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Le 1er mai 2026 à Narbonne

C'est la fête du travail et des travailleurs c'est à dire de tous ceux qui contribuent au fonctionnement de notre société

Rédaction du Clairon

Départ de la manifestation (Photo HR)

La manifestation unitaire du 1er mai 2026


Ce n’étais pas Arcole, mais ce n’était pas non plus Waterloo. Cette année le défilé était plus maigre qu’en 2025. Selon le comptage effectué par le Clairon, peu après le départ du parvis des Halles, ils étaient entre 650 et 700 à défiler. Pas de sono cette fois, mais les slogans des manifestants étaient proclamés avec la même vigueur que d’habitude. Alors pourquoi cette relative désaffection des Narbonnaises et Narbonnais à l’égard de ce moment hautement symbolique que constitue le défilé du 1er mai ? Est-ce la faute au long week-end qui incite au farniente, ou au petit séjour au pays du carburant moins cher ? Ou est-ce la faute à ce temps qui s’étire dans l’obsolescence d’un cadre politique qui nous servait de repère depuis ¾de siècle ?


   Que sera le défilé du 1er mai 2027 ? Une fête dans un sursaut de démocratie ou pas de défilé du tout, comme 1ère mesure d’un fascisme revenu au pouvoir avec l’assentiment de foules gorgées de fake news ?

   Mais ne soyons pas trop pessimistes : en ce 1er mai 2026 la vitalité du peuple existe toujours. Il y a encore des citoyens qui réfléchissent, qui s’engagent, qui créent et qui luttent pour établir des liens sociaux de qualité dans un monde habitable.

Et cette vitalité s’est manifestée un fois encore, lors de la fête organisée à Narbonne par le collectif du 1erMai.


La fête du 1er mai dans les jardins du Palais du Travail


  Dûment informé par les propos du maire de Narbonne, récemment élu sans étiquette donc sans idéologie, ainsi que par un article du journal local intitulé ; « Le "Collectif 1er mai" à Narbonne a un gros problème avec l’alcool », j’avoue que ce n’est pas sans une certaine inquiétude que je me suis rendu sur le site de cette fête, organisée par des gens « entre guillemets », donc à prendre avec des pincettes.

   Je pensais y trouver des faciès ravagés par l’idéologie et l’alcool, voire éventuellement trébucher sur des corps convulsés de spasmes éthyliques et marcher sur des pelouses couvertes de déchets, dans un concert de cris et de turbulences.

   Surprise ! Rendu sur place, j’ai constaté avec étonnement que l’ambiance était à la fois gaie, sereine et conviviale.

Ici et là des stands présentaient toutes sortes d’initiatives citoyennes, dont le point commun était le souci de l’autre. La plupart des associations qui portaient ces initiatives, tentaient de compenser avec beaucoup d’énergie mais peu de moyens, les manques de l’action publique qui pourtant se réclame vouée au bien être des gens.

   Ici et là, des stands proposaient petits plats et pâtisseries ainsi que diverses boissons non alcoolisées, souvent bio. Un gobelet d’une délicieuse infusion de fleurs d’hibiscus dans une main (Bissap) et dans l’autre une délicieuse tartelette au tofu et thon j’ai appris que le produit de ces ventes servait à financer leurs activités dans un contexte de raréfaction des subventions.

Il y avait de la musique pour tous les goûts et tous les âges : devant les groupes qui se succédaient grands, et petits dansaient, chacun selon son plaisir et non pour la galerie…


   J’ai songé qu’en cet instant de fête, l’espace de ces jardins du Palais du Travail de Narbonne incarnait les valeurs de la république : Liberté, Egalité, Fraternité. Et puis, je me suis assis sur un banc, à côté d’un type aux cheveux un peu trop longs pour l’« ordre public ». Comme je lui faisais part de mon étonnement d’assister à une fête qui n’avait rien à voir avec la description suggérée par les autorités locales, soucieuses d’informer l’opinion, celui me répondit avec philosophie, que par les temps qui courent beaucoup d’élus s’imaginent conserver le soutien de leur électorat contre la montée de l’extrême droite en aboyant plus fort qu’elle. Quant à la presse locale, mal en point face à la concurrence d’autres médias, sa survie dépend plus que jamais de quelques annonceurs, ce qui oriente son objectivité…


   Un après-midi riche d’enseignements…


La rédaction du Clairon de l’Atax ; le 2/05/2026


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