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Pour la seconde année une marche des fiertés est organisée à Narbonne

Cela s’appelle ″Marche des Fiertés″, mais ça ne se limite pas à cela. Il s’agit d’une fête pour se rencontrer, mais aussi pour se faire connaître et défendre ses droits.

Hubert Reys

Batucada (photo HR)

Un peu d’histoire


   L’idée est ancienne : elle serait née après une rafle particulièrement violente de la police dans un bar gay de New York en 1969.

   Cette époque n’est pas révolue : la tentation de se construire dans le rejet de l’autre perdure encore aujourd’hui. Mais à l’époque, 1968 était passé par là et le « vieil ordre des choses » avait été bousculé un peu partout dans le monde. Alors, en réaction à ces violences policières, des émeutes se sont produites à Greenwich Village et se sont généralisées en une révolte spontanée de la communauté LGBTQIA+ (*). A partir de cette révolte, des mouvements de défense s’organisèrent, entrant ainsi dans le champ du politique, grâce notamment à l’engagement militant de certaines des personnes raflées.

   Un an plus tard, ces mouvements ont lancé à New York, Los Angelès et Chicago des marches commémoratives de cette rafle. Les « Pride Parades » et les « Marches des Fiertés » y trouvent leur origine. 10 ans plus tard la première marche était organisée en France.


Une journée festive mais aussi démonstrative et de revendication


   Le collectif « Fiertés Narbonne » avait bien fait les choses. Il y avait tout d’abord le village associatif et ses stands sur le parvis du Théâtre-Scène nationale de Narbonne. Diverses associations et ONG y avaient installé leurs stands, mais on y trouvait aussi de quoi manger et boire, des ateliers créatifs (Maquillage, décoration de chars, création de pancartes, etc.) ainsi que des artisans locaux.

   Au sous-sol du Théâtre-Cinéma, dans les nouvelles installations, une projection de courts métrages était proposée au public


   Tandis qu’une foule de plus en plus nombreuse s’assemblait en joyeuses retrouvailles sur le parvis, circulant entre les stands et les activités, ou s’installant sur les gradins pour discuter ou simplement écouter la sono des GJ, une dernière touche était apportée aux chars et aux tenues…


   Comme annoncé, à 12h30, avec une ponctualité à rendre jalouse la SNCF, le signal de rassemblement du cortège a été donné par une batucada, tandis que les chars se mettaient place. Et c’est dans un joyeux charivari que la marche des fiertés, scandée par la batucada et les sonos des DJ, perchés sur les chars, a fait le tour du cœur de Narbonne, propageant une ambiance de fête et de gaité sous un soleil ardent.


Mais cette fête et la marche qui l’a prolongée ne peuvent se réduire à un moment superficiel. Les pancartes et les slogans qui accompagnaient le défilé en témoignent : les objectifs étaient multiples.


  • - Il s’agissait d’abord d’exister, de se reconnaitre ensemble, nombreux, dans un espace-temps de célébration et de solidarité et d’affirmer que l’identité de genre ou l’orientation sexuelle ne sont pas des sujets de honte

  • - Il s’agissait ensuite de mener une action politique : à la fois en luttant contre toutes les formes de discrimination (lois, usages coutumes, violence.) et en faisant avancer les droits des personnes LGBTQIA+ ; mais aussi en informant le grand public des enjeux et réalités qui les concernent. Car il reste encore beaucoup à faire, tant en termes de droits qu’en termes de reconnaissance sociale, à une époque où l’extrême droite semble se rapprocher du pouvoir.


La journée s’est prolongée par une soirée festive à la Bergerie de Complazens à Armissan.


Cette deuxième « Marche des Fiertés » a été incontestablement un succès, s’il faut en croire l’accueil fait par le public à ce défilé bigarré et souriant. Il semble aussi que les participants à ce rassemblement LGBTQIA+ ont été plus nombreux qu’en 2025. En dehors du plaisir de se retrouver ensemble, l’opération de communication a été incontestablement réussie. Certains politiciens locaux en recherche d’audience ne s’y sont pas trompé, en se faisant voir dans le défilé et en le faisant savoir…


Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 31/05/2026


(*) LGBTQIA+ = Lesbienne, Gay, Bisexuel·le, Transgenre, Queer, Intersexe, Asexuel·le, + (Inclut toutes les autres identités de genre et orientations sexuelles non représentées explicitement)




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