitat insalubre (cf. Rapport Villermé 1840), mélangent attentions philanthropiques et souci de disposer d’une main d’œuvre efficace et rentable dans une France en plein essor industriel. Des statistiques sur la mortalité accompagnent le développement, dès 1850 d’une législation centrée sur l’habitat insalubre. Entre 1810 et 1900 l’espérance de vie, marqueur de l’amélioration de la santé publique, passe de 37 à 45 ans, malgré les guerres et les bouleversements sociaux, notamment en raison de la baisse de la mortalité infantile et juvénile. Depuis lors, l’espérance de vie ne cesse de progresser et on a l’habitude d’associer cette amélioration au développement de la société industrielle, puis post industrielle, liées au développement des connaissances scientifiques dont la médecine… Cette représentation d’un progrès de l’espérance de vie, corollaire du progrès économique et social, semble actuellement nuancée par une étude de l’INSEE publiée le 15 décembre dernier. Tout le monde n’est pas égal en matière d’espérance de vie L’étude de l’Insee montre que l’espérance de vie varie selon les catégories sociales et le sexe et que l’écart se creuse entre les 5% ayant le niveau de vie le plus élevé, soit > à 6 247 / mois et les 5% ayant le niveau de vie le plus faible soit < 497 / mois. En huit ans, l’écart a augmenté de 8,3 ans à 8,7 ans pour les femmes et de 12,7 à 13 ans pour les hommes. Traduits en espérance de vie, ces chiffres indiquent qu’en moyenne les femmes qui naissent en 2025 ont statistiquement une espérance de vie de 80,1 ans pour les plus pauvres et de 88,7 ans pour les plus riches, tandis que pour les hommes elle est de 85 ans pour les plus riches et de 72 ans pour les plus pauvres… A titre de comparaison aux Etats Unis, considérés comme un pays avancé et souvent cité en exemple en matière de développement, l’espérance de vie moyenne est en 2025 de 80,9 ans pour les femmes et de 75,9 ans pour les hommes. Les statistiques établies reposent sur un autre découpage de la population. Elles sont réalisées sur la base de quintiles qui représentent 20% de la population. Ce classement de la population par niveaux sociaux économiques, fait ressortir des écarts pouvant aller jusqu’à 15 ans entre les 20 % les plus défavorisés et les 20 % les plus aisés. Ainsi l’espérance de vie US est inférieure à celle de beaucoup de pays européens, dont la France. Cet écart s’explique par : - La différence entre les systèmes de santé français et US. Le système français est universel et couvre 100% de la population, il est financé par des cotisations sociales obligatoires et des impôts. Il est censé garantir un accès égal aux soins pour tous. Le système US repose essentiellement sur des assurances privées, complétées par des programmes publics comme Medicare et Medicaid qui ciblent une part limitée de la population. Mais l’accès aux soins reste inégal : 8 à 10 % de la population n’est pas assuré. - Des modes de vie sensiblement différents entre la France et les Etats-Unis, mais qui tendent à se rapprocher. Les Françaises et les Français consomment moins de « Junk food » (appelée « malbouffe » en Français ). Il s’agit d’aliments industriels et ultra transformés, riches en sucre et en graisse saturée. Ces pratiques alimentaires qui touchent particulièrement aux Etats-Unis les classent moyennes et pauvres, impacte leur espérance de vie. A cela s’ajoute la consommation des opioïdes stimulée par des conditions de vie plus frénétiques. Mais en France l’écart se creuse aussi en intégrant aux 5 % les plus pauvres la partie la moins aisée des couches moyennes, en cours de déclassement économique et social. Ainsi pour les 25% de la population dont le niveau de vie se situe entre les 497 € / mois mais qui reste inférieur à 1350 € par mois [[chiffre qui se situe légèrement au-dessus du seuil actuel de pauvreté et qui définit la catégorie des 30% des français les plus modestes ]], l’espérance de vie baisse aussi de 0,51 année pour les femmes et de 0,53 année chez les hommes pour la période considérée, soit une espérance de vie diminuée d’un peu plus de 6 mois… Ces résultats battent en brèche un certain nombre d’idées reçues : théoriquement l’espérance de vie est censée augmenter moins vite à mesure que le niveau de vie augmente ; or ce qui est mesuré c’est qu’au contraire l’écart se creuse en faveur des plus riches. D’autre part les Français ont été bercés depuis plus de 3/4 de siècle par la croyance en un progrès continu de l’espérance de vie : la tendance semble s’inverser actuellement. Où trouver les causes de la dégradation de l’espérance de vie On a voulu tout d’abord attribuer l’augmentation des écarts entre espérance de vie des plus riches et des plus pauvres à un « effet Covid ». Les catégories sociales les plus pauvres n’auraient pas eu les mêmes possibilités de se confiner que les plus riches et de plus ces catégories « pauvres » auraient du fait de leur travail fait partie des « personnes en première ligne », donc plus exposées à la contagion… Mais l’explication ne tient pas puisque les inégalités d’espérance de vie ne cessent de croitre après la pandémie. Par ailleurs, il est scientifiquement prouvé que le niveau de vie a une incidence directe sur l’espérance de vie. Lorsque le niveau de vie se dégrade, l’espérance de vie suit, ce qui a pour corollaire qu’à l’augmentation des inégalités financières correspond celle de l’augmentation des inégalités d’espérance de vie. Ce constat renvoie aux choix