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  • Narbonne : une conférence d’Edwy Plenel sur la liberté de la presse | Le Clairon

    Narbonne : une conférence d’Edwy Plenel sur la liberté de la presse Invité par la section narbonnaise de la Ligue des Droits de l’Homme, qui organisait pour la première fois une -Semaine de la liberté de la Presse-, le journaliste Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde et fondateur du journal numérique Médiapart a donné une conférence riche d’enseignements Edwy Plenel, la force des convictions (photo HR) L’amphithéâtre du musée Narbo Via était comble ce samedi 9 mai 2026. Pendant près de 2 heures Edwy Plenel à captivé son auditoire, en lui donnant une leçon d’histoire, d’éthique démocratique et de journalisme. Les fondements historiques de la liberté de la presse Edwy Plenel a tout d’abord expliqué à l’auditoire que la démocratie n’était jamais acquise et que les sociétés démocratiques peuvent connaître des périodes ″d’abaissement ″ comme celle qu’a connu la France sous le régime de Vichy, où une partie des élites gouvernantes, mais aussi de la presse, ont accompagné cet abaissement. A ce propos il cite Camus qui travaillait pour le journal "Combat" et qui appelait à l’automne 1944 « à libérer la presse de l’argent ». Il se réfère ensuite à l’histoire qui montre à quel point la démocratie est un état fragile, menacé en permanence par les puissants, qu’il s’agisse jadis de l’aristocratie, ou aujourd’hui des pouvoirs d’argent. Plus que les élus et les organisations diverses qui régissent nos vies, nous sommes les héritiers et les gardiens de la démocratie, en vertu de ce droit fondamental proclamé le 13 août 1789 par la Déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen (DDHC) : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Car la démocratie est un mouvement qui s’institue par la création permanente de la société, mais cela implique qu’un principe fondamental l’irrigue : le droit de savoir . Ce droit est une nécessité : pour Plenel il fonde le travail du journaliste qui est porteur d’un enjeu de connaissance, car celle-ci permet au peuple d’exercer ses responsabilités citoyennes. Dès 1789, avant même la DDHC, le premier maire de Paris Jean-Sylvain Bailly, déclarait : « La publicité est la sauvegarde du peuple » autrement dit, tout ce qui implique le sort du peuple doit lui être révélé. Encore faut-il que le peuple puisse faire profit de ce qui lui est révélé : Plenel appelle alors Victor Hugo à la rescousse à qui l’on prête l’idée « d’élever le pays en élevant le langage ». Si le peuple à le droit de savoir ce qui se passe, encore faut-il qu’il soit en mesure de comprendre ce qui se passe, d’où la conviction d’Hugo du rôle de l’éducation, de la maîtrise du langage, de la littérature, vecteurs de l’émancipation sociale et politique du peuple. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen acte aussi en août 1789 le droit de communiquer librement ses pensées et opinions, mais il faudra encore attendre pour que ce droit devienne une « valeur protégée ». C’est ainsi que la censure de la presse étable par Napoléon 1er ne sera abolie que le 4 mars 1848 sous la IIème République (1848 / 1852) avec l’organisation des premières élections de l’Assemblée nationale au suffrage universel masculin. Dans un tel contexte, liberté de la presse et suffrage universel vont de pair. Ils confèrent aux élus une légitimité nouvelle. De même, Il faudra attendre la IIIème République et la loi du 29 juillet 1880 pour que la liberté de la presse soit reconnue comme la règle. Ce qui ne l’empêche pas d’être rejetée à de nombreuses occasions par des régimes « non démocratiques » comme c’est encore le cas actuellement. Dans de nombreux pays, les journalistes sont empêchés d’exercer leur travail, voire éliminés.,(Cf. Palestine / Gaza). Pour Plenel nous vivons actuellement un moment où nous avons des pouvoirs politiques qui considèrent que la légitimité des élections écrase toute autre légitimité. Il donne en exemple les USA où Trump est réélu malgré les affaires judiciaires qui le concernent… Au niveau mondial nous constatons qu' ici et là des pouvoirs issus d’élections, ne respectent pas les droits démocratiques. Ainsi nous pouvons nous retrouver avec des élus anti-démocratiques pour qui la démocratie se résume à la procédure de vote. Ils accèdent au pouvoir par diverses manipulations de l’opinion, soutenus par la ″bonne″ propagande et les ″bons″ médias et qui empêchent, une fois élus, toute vitalité démocratique et les contre-pouvoirs…. C'est dans un contexte identique qu'il considère qu’en France « nous jouons notre avenir tous les 5 ans à la roulette russe » car nos institutions n’ont cessé depuis près de 20 ans de renforcer le pouvoir présidentiel. Il s’agit d’un pouvoir absolutiste qui n’en fait qu’à sa tête, comme le montre le dernier exercice en cours. Ce pouvoir actuel s’émancipe du dialogue avec la société, dédaigne le Parlement, méprise la presse, empêche le dialogue social et même, dans certaines situations, la recherche de la vérité des faits. Face à cela Plenel réaffirme que le peuple est comptable du droit de savoir… Ce droit de savoir n’est pas seulement le droit de débattre, c’est un droit qui parle d’information et pas d’opinion. Il s’agit d’une question importante : l’école mais aussi la presse doivent contribuer à l’établissement de cette information qui considère les faits et non leur interprétation subjective… Il constate une évolution dans le traitement de l’information depuis les années 1970, où la diversité des sensibilités politiques ou des statuts professionnels ne pesaient pas sur la présentation des informations ce qu’il résume en : « une information est une information ». A l'époque, une information importante était partagée et traitée : « ce n’était pas le règne des oublis ». La Vérité des faits comme éthique du journalisme Pour Plénel, un monde commun, une culture démocratique, un espace public démocratique, ce n’est pas le règne des opinions. Ce n’est pas non plus celui des préjugés, ou des croyances, ou encore la