La relance du nucléaire français est-elle pertinente ?

Le 25 septembre 2025, comme chaque année, est paru le rapport intitulé "Word Nuclear Industry Status Report". Il permet de situer le nucléaire français, dans le cadre de l'évolution mondiale de cette source d'énergie
Chaque année, une équipe de dix-huit auteurs interdisciplinaires basés en Autriche, au Canada, en France, en Allemagne, au Japon, en Lituanie, au Mexique, en Afrique du Sud, à Taïwan, à Türkiye et aux États-Unis, dans des institutions académiques prestigieuses comme l'Université Nagasaki, l'Université de la Colombie-Britannique, l'Université technique de Berlin, l'Université de Johannesburg et l'Université des ressources naturelles et des sciences de la vie (BOKU), et des fondations estimées telles que Bellona et Sasakawa, produit un rapport intitulé « Word Nuclear Industry Status Report » ou en français : « Rapport de situation sur l'industrie nucléaire mondiale ».
Ce réseau de spécialistes, est coordonné Mycle Schneider, un expert indépendant basé à Paris.
Les enseignements du “Word Nuclear Industry Status Report 2025”
Il présente tout d’abord un état des lieux :
- Il y a actuellement environ 400 réacteurs en fonctionnement dans le monde, Leur âge moyen est de 32 ans sauf pour la Chine dont l’âge moyen se situe entre 11 et 12 ans. (Ndlr. : à titre de comparaison l’âge moyen du parc nucléaire français est de 40 ans)
- Les parcs nucléaires vieillissent rapidement particulièrement pour las USA et la France respectivement 1eret 3ème en nombre de réacteurs installés.
- Si la production d’électricité mondiale ne cesse de croître, la part du nucléaire dans le monde ne cesse de décroitre : en 1996 elle représentait 17,5 % du mix énergétique mondial, en 2024 elle baisse à 9 %. Même en Chine où la construction de réacteurs est plus récente la part du nucléaire ne représente que 4,5 %, compte tenu du développement des énergies renouvelables et particulièrement du solaire. Ce paradoxe s’expliquerait par la difficulté à mettre en œuvre des projets nucléaires en raison de leur coût et de la longueur des chantiers
Le nucléaire se présente comme une industrie en déclin dont l’activité actuelle en matière de construction met en jeu des acteurs comme la Chine et la Russie et qui équipent en réacteurs des pays comme le Pakistan, l’Egypte, la Turquie, mais les statistiques ne montrent aucune renaissance selon Mycle Schneider.
Selon le rapport, ce déclin risque de s’accélérer en raison du vieillissement du parc des pays les plus équipés comme la France et les USA. Pour compenser les fermetures prévues, il faudrait en plus des réacteurs planifiés ou en chantier, en construire 44 autres et les mettre en service d’ici 2030 pour maintenir la production actuelle.
Alors pourquoi le plan de relance français ?
Dans un entretien relatif à la publication du rapport WNISR2025, Mycle Schneider expliquait que l’engouement actuel des dirigeants français et d’une partie de la classe politique se fondait surl’idée que le maintien du nucléaire civil permettait d’épargner des coûts au nucléaire militaire, comme l’éducation, la formation, la recherche, le développement, etc. Ces coûts très importants ne seraient pas acceptés dans le cadre d’un budget militaire ; qui impacteraient les budgets militaires. Il appuie son argumentation sur le constat que la quasi-totalité des réacteurs en construction à la fin 2025 est le fait de pays détenteurs d’armes nucléaires….
Pour en savoir plus sur le rapport WNISR2025,lien :
https://www.worldnuclearreport.org/World-Nuclear-Industry-Status-Report-2025
Hubert Reys pour le Clairon de l’atax le 22/04/2026
