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Impressions sur les municipales 2026 à Narbonne

   Les périodes électorales sont pain béni pour tous ceux qui prétendent éclairer l’opinion sur tout ce qui s'y passe et va s'y passer : politologues, journalistes, sociologues, historiens, polémologues, démographes, experts patentés ou auto proclamés et j’en passe. Il y a même ceux qui expliquent à l’opinion ce qu’elle pense : sondeurs, ou plus récemment influenceurs.

   Plus la campagne avance, plus on s’engage et plus l’imaginaire vient divertir le rapport au réel : tantôt on rêve à des scores qu’on n’aurait jamais osés, tantôt on s’abîme dans un pessimisme infondé. On quête des confirmations auxquelles on ne fait pas confiance et celà empire jusqu'au jour des élections...


   Et puis l’élection terminée, arrive l’heure des bilans. Ceux qui ont gagné, résistent plus ou moins bien à l’autosatisfaction en s’attribuant ou non, tout le mérite de la victoire, selon qu’ils oublient ou non les interrogations et les affres de la campagne qu’ils ont menée. Ceux qui ont perdu s’attribuent rarement la responsabilité de l’échec et tentent souvent de l’externaliser, ou tout au moins de la partager avec tel ou tel bouc émissaire. C’est le temps des récits que l’on construit pour domestiquer ses affects, stimulés par les effusions de la victoire ou au contraire par la détresse de l’échec. Ces récits vont se renforcer avec le temps et le cas échéant, étayer des illusions fondatrices d’un nouvel engagement politique…


   Tout ça pour dire que les commentaires qui suivent ne constituent pas une analyse de ce qui s’est passé à Narbonne. Ce sont juste des impressions, énoncées par un témoin engagé activement à gauche dans ces municipales.


   La première impression concerne l’absence de toute réflexion idéologique, de tout débat en commun sur le sens, sur ce qui fonde l’action que l’on entend mener. A qui et selon quelles modalités, on veut donner le pouvoir de décider de ce qui relève du commun.

En lieu et place, on a assisté à une démarche purement organisationnelle autour de la question -quel chef ? quelles troupes ?-, réglée à coup d’apartés, en fonction d’un canevas préétabli sur la base d’une prééminence du PS et de son candidat.

   Dès lors, la démarche initiée par le collectif citoyen « Une seule gauche pour Narbonne » ne pouvait être acceptée par la coalition composée des Écologistes, du PCF, de Place publique, Génération.S, Nouvelle Donne, etc. qui trouvaient dans le canevas du PS un moyen d’augmenter leur visibilité aux yeux de l’opinion, tandis qu’« Une seule gauche pour Narbonne » proposait une démarche programmatique débouchant sur le choix des candidats tête de liste, alors que ceux-ci étaient déjà désignés.

   Devant l’impossibilité d’un accord avec la coalition formée autour du PS des militants d’une seule gauche pour Narbonne ont créé le collectif citoyen « Nous Sommes Narbonne » (NSN) qui a constitué une liste candidate fondée sur les principes de la démocratie directe.

   Le même sort a été réservé au MCN (Mouvement Citoyen Narbonnais), partenaire du PS dans l’opposition municipale (2020 / 2026) mais tenu à l’écart, malgré ses tentatives d’un rapprochement au sein d’″Une seule gauche pour Narbonne″.

   Pour LFI la perspective d’un rapprochement avec la liste conduite par le PS a rapidement été caduque, en raison de la maladresse farouche de certains de ses représentants, mais aussi du rejet de principe de toute alliance avec LFI alors en vogue au PS et chez ses partenaires. Par la suite en raison dissensions apparues au sein des groupes d’action LFI, certains de ses militants ont rejoint la liste NSN.


   La seconde impression concerne la campagne. Nouveau Narbonne et le Rassemblement National (RN) sont apparus comme menant une campagne certes offensive mais tranquille dans sa conduite, comme s’ils étaient assurés d’un succès. Celle de NN était basée sur une communication sobre et familière, de type ″business as usual″, celle du RN quasi inexistante, refusant même le débat et les interviews organisés par l’Indépendant, laissait les électeurs, estimés comme déjà acquis à la cause, faire leur boulot   

   De leur côté, Narbonne en Grand et NSN ont mené des campagnes bien plus actives reposant sur une communication intense sur les réseaux sociaux, avec un léger désavantage pour NSN, ce collectif étant parti un peu tard.


   La différence entre les campagnes de communication et leur efficacité se joue beaucoup sur la capacité des candidats à incarner la collectivité qu’ils aspirent à diriger. Selon l’apparence et le comportement du candidat et de ses colistiers, ils peuvent être reconnus ou rejetés ou reconnus par tel ou tel groupe d’électeurs. Si la discrétion du candidat RN l’a peu exposé à cette épreuve, celle-ci a été réussie pour le candidat du Nouveau Narbonne, conforme aux représentations positives d’une majorité de ses concitoyens quant à ″ce que doit être un maire″. Il en est de même pour le candidat de NSN et ses colistiers, apparus sur le terrain et sur les réseaux dans de nombreux clips, comme ″accessibles″ et ″familiers″ à leur électorat potentiel.

   Par contre les appréciations diffèrent pour le candidat de Narbonne en Grand, desservi par ses postures et son attitude, notamment lors du débat organisé début mars par l’Indépendant et ressenties par une partie de l’opinion comme désinvoltes et inappropriées chez un candidat aux fonctions de Maire.


   Dans une époque ou l’image règne sur l’écrit, l’apparence prend le pas sur le contenu Bien  sûr on peut considérer que cette apparence est futile dans le contexte éledtoral actuel et que le respect des électeurs ne se manifeste pas par l'apparence des candidats qui postulent à leur représentation. C'est faire une grave erreur et nier l'importance du symbolique et de son impact sur l'imaginaire des électeurs...


   A défaut d'attentions symboliques, on propose toutes sortes de signifiants pour convaincre l'électorat : on proclame son identité politique, sa déterminqtion et son appartenance à tel courant, tel parti, tel mouvement, telle "sensibilité", tel "ADN"…et puis le contexte change : l’alliance avec l’adversaire, jadis rejeté, devient recherchée, puis dénoncée à nouveau, la sensibilité évolue et l'ADN se "déchaine" (sic)…


   Insoutenable légèreté ! Alors à qui à quoi se fier ? Peut-être aux apparences…


Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 23 /03/2026


Commentaires (1)
Noté 5 étoiles sur 5.
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Moineau
24 mars
Noté 5 étoiles sur 5.

Bien vu, l'aveugle ! 🙂

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