communauté de l’un contre celle de l’autre… Sinon c’est la guerre de tous contre tous. Il cite Hannah Arendt qui, dans un essai intitulé « Vérité et politique », décrit 2 sortes de vérités. D’une part, une vérité qu’elle appelle « de raison » qui est multiple, de l’ordre du discours et qui existera toujours, quels que soient les arguments auxquels elle se réfère... et de l’autre, une vérité des faits. S’il n’y a plus de vérité des faits au cœur du débat entre les vérités de raison, il n’y a plus de monde commun, donc de rapport à la réalité. Selon Arendt les journalistes sont au cœur de cette vérité de faits et c’est pourquoi, souvent, les pouvoirs voient comme ennemis, non pas leurs adversaires politiques, mais les journalistes. Ces derniers ne sont pas dans un débat de rejet ou de stratégie partisane. En effet, la recherche de la vérité des faits est le cœur du métier de journaliste qui n’a pas besoin de plaire d’être sympathique, de dire ce qu’il pense personnellement... L’utilité sociale d’un journaliste est de produire cette vérité des faits, de produire du savoir… Or ce que nous voyons actuellement, c’est le surgissement de médias d’opinion qui n’ont qu’un rapport aléatoire à la vérité de fait. Des médias qui tombent du côté des vérités alternatives de Monsieur Trump, qui ne traitent pas les informations qui le dérangent mais qui construisent des légendes d’opinions qui le servent. Une question se pose avec le développement de la révolution digitale : si l’on se réfère au principes de la DDHC de l’égalité des droits, il y a des idées anti-démocratique qui ne devraient pas avoir droit de cité en démocratie, qu’il s’agisse de couleur de peau, de religion qui s’impose contre une autres, ou comme le proclame Zemour, que les hommes sont supérieurs aux femmes, etc. Ces opinions ne sont pas légitimes en démocratie, affirmer qu’elles le sont, au prétexte qu’en démocratie on doit pouvoir tout dire, c’est ouvrir la porte à ce qui la détruit. Pourtant c’est ce qui se passe depuis 20 ans avec la dérégulation du contrôle des médias. Ainsi des notions comme celle du "Grand remplacement" qui sont complotistes et profondément antidémocratiques ne cessent de se diffuser impunément dans notre société. La catastrophe commence par des mots et aboutit au génocide (il cite l’exemple du Rwanda et du rôle de la radio des Mille Colines). Il y a aujourd’hui un enjeu décisif : un bon média n’est pas un média au service de telle opinion : un bon média est ce:ui qui va apprendre au lecteur des informations qui vont lui être utiles…Il s’agit aujourd’hui de combattre le règne de l’opinion. On constate aussi une offensive contre le service public (radio et télévision), il s’agit selon Plenel d’une offensive des opinions. Il n’y est pas du tout question du rapport à l’information, du rapport à la vérité. La question est mondiale : dans certains pays comme les USA ou la Hongrie, lors des élections présidentielles, les candidats opposés à Trump ou à Orban n’ont pas eu la parole dans les médias dominants. Nous sommes depuis 20 ans dans la troisième révolution en matière d’information. Celle-çi est liée au développement du numérique, actuellement de l’intelligence artificielle. Tout dépend des usages qui en sont faits. Plus que jamais, une régulation des médias devrait être réfléchie et mise en place. Or nos dirigeants, toutes tendances confondues n’ont pas fait le travail. Une seule commission parlementaire de réflexion sur ce que devrait être une presse indépendante a été constituée ; elle a rendu en 2016 un rapport auquel a participé Plenel. Ce rapport Intitulé « Un nouvel âge démocratique », parle de la liberté de dire et du droit de savoir : il n’y a pas eu de suite à sa publication, il n’a pas été repris par les différentes législatures, mais tout est sur la table... Il y a aussi des propositions émanant de la presse indépendante, mais ça ne bouge pas. Or nous vivons en France une situation sans équivalent en Europe, il y a danger : la concentration des médias entre les mains du groupe Bolloré n’existe nulle part ailleurs. Or la démocratie d’un pays se mesure aussi par la place donnée aux contre-pouvoirs. (Plenel donne l’exemple de l’Italie). Ici, Bolloré contrôle à la fois la recherche et la réalisation de l’information, sa mise en forme et sa diffusion. Il s’agit d’une sorte de concentration unique qui pénètre tous les domaines de la culture. Ce quasi-monopole s’est constitué et fonctionne alors que les autorités de contrôle et de régulation, à savoir le Conseil supérieur de l’audiovisuel et l’ARCOM, n’ont pas fait et ne font toujours pas leur boulot. On ne peut pas livrer sans contrôle un canal public qui est un bien public il n’appartient pas aux opérateurs privés : il leur est donné comme une concession…On ne peut pas le livrer à des médias d’opinion. Le domaine médiatique public doit rester l’apanage d’une information centrée sur la vérité des faits. Plenel raconte ensuite le résistible développement des médias Bolloré soutenu par les mandatures successives depuis la présidence Sarkozy... Pour conclure, Plenel cite Mendés France, pour qui la démocratie c’est une culture, le respect de l’adversaire, c’est un code moral. Il fait ensuite un rapprochement entre le travail du journaliste et l’action de la justice. Le journalisme et la justice sont des marqueurs de la démocratie : on ne peut pas avoir une démocratie s’il n’y a pas un journalisme libre et une justice indépendante. A propos du premier procès de Sarkozy, il constate que le débat médiatique, favorable à l’ex président, accuse Mediapart d’avoir fait un faux qui a lancé toute l’affaire et les juges d’être partisans, alors que ces 2 acteurs sont justement ceux qui se consacrent à établir lla vérité des faits. A la liberté des journalistes il faut aussi réaliser la liberté des parquets qui, en France, dépendent des gouvernements. Edwy Plenel finit sa conférence en déclarant : « Nous sommes des fantassins des libertés fondamentales, peut-être nous étions-nous endormis... la crise actuelle nous réveille, Il fait ensuite appel aux jeunes générations et pour illustrer son propos, se réfère au personnage de Gavroche, symbole de détermination et de pugnacité, qui a inspiré le logo de Mediapart… La conférence se termine par une standing ovation et les applaudissements nourris du public. Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 11/05/2026 Boite noire : ce texte n’est pas un verbatim, mais un extrait de la conférence d’Edwy Plenel basé sur des notes imparfaites. Il manque beaucoup d’anecdotes et de digressions qui ont illustré et renforcé le propos d’Edwy Plenel. Banderole Mai 2025 avec QR Code 1000x325.jpg Banderole Mai 2025 avec QR Code 1000x325.jpg 1/1 comments debug Commentaires (2) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 2 notes Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Pat -7 j Noté 5 étoiles sur 5. Remarquable ! J'aime Répondre Vincent 15 mai Noté 5 étoiles sur 5. Excellent article qui met en lumière de façon très clair l'importance de la presse dans nos démocraties, sa fonction d'information, de contre-pouvoir et d'information du peuple pour lui permettre d'exercer de façon éclairée son pouvoir de décision. J'aime Répondre

  • Editorial (List) | Le Clairon

    Editorial List Qui gouverne actuellement et qui gouvernera la France en 2027 ? Politicien parisien déclarant sa candidature à la présidence de la République et son amour de la France au fin fond de l’Aveyron (Image Iphigénie Atrides) Lire la suite... Sur les ruines du barrage républicain Barrage qui cède (Image Iphigénie Atridès) Lire la suite... Impressions sur les municipales 2026 à Narbonne Dépouillement (Image par Felipe Blasco de Pixabay) Lire la suite... Municipales : lorsque le national étouffe le local Démagogue ou ami du peuple ? (Image par Gerd Altmann de Pixabay) Lire la suite... Vers la crise ? Financial-crisis (Image by Gerd Altmann from Pixabay) Lire la suite... La guerre ? Pour quoi, pour qui, contre qui, comment ? Fusil Lebel, modèle 1886 en service en 1940 Lire la suite...

  • Communiqué de presse : le 1er mai 2026 à Narbonne | Le Clairon

    Communiqué de presse : le 1er mai 2026 à Narbonne Après le succès historique de l'édition 2025 pour faire barrage à l’extrême droite, le Collectif 1er mai de Narbonne donne un nouveau rendez-vous ce 1er Mai 2026. Au programme, après la manifestation syndicale le matin, des concerts, des conférences et un grand village des luttes associatives et politiques de 12h à 19h au Palais des Sports, des Arts et du Travail et dans les jardins de la Bourse du Travail. Images du Collectif 1er mai Il y a un an, la menace se tenait à nos portes. Le Rassemblement National avait annoncé sa volonté de faire de Narbonne le théâtre de sa démonstration de force, espérant transformer notre ville en une nouvelle vitrine de son idéologie. Nous avons refusé cette fatalité. Sans attendre, habitantes, habitants, syndicats, associations et artistes ont uni leurs forces. Ce sursaut a pris la forme d’un événement inédit. Près de 8000 personnes se sont retrouvées, entre la remarquable manifestation syndicale du matin et le foisonnant village des luttes de l’après-midi. Nous avons opposé à leur meeting national fermé la ferveur d’une place publique ouverte, solidaire et joyeuse. Aujourd'hui, nous constatons avec une profonde satisfaction que le Rassemblement National a échoué à s'ancrer ici. Pourtant, un simple regard sur la carte de notre région interdit tout repos. À Béziers et Perpignan s'ajoutent désormais Carcassonne, Castres, Agde... L’extrême droite tisse sa toile, encerclant notre territoire. Cette géographie politique rappelle une évidence : la bataille culturelle contre les idées de rejet et de haine ne fait que commencer. Si notre 1er Mai 2025 fut une riposte, une réaction d'urgence face à une agression symbolique, notre 1er Mai 2026 sera une affirmation. Nous passons de la résistance à la construction. Pour faire face à une extrême droite qui prospère sur le repli identitaire et le cloisonnement des peuples, le Collectif a choisi de placer cette journée sous le signe de l’Internationalisme. Fidèles à nos pratiques autogérées, nous ne recevons de consignes de personne. Nos décisions naissent de nos assemblées. Le 1er mai prochain, nous retournerons au Palais du Travail. Nous commencerons notre journée dans la rue, aux côtés des syndicats, pour défendre nos conquis sociaux. Puis, le Palais du Travail et ses jardins redeviendra ce carrefour vivant où s'entremêlent débats politiques de fond, cantines solidaires et scènes musicales effervescentes. Le Programme de l'après-midi (12h 19h) : · Un Village des luttes : près de 30 stands réunissant les forces militantes locales, nationales et internationales. · Cantines Solidaires & Buvette locale : espaces de restauration proposant des repas solidaires et des produits locaux. · 6 Tables Rondes et Débats (14h - 19h) : des intervenants venus du monde entier (Syrie, Soudan, Chili, Kurdistan...) pour aborder : L'Internationalisme par le bas, Les actions féministes et de solidarité internationale (Iran, Rojava, Amérique latine...), L'Immigration, Guerre et impérialisme, Le colonialisme à la française, et la Solidarité internationale. · 2 Scènes Musicales (13h - 19h) : Massilia Reggae Club, Laurent Cavalier, Mc du Midi, Le Chiffon rouge, Happy lazy, Pitch Up, Lobo El & Otchei, Rap ABP et Camille en Bal. Nous invitons toutes celles et tous ceux qui refusent l'isolement, qu'ils vivent à Narbonne ou dans les villes voisines aujourd'hui gouvernées par l'extrême droite, à nous rejoindre. Face à leur monde de murs et de peurs, nous continuerons de bâtir le nôtre : un monde de ponts, de solidarité, et de joie tenace. Le collectif 1er mai Clairon.jfif Clairon.jfif 1/1 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Narbonne, inventer les filières de demain | Le Clairon