politiques effectués depuis plus d’une vingtaine d’années. Ils se traduisent par un démontage continu de l’Etat providence, au nom d’un ″réalisme″ justifiant des choix politiques néolibéraux. Ces choix, qui tendent à se délester d’un social trop couteux, en réduisant les charges contributives des entreprises, au prétexte qu’elles pèseraient excessivement sur leur compétitivité, ont rendu notre système de santé moins efficace et contribué ainsi à l’augmentation de la morbidité de la population française. Alors que l’accès aux soins devenait de plus en plus difficile, du fait de l’attrition continue du système de santé qui se conjuguait avec une baisse des -salaires réels- des catégories sociales les moins favorisés, une partie significative de la population s’est trouvée en situation de renoncer ou d’être privée de son droit à la santé, donc à la vie. La bataille est rude, les gouvernements de droite qui se succèdent tentent de maintenir leur projet néolibéral. Pourtant le démontage de l’Etat providence, n’a pas eu jusqu’à présent d’effet positif sur le redémarrage de l’économie française. Selon nos gouvernants, ce démontage ne serait pas allé assez loin…Faut-il le poursuivre au prix d’une augmentation de la morbidité, voire de la mortalité, chez tous ces « gens qui ne sont rien » ? Le modèle américain qui fascine tant nos gouvernants ″macronoïdes″ devrait nous en dissuader. Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 20/11/2025 1/0 comments debug Commentaires (1) Noté 3 étoiles sur 5. 3.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Vincent Witz 30 nov. 2025 Noté 3 étoiles sur 5. Superbe J'aime Répondre
- Narbonne : un communiqué du « Collectif 1er mai » | Le Clairon
Narbonne : un communiqué du « Collectif 1er mai » Le "Collectif 1er mai" présente l'édition 2026 C'était le 1er mai 2025 (photo Col 1er mai) Communiqué de presse 15 avril 2026 1er mai 2026 à Narbonne Après le succès historique de l'édition 2025 pour faire barrage à l’extrême droite, le Collectif donne un nouveau rendez-vous ce 1er Mai 2026. Au programme, après la manifestation syndicale le matin, des concerts, des conférences et un grand village des luttes associatives et politiques de 12h à 19h au Palais des Sports, des Arts et du Travail et dans les jardins de la Bourse du Travail. Il y a un an, la menace se tenait à nos portes. Le Rassemblement National avait annoncé sa volonté de faire de Narbonne le théâtre de sa démonstration de force, espérant transformer notre ville en une nouvelle vitrine de son idéologie. Nous avons refusé cette fatalité. Sans attendre, habitantes, habitants, syndicats, associations et artistes ont uni leurs forces. Ce sursaut a pris la forme d’un événement inédit. Près de 8000 personnes se sont retrouvées, entre la remarquable manifestation syndicale du matin et le foisonnant village des luttes de l’après-midi. Nous avons opposé à leur meeting national fermé la ferveur d’une place publique ouverte, solidaire et joyeuse. Aujourd'hui, nous constatons avec une profonde satisfaction que le Rassemblement National a échoué à s'ancrer ici. Pourtant, un simple regard sur la carte de notre région interdit tout repos. À Béziers et Perpignan s'ajoutent désormais Carcassonne, Castres, Agde... L’extrême droite tisse sa toile, encerclant notre territoire. Cette géographie politique rappelle une évidence : la bataille culturelle contre les idées de rejet et de haine ne fait que commencer. Si notre 1er Mai 2025 fut une riposte, une réaction d'urgence face à une agression symbolique, notre 1er Mai 2026 sera une affirmation. Nous passons de la résistance à la construction. Pour faire face à une extrême droite qui prospère sur le repli identitaire et le cloisonnement des peuples, le Collectif a choisi de placer cette journée sous le signe de l’Internationalisme. Fidèles à nos pratiques autogérées, nous ne recevons de consignes de personne. Nos décisions naissent de nos assemblées. Le 1er mai prochain, nous retournerons au Palais du Travail. Nous commencerons notre journée dans la rue, aux côtés des syndicats, pour défendre nos conquis sociaux. Puis, le Palais du Travail et ses jardins redeviendra ce carrefour vivant où s'entremêlent débats politiques de fond, cantines solidaires et scènes musicales effervescentes. Le Programme de l'après-midi (12h 19h) : · Un Village des luttes : près de 30 stands réunissant les forces militantes locales, nationales et internationales. · Cantines Solidaires & Buvette locale : espaces de restauration proposant des repas solidaires et des produits locaux. · 6 Tables Rondes et Débats (14h - 19h) : des intervenants venus du monde entier (Syrie, Soudan, Chili, Kurdistan...) pour aborder : L'Internationalisme par le bas, Les actions féministes et de solidarité internationale (Iran, Rojava, Amérique latine...), L'Immigration, Guerre et impérialisme, Le colonialisme à la française, et la Solidarité internationale. · 2 Scènes Musicales (13h - 19h) : Massilia Reggae Club, Laurent Cavalier, Mc du Midi, Le Chiffon rouge, Happy lazy, Pitch Up, Lobo El & Otchei, Rap ABP et Camille en Bal. Nous invitons toutes celles et tous ceux qui refusent l'isolement, qu'ils vivent à Narbonne ou dans les villes voisines aujourd'hui gouvernées par l'extrême droite, à nous rejoindre. Face à leur monde de murs et de peurs, nous continuerons de bâtir le nôtre : un monde de ponts, de solidarité, et de joie tenace. 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.












