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Qui gouverne actuellement et qui gouvernera la France en 2027 ?

   Le temps des grandes politiques publiques semble suspendu dans l'attente des élections présidentielles de 2027. Pourtant, dans la maison France qui semble somnoler au sein des institutions de la Vème République devenues obsolètes, de petites souris obstinées  ne cessent de grignoter et de saper les murs...

   Mais qui donc nous gouverne actuellement ? Dans la confusion et le désaveu du macronisme, accentués par les législatives anticipées de 2024, une gouvernance besogneuse tente, par toutes sortes d’artifices, de conserver un pouvoir où les arguties légales compenseraient la légitimité perdue.


   Ces artifices passent notamment par l’accompagnement de la dédiabolisation du RN. Tandis que l’attention se focalise sur lui, ses manœuvres démagogiques, proclamées au service du peuple français, masquent une convergence avec la politique menée par le gouvernement.

   De fait, la dédiabolisation du RN passe par son allégeance aux intérêts du ″grand″ patronat. Tactique qu’il poursuit consciencieusement par ses votes au Parlement, en préconisant les mêmes solutions à notre situation économique que le gouvernement en place. Les mantras marconistes sont repris sans vergogne : forte austérité pour réduire le déficit, au moyen de grandes coupes dans le budget social et poursuite de la politique de l’offre par la baisse massive des impôts de production. Bien entendu, la question de la taxation des plus riches est rejetée avec détermination d’autant plus que le RN, devenu fréquentable, est invité dans leurs cénacles.


   Et voici que le spectre d’une généralisation mondiale des conflits ″hybrides″, menés en Ukraine et au Moyen-Orient, vient renforcer l’appel de nos gouvernants aux sacrifices du peuple. Désormais le discours propagé par les ″puissants″ et leurs médias se déroule sur un nouveau leitmotiv : « Ce n’est pas de notre faute si la pauvreté se propage si l’Etat providence se délite ! C’est la faute à la guerre et aux menaces de son extension. Si nous vous demandons des sacrifices c’est dans l’intérêt de la nation qui prime sur les rapports de classe » …


   Alors, la communication intensive des médias de formatage contribue à faire monter le brouillard des affects et de la déraison, en offrant en pâture à l’opinion des débats prolixes, où le verbe abondant compense la faiblesse des contenus.


   Du coup, le gouvernement de Monsieur Lecornu, qui perdure grâce à ces artifices, a le champ libre. Il peut poursuivre par petites touches en édictant un décret par-ci, un arrêté par-là, la déconstruction de notre modèle social et des quelques acquis récents en matière de protection de l’environnement, de santé publique et de lutte contre le changement climatique.


   C’est dans cette ambiance chafouine de fin de règne, que se profilent les élections présidentielles de 2027. Chaque jour un peu plus, la vie politique de notre pays semble absorbée par cette perspective. Ce qui nous parvient, relayé par les médias, ce sont des guerres picrocholines, plus ou moins feutrées, ou s’affrontent des individus à l’intérieur ou à l’extérieur des partis, tandis que des chevaliers solitaires se proclament aptes à sauver la France.


   Les débats s’amplifient, les manœuvres vont bon train : alliance ou rejet, primaire ou candidature directe. Chacun se veut persuasif, se sent investi d’une mission sacrée et avance ses qualités et capacités à gouverner le pays.

Mais tandis que le gouvernement en place peine à trouver des idées autres que la reproduction du même, il en est de même pour les candidats. La communication prime sur le contenu : des idées générales propices à un consensus favorable de telle partie de l’opinion, tiennent souvent lieu de projet. Que dire de la communication de tel pur produit de la « bonne société parisienne » qui juge utile d’aller au fin fond de l’Aveyron, dans un bourg de 700 habitants, pour légitimer sa candidature au prétexte qu’il « aime passionnément la France » et qu’il souhaite « faire renouer [le pays avec] la promesse de l’élévation », « individuelle » [et] « collective». Faut-il ignorer et mépriser le peuple pour déployer de tels expédients !


   A ce jeu-là la gauche ne vaut guère mieux : les ambitions s’affrontent au détriment de l’élaboration d’un projet commun.


   Alors, dans ce qui semble être le crépuscule de la Vème République, allons-nous assister in fine à l’affrontement pronostiqué entre le Rassemblement National et la France Insoumise ?

   A l’heure actuelle LFI semble être le seul parti capable d’afficher un programmé politique de réforme, sérieux, fondé et cohérent (cf. : « l’Avenir en commun »), qu’il soumet à la critique des électeurs. Mais son mode de gouvernance, vertical et jacobin peut faire douter de sa capacité à réformer le régime présidentiel et hyper centralisé devenu contreproductif.

   La victoire du Rassemblement National, parti d’extrême droite qui surfe sur le ressentiment du peuple à qui il promet de résoudre son malaise tout en servant avec de moins en moins de discrétion les intérêts des puissances d’argent, ne pourra que conduire à un régime autoritaire, seul capable de maitriser le peuple revenu de ses illusions …


   Petite lueur d’espoir au moment où les défaillances de notre classe politique ne cessent de se manifester : les initiatives citoyennes se multiplient pour prendre en main les affaires de la Cité. Aux élections municipales de mars 2026 plus de 800 listes citoyennes participatives ont candidaté pour assurer une gestion plus démocratique de leur commune.


Hubert Reys, pour le Clairon de l’Atax le 21/05/2026


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