    Narbonne, inventer les filières de demain Quel avenir économique pour Narbonne ? Narbonne le centre (image Pixabay) Le temps est aux municipales, à Narbonne comme ailleurs. Dans le brouillard grisâtre des promesses convenues qui émanent des diverses candidatures partisanes, il nous semble que les propositions de Laurent Fabas, candidat de la liste « Nous sommes Narbonne, démocratique et populaire », tranchent par la qualité du diagnostic posé sur l’économie narbonnaise, le sérieux et la fiabilité des propositions argumentées faites aux Narbonnais. La rédaction du Clairon Narbonne est une énigme pour qui se contente de regarder les cartes postales ou les rapports de l'INSEE. D’un côté, notre attractivité ne se dément pas. De nouveaux habitants arrivent chaque année, le soleil attire les capitaux, et nos infrastructures de transport nous placent théoriquement au centre de gravité du Sud de la France. De l’autre, la réalité sociale grince. Le taux de pauvreté stagne autour de 20%. Le centre-ville lutte pour sa survie commerciale. La jeunesse diplômée s’exile faute de perspectives. L’attractivité n’est pas un projet politique, il s’agit d’un flux. Narbonne ne sait pas la canaliser. Son économie est une passoire. La valeur ajoutée est captée par des réseaux de rente locaux puis immédiatement évacuée vers l'extérieur. L’économie de la passoire L’économie narbonnaise repose sur un socle de transferts sociaux et de revenus de subsistance qui masque l’absence d’appareil productif propre. La prolifération des services de proximité, des enseignes de restauration rapide et des commerces de confort ne constitue pas un développement, mais une simple redistribution circulaire de richesses exogènes. Les pensions de retraite, les dépenses des touristes, les prestations sociales et les salaires de la fonction publique forment l’essentiel du carburant local. Cet argent circule brièvement entre le résident et le boutiquier avant de quitter définitivement le territoire pour rejoindre les centrales d’achat des grands distributeurs, les sièges sociaux des franchises nationales, ou le compte en banque lointain d’un propriétaire. Dans ce schéma, il y a des gagnants. Les banques, les études notariales et les conseils juridiques ont opéré une mutation stratégique vers la gestion de la rente foncière suite à l’affaiblissement du moteur viticole. Le sol agricole est transformé en actif immobilier. Le Plan Local d'Urbanisme ne sert plus ici une vision de la cité, mais fait office de mécanisme de création de valeur artificielle. L'acte administratif qui rend une parcelle constructible génère une plus-value immédiate, captée par un cercle restreint de promoteurs et d'intermédiaires, avocats et agents immobiliers. Si ces profils sont surreprésentés dans le paysage politique local, c’est parce que cette alliance entre la décision publique et les professions libérales du foncier constitue le véritable projet politique du territoire. L’étalement urbain, présenté comme une réponse à l’attractivité, représente en réalité une subvention déguisée à l'économie de la rente. La collectivité engage ses finances dans l'entretien futur de réseaux et d'équipements pour des lotissements qui ne produiront jamais aucune richesse autre que celle, unique, de leur transaction initiale. Ce modèle de développement par la pierre fige les capitaux locaux dans des actifs improductifs au lieu de les orienter vers la création d’emplois. Les prix de l’immobilier augmentent, les salaires stagnent. Les inégalités explosent. Les jeunes générations sont étouffées. Le secteur touristique illustre parfaitement cette industrie de l’extraction. Les volumes de fréquentation sont impressionnants, alors que le multiplicateur économique local demeure dérisoire. Narbonne offre son cadre de vie et assume la charge des externalités négatives comme l’usure des réseaux, la congestion de la circulation, la gestion des déchets ou les services de sécurité. La valeur ajoutée réelle s’échappe vers des plateformes de réservation américaines et des groupes hôteliers financiarisés. La ville s'appauvrit en réalité à mesure qu’elle reçoit, faute d’outils capables de sédimenter la marge sur son propre sol. Cette dépossession économique se double d'une érosion préoccupante de la compétence technique au sein même de nos institutions. Narbonne est devenue une ville-coquille qui a progressivement délégué sa capacité de penser et de concevoir. Le recours systématique à l’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage pour chaque étude stratégique, chaque grand projet urbain ou chaque réflexion sur les flux, signe un abandon de souveraineté locale. L’Agglomération ou la ville achète à prix d’or une intelligence standardisée auprès de cabinets de conseil lointains qui dupliquent des solutions hors-sols. Cette perte d’ingénierie interne empêche la constitution d’une mémoire administrative et d’une vision technique autonome. Elle place la puissance publique en position de faiblesse structurelle face aux grands concessionnaires de services urbains. Faute de cadres capables de contester les modèles économiques imposés par les géants de l’eau, des déchets ou de l’énergie, la collectivité subit des contrats qui assèchent ses marges de manœuvre. Parallèlement, le territoire exporte ses propres diplômés, faute de structures de haute technicité capables de les absorber. Ce déficit commercial de l’intelligence est sans doute la fuite la plus grave pour l’avenir de la cité. Le constat d'une ville qui se vide de sa substance sous un vernis de croissance démographique impose une remise en question totale de nos outils de gestion. Narbonne ne peut plus se permettre d'être l'hôte passif de flux qui l'appauvrissent. La sortie de l'économie de la passoire exige de briser le cercle de la rente immobilière et de reprendre en main les leviers de l'ingénierie et du droit. Construire une économie circulaire locale Vouloir conserver la valeur sur un territoire n’a rien d’un concept novateur. Il nécessite la création de nouveaux organes économiques, capables d'occuper les espaces délaissés par un marché local prisonnier de ses habitudes. Le premier outil de la collectivité est la commande publique. Il faut commencer par la penser différemment. Elle ne doit plus être une simple dépense de fonctionnement, mais un acte d'investissement dans notre propre souveraineté. Le droit de la commande publique regorge d’outils inexploités pour devenir un levier de structuration industrielle. La clause carbone est la plus connue, elle permet par exemple de sélectionner des entreprises de proximité. Mais il existe aussi des réglages plus subtils, comme le choix d’une taille de marché correspondant aux acteurs locaux. Ce genre de pratiques permet, pour commencer, de ne pas les exclure au profit de grands groupes nationaux. Il est également possible, sous conditions, de réserver certains marchés à des structures de l’économie sociale et solidaire. La Société Coopérative d’Intérêt Collectif représente à cet égard le véhicule juridique le plus abouti, car elle permet d’associer au capital la collectivité les producteurs les salariés et les usagers. Ces structures peuvent capter l'abondance des appels à projets et des financements de l’Europe, de l'État ou de la Région qu'une administration classique ne saurait saisir avec la même réactivité. L’ingénierie réside ici dans la rédaction des statuts qui doivent intégrer des principes de ″sourcing local″ et surtout l'acceptation préférentielle du Cers qui est notre monnaie locale. Ce verrouillage statutaire crée un automate du circuit court qui rend inutile toute intervention politique ultérieure pour garantir le localisme de l'action. Une fois la structure lancée, son objet social lui interdit de céder aux sirènes des fournisseurs lointains ou de la remontée de dividendes financiers. Tous les acteurs de l’économie sociale et solidaire n’agissent pas dans le champ concurrentiel. D’autres doivent être conçues comme des facilitateurs systémiques. Tel est le cas des Entreprises à But d'Emploi qui s’inscrivent dans le cadre de l'expérimentation « territoire zéro chômeur de longue durée » (TZCLD) dont 70 % des salaires sont financés par un programme de l’État. Elles peuvent occuper une fonction de service public industriel et commercial dont la rentabilité ne s’évalue pas à leur propre bilan comptable, mais aux bénéfices qu’elles génèrent pour le reste de l’écosystème territorial. Un tel acteur se positionne hors du champ concurrentiel pur, car il rend des services dont le coût de revient serait prohibitif pour une entreprise isolée, mais dont l’absence paralyse toute une filière. Qu’il s’agisse d’une plateforme logistique ou d’un centre de maintenance partagé, ces structures abaissent les barrières à l’entrée des entrepreneurs locaux. En assumant les investissements lourds que le secteur privé délaisse, la collectivité crée un environnement favorable où les structures du champ concurrentiel peuvent enfin prospérer et se développer sur le territoire. Le réarmement productif ne serait pas complet sans un instrument de protection de la liquidité locale. Le Cers, la monnaie locale complémentaire du Narbonnais, doit sortir de sa dimension militante pour devenir un pilier de notre stratégie de souveraineté. L’idée est simple, lorsqu’un agent économique détient un moyen de paiement, il va se fournir préférentiellement chez des agents qui l’acceptent pour s’épargner les frais de change au taux de : un Cers pour un Euro. Détenir des Cers pousse à consommer local, et cette inclination se transmet avec la monnaie. Le rôle de la collectivité dans une monnaie locale qui réussit, est de mettre ces Cers en circulation. Elle peut verser des primes à ses agents en monnaie locale sur la base du volontariat, ou mettre en place un programme de ″cashback″dans des commerces partenaires, en donnant des Cers pour chaque achat à la manière d’un bon de fidélité territorial. Les résidents, comme les touristes ont alors dans les poches un moyen de paiement qui n’est utilisable que sur le territoire. La collectivité peut aussi favoriser l’acceptation de la monnaie. Lorsque les associations subventionnées et les délégataires de service public acceptent la monnaie locale, un débouché naturel est créé, ancrant cet outil dans le paysage. Le délégataire qui gère l'eau ou les transports doit être contraint d'accepter notre monnaie locale, ce qui force la circulation de la richesse au sein de notre tissu économique. Chaque unité de Cers circule plus fréquemment et plus rapidement au sein du tissu narbonnais qu’un euro classique, ce qui augmente mécaniquement l’activité économique globale sans injection de capital supplémentaire. Cette étanchéité monétaire assure que l’effort consenti par la commande publique pour créer des filières locales ne profite pas à des intérêts financiers extérieurs. Maîtriser le foncier La maîtrise du sol constitue la condition première de toute politique de réarmement industriel et agricole. À Narbonne comme ailleurs, le foncier n’est pas une marchandise neutre mais la matière première de notre autonomie. Créer des outils productifs et des circuits monétaires étanches est inutile, si le Plan Local d’Urbanisme continue de privilégier la rente résidentielle au détriment de l’activité réelle. À Narbonne, le risque d’inondation et le choix de protéger nos espaces naturels ont formé une limite bien avant que la loi n’impose comme objectif la fin de l’artificialisation nette des sols. Jusqu’à présent la croissance narbonnaise s’est faite par la facilité de la consommation d’espaces naturels pour construire des lotissements dont le rendement fiscal est illusoire face aux coûts de gestion des réseaux et des services publics. Chaque hectare encore disponible doit être considéré comme un actif stratégique pour la souveraineté du territoire. Nous ne pouvons plus nous offrir le luxe de gaspiller nos dernières réserves foncières pour de la promotion immobilière de confort, alors que nous manquons de surfaces pour implanter nos ateliers. Le document d'urbanisme, qui doit être révisé doit acter le passage d'une gestion de flux résidentiels à une gestion de stocks productifs. La création des structures de l’économie sociale et solidaire nécessite une protection réglementaire absolue du foncier économique. Le marché, laissé à lui-même, poussera toujours vers l’usage le plus rentable à court terme. Si nous voulons que nos entreprises productives puissent s'installer, elles doivent avoir accès à un foncier dont le prix est déconnecté de la spéculation résidentielle. Cela peut se faire par des servitudes intégrées dans le règlement d’urbanisme, et en transférant la propriété foncière d’actifs stratégiques à des structures dont l’objet est de les protéger de la spéculation immobilière. La mise en œuvre d’un tel urbanisme de production se heurtera inévitablement aux réseaux d'influence qui prospèrent sur le modèle actuel. Le tout résidentiel est une impasse financière pour la collectivité. Les taxes perçues sur les nouveaux habitants ne couvrent jamais les investissements nécessaires en écoles en voiries et en équipements publics. À l’inverse l’implantation d’activités productives sur un foncier maîtrisé, génère une richesse réelle et des emplois stables qui consolident la base économique du territoire. La défense du foncier industriel est donc la véritable politique de défense du pouvoir d'achat des Narbonnais, car elle garantit la pérennité de notre modèle social local. L’urbanisme est la traduction spatiale d’une vision du monde. En laissant le marché dicter l’usage de notre sol, nous acceptons la disparition programmée de notre potentiel d’autonomie au profit d’une fonction de cité dortoir pour touristes et retraités. Notre territoire possède tous les atouts pour redevenir une place forte de la production et de l’échange à condition de cesser de consommer notre avenir pour simplement loger notre présent. Commencer par l’autonomie alimentaire Narbonne ne produit pas ce qu'elle mange. Notre territoire viticole excelle dans la vigne mais a délaissé le reste pendant longtemps. La vigne a reculé. Elle ne reviendra pas. Nous dépendons presque totalement des camions venus d'Espagne ou d'ailleurs pour nos produits frais. Cette dépendance constitue une faiblesse stratégique majeure. Elle nous expose aux fluctuations des prix et à la concurrence brutale du maraîchage intensif espagnol. Il ne s’agit pas de demander aux agriculteurs de se lancer dans le vide face à des marchés mondialisés. La solution est de créer un marché captif et sécurisé. La restauration collective est un puissant levier de commande. Écoles, crèches et foyers représentent un besoin annuel de centaines de tonnes de légumes. Cette demande existe. Elle dépend de la commande publique. La ville peut ainsi garantir aux maraîchers et aux bergers l'achat de leur production à un prix juste et contractuel qui leur permet de se projeter. Pour atteindre la taille critique nécessaire à la viabilité de ces outils de production, l'agglomération doit nouer des partenariats stratégiques avec d'autres institutions du territoire. En associant les besoins du centre hospitalier et ceux des lycées gérés par la Région, le volume de commande sécurise l'investissement. Ce facilitateur ne concurrence pas le monde agricole, mais il lui ouvre les portes d’un marché public, qui lui était jusqu’alors fermé par manque d'infrastructures de conditionnement. La terre agricole en friche et irrigable ne manque pas autour de Narbonne. Elle doit être libérée, pas pour les amis d’un adjoint, mais en direction de l‘utilité publique. La collectivité peut porter le foncier, moderniser les réseaux d’irrigation et déployer l’utilisation des eaux usées traitées. Au lieu de laisser cette ressource précieuse se perdre en mer, elle doit être redirigée par un réseau de canalisations vers nos plaines pour sécuriser l’irrigation du maraîchage et des cultures fourragères, indispensables à notre future filière laitière locale. C'est un projet de génie civil ambitieux, qui place Narbonne à l'avant-garde de l'adaptation climatique, en créant une boucle circulaire de l'eau entre la ville et sa ceinture nourricière. L'ingénierie hydraulique conditionne notre capacité à produire. Un maraicher produit des légumes bruts. Une cantine cuisine des légumes prêts à l'emploi. L’ambition d’une alimentation totalement locale pour les cantines narbonnaises, se heurte à l’absence d’outils de transformation primaire. Le chaînon manquant est ici physique et logistique. La création d’une structure dédiée à cette transformation constitue la réponse opérationnelle pour traiter les légumes, mais aussi pour relancer la filière de l’élevage. La production locale de yaourts et de produits laitiers transformés sur place, permettrait de recréer une économie pastorale dans notre arrière-pays. Ce projet dépasse le cadre du simple jardinage municipal. Il structure une filière économique complète. Il crée des emplois non délocalisables. Il rétablit une boucle vertueuse entre le producteur local et l'assiette de l'écolier. Et cette boucle est disponible pour se développer au-delà : pour répondre à la demande de ceux qui veulent utiliser leurs Cers pour s’alimenter localement. Au-delà de cet exemple alimentaire, la collectivité peut bâtir des filières dans tous les domaines techniques en utilisant ses leviers de commande et de foncier. La position de carrefour de Narbonne est pour cela un atout aujourd’hui sous-exploité qui doit devenir le moteur de notre réindustrialisation. Notre façade maritime et notre port en extension ne doivent plus être regardés comme des infrastructures étrangères ou de simples lieux de transit, mais comme le socle d'une nouvelle ambition productive. Nous pouvons transformer notre nœud logistique en un véritable atelier européen de maintenance et de transformation, pour enfin cesser de regarder passer les richesses sur nos autoroutes et nos rails sans jamais les capter. Laurent Fabas le 19/01/ 2026 1/0 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Jonquay 25 janv. Noté 5 étoiles sur 5. Merci pour cette analyse économique de Narbonne, hyper réaliste et bien articulée. Si bien que les outils à utiliser pour que la population défende sa dignité existent déjà et sont limpides. Il reste à s'en saisir. J'invite la gauche narbonnaise à sortir de ses poncifs, de ses oukases et de son ostracisme. Un vrai programme commun communal et dès le premier tour, les égos après. J'aime Répondre

  • Corbières : Ne choisissons pas le désert | Le Clairon

    Corbières : Ne choisissons pas le désert Le département de l’Aude vient de lancer un appel d’offres pour la maîtrise d’œuvre de l’immense chantier que constitue le traitement des zones brûlées l’incendie des Corbières en août 2025. Il s’agit de la collecte des bois brûles, de leur exploitation, du réaménagement et de la sécurisation des secteurs impactés. Cette opération a été cadrée par un arrêté préfectoral du 9 mars 2026 la déclarant « d’intérêt général et d’urgence » (DIGU). Mais est-ce la bonne méthode qui a été choisie ? Corbières calcinées (IPhoto LF) Huit mois après le brasier, l'odeur âcre de la sève brûlée a fini par quitter les vallées des Corbières. Le vent de Cers a balayé les cendres. Les pouvoirs publics ont spectaculairement accouru au chevet des vignerons sinistrés et ont arrosé les souches calcinées de chèques de secours pour maintenir l'économie locale sous perfusion. La crise structurelle est toujours là. La vigne recule. Les broussailles préparent déjà silencieusement le combustible des futurs enfers estivaux. Loin des grands domaines agricoles, notre massif se caractérise par ses petites unités foncières. Une multitude de parcelles minuscules témoignent du temps où nos ancêtres ont conquis les garrigues à la recherche de subsistance. Ils n’avaient alors que leur dos pour porter les pierres et dessiner notre paysage pour les siècles à venir. Ce foncier rocailleux et pentu ne présente aucune valeur marchande. Leurs héritiers ont souvent quitté les Corbières ou n’ont parfois jamais su où se trouve leur héritage. Pourtant ces lopins de terre incarnent pour beaucoup l'attachement aux racines familiales. Ces petits propriétaires contemplent leurs pins noircis avec angoisse. Ils ignorent totalement comment financer un nettoyage hors de prix. Une bataille feutrée se joue aujourd'hui autour de ces lopins de terre. Le Conseil Départemental a dégainé un outil d’exception, une ″Déclaration d'Intérêt Général d’Urgence″ . Cette procédure autorise l'administration à pénétrer sur une propriété privée sans aucun accord préalable pour y abattre les arbres morts et vendre la biomasse pour financer ses politiques publiques dans un contexte de budget exsangue. Pourtant, certains propriétaires forestiers avaient ébauché une autre option, une ″Association Syndicale Libre de gestion Forestière″. Cette structure vise à rassembler les détenteurs de ces confettis fonciers. Elle permettrait de mutualiser les chantiers forestiers et de conserver le contrôle des coupes et de leurs revenus. Les Corbières ressemblent désormais à un immense gâteau calciné prêt à la découpe. Après le festin, pendant un certain temps, le massif sera sécurisé car un désert ne brûle pas. Puis il sera recolonisé par les pins d’Alep et le cycle recommencera. La Confédération Paysanne plaide pour un autre avenir. Le syndicat agricole supplie les autorités de broyer le bois sur place pour nourrir des sols méditerranéens gravement menacés par l'érosion et dont l'épuisement rend illusoire toute valorisation agricole après la vigne. Car il existe une alternative au désert, la reconquête agricole. Celle-ci nécessite de briser le verrou du morcellement. La coopérative agricole d’intérêt collectif Graines Équitables propose une méthode en s’appuyant sur d’importantes subventions d'État. Cette structure ambitionne d'effacer les friches carbonisées ou carbonisables pour y semer des céréales en gérant collectivement la terre. Les fausses bonnes solutions : lorsque l’illusion comptable cache l’erreur économique et environnementale Le Conseil Départemental affronte une équation budgétaire redoutable. Sécuriser les immenses étendues carbonisées exige des millions introuvables. En réponse, l'administration a conçu une stratégie ingénieuse pour agir tout en allégeant la pression sur les finances publiques. La Déclaration d'Intérêt Général d’Urgence permet d'aller vite. Aucune enquête publique n’est requise, les propriétaires apprennent le projet quand la décision est déjà arrêtée par le préfet. La collectivité rase les versants pour vendre la biomasse et rembourser le coût des travaux. La filière du bois énergie récupère logiquement une matière première abondante et utile. La manœuvre allie une brillante efficacité comptable et une protection immédiate contre les futurs brasiers. Il convient néanmoins de questionner la pensée écologique, au sens scientifique du terme, qui sous-tend cette politique. Le sol dénudé sera la proie de l’érosion alors que la matière organique péniblement produite en quelques décennies sera exportée et ne contribuera donc pas à l’amélioration du potentiel agronomique des Corbières. Le Département choisit la désertification, il choisit d’accompagner le déclin et bientôt l’exode. Le montage en lui-même est juridiquement très fragile. Le Département s’est donc fendu d’une lettre invitant les propriétaires que ce nettoyage gratuit ne satisferaient pas, à prendre leurs dispositions. L'Association Syndicale Libre de Gestion Forestière des Corbières propose un autre modèle de répartition de la richesse. Certains propriétaires fonciers préfèrent encaisser le fruit de la coupe plutôt que de renflouer les caisses du Département. Tel est le cas de communes qui réalisent soudainement la valeur insoupçonnée de leurs propres parcelles ravagées. La loi impose des devoirs stricts d'entretien et de régénération aux détenteurs fonciers, le choc des incendies et parfois la lettre du département a fait prendre conscience à certains de leurs obligations. Ces milliers de citoyens sont incités à trouver des moyens financiers pour assumer une telle charge. Certains héritiers éloignés saisiront fatalement l'opportunité pour empocher un chèque rapide et continueront à se désintéresser de leurs collines. L'appât du gain immédiat déclenche néanmoins un mouvement de collectivisation inespéré et salvateur. Ce rassemblement foncier est de nature à sortir enfin ces minuscules lopins de leur abandon historique. L'outil de gestion collective pourrait ensuite dessiner un véritable avenir sylvicole pour les Corbières. Le projet peut être rejoint et quitté librement. Son horizon est le gain qui trouvent ses sociétaires. Une fois les coupes faites, ce gain s’évanouira pour quelques décennies jusqu’à ce que les forêts régénérées soient en âge d’être exploitées. Le préfet dispose d’un outil pour pérenniser le modèle de gestion collectif. Une Association Syndicale peut être Autorisée. Elle est alors un Établissement Public. Quitte à forcer la main des propriétaires récalcitrants, autant les fédérer obligatoirement pour bâtir une gestion forestière ambitieuse sur le temps long. La politique de gestion des forêts brûlées des Corbières semble ne pas, encore, être allée au bout de sa logique. Une alternative agricole émerge face au seul horizon forestier. La coopérative d'intérêt collectif Graines Équitables déploie un projet très ambitieux baptisé Fantas'Scic. Cette structure rassemble des agriculteurs désireux de reconquérir les espaces abandonnés. Le morcellement foncier constitue l'ennemi principal de toute remise en culture. Les porteurs de cette initiative bénéficient de confortables subventions étatiques issues du plan France 2030 pour structurer des filières locales. Ils ambitionnent d'effacer les buissons inflammables pour y semer du blé ou élever des brebis. La démarche séduit logiquement les petits propriétaires soucieux de redonner une vocation nourricière à leurs terres. Face à cette effervescence, la Confédération Paysanne alerte. Elle défend une idée simple. Les semences germent mal sur un rocher lessivé. La fertilité doit être restaurée et cela exige de conserver la biomasse au sol. Les militants paysans supplient les autorités de broyer les arbres calcinés sur place pour recréer une couche d'humus vitale. Le mur financier brise malheureusement ce noble élan écologique. Un chantier de broyage sans aucune exportation de matière coûte entre 1 500 et 3 000 euros par hectare. La Confédération Paysanne pose un diagnostic difficile à ignorer mais bute sur l’absence de volonté des décideurs publics d’y consacrer des budgets. Une donne climatique inattendue vient pourtant de bouleverser toutes les stratégies établies. Les violentes tempêtes de janvier 2026 ont couché des millions de troncs à travers le pays. Le marché national de la plaquette forestière subit actuellement un effondrement spectaculaire. Le cours du bois énergie s’effondre. Transporter les pins calcinés des Corbières vers de lointaines centrales industrielles a perdu en rentabilité. La conjoncture offre ainsi une opportunité de réconcilier la comptabilité départementale et l'agronomie paysanne. Les décideurs locaux doivent impérativement conserver ce bois dévalorisé sur notre territoire. L'enveloppe budgétaire dédiée à la transition agricole possède la capacité de racheter cette biomasse à très bas prix directement auprès des bûcherons. Cette manne végétale broyée descendra de quelques kilomètres pour amender les terres de la plaine ou les nouvelles parcelles de la coopérative. Une véritable boucle vertueuse s'offre aux élus audois. Les exploitants forestiers couvriront leurs frais de chantier grâce à un rachat garanti. Les agriculteurs en pleine reconversion trouveront un amendement naturel indispensable pour régénérer leurs terres épuisées. Le bois mort de la colline viendra simplement ressusciter la fertilité de nos Corbières. Les décideurs publics font désormais face à un choix crucial. La chute brutale des cours du bois n’est pas une simple péripétie économique, elle est un levier stratégique inattendu. Il est possible d’inventer un autre débouché local et vertueux qui renfloue les caisses du département en mobilisant les aides. La gestion purement extractive laquelle condamne les versants à l'épuisement. Les responsables politiques peuvent bâtir une réelle solidarité entre les hauteurs dévastées et les plaines agricoles. Ignorer la possibilité de réorienter les budgets de transition vers la préservation de la terre constituerait une erreur irrémédiable. La persévérance dans les habitudes administratives ou la rigueur comptable ne doit pas parachever l'œuvre du feu. L'avenir des Corbières repose sur la reconstruction de la fertilité de ses sols. Cette bataille n’est pas, encore, perdue. La survie du massif dépend désormais de la volonté des acteurs locaux à protéger l'épaisseur de cet humus vital. Laurent Fabas pour le Clairon de l’Atax le 19/04/2026 Clairon.jfif Clairon.jfif 1/1 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Burger 25 avr. Noté 5 étoiles sur 5. Excellente analyse prospective pour ce territoire dévasté il y a presque une année. Puissiez-vous vous être entendu par les politiques qui ne brillent guère d'inventivité et de sens du bien public J'aime Répondre

  • De la légitimité de nos représentants. | Le Clairon

    De la légitimité de nos représentants. Nous proposons à nos lecteurs ce texte du Narbonnais Joël Raimondi. Il s'interroge comme beaucoup de Française et de Français sur la question de la légitimité des élus censés nous représenter dans les différentes instituons politiques qui gouvernent notre pays. En cette période de grande confusion politique où les principes démocratiques dont nous nous réclamions sont mis à mal, quel rapport y a t'il entre les querelles qui agitent les états majors des partis et les préoccupations des citoyens ? N'est-il pas temps de s'interroger sur la légitimité de tous ceux qui se prévalent de nous représenter et de décider en notre lieu et place ? Politicien (Image by WALTER ANTONIO Boeger from Pixabay) Lire l'entièreté de l'article ICI . 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Municipales : lorsque le national étouffe le local | Le Clairon

    Municipales : lorsque le national étouffe le local Nous sommes à une vingtaine de jours des élections municipales. On aurait pu imaginer qu’à une telle échéance les médias fourmillent d’informations et de débats sur les situations locales, comparent et commentent les propositions des uns et des autres, éclairent le public sur des enjeux qui le concernent directement, etc. La réalité est plutôt décevante : l’actualité nationale occupe quasiment tout le terrain de l’information. Emouvoir une opinion impatiente La mort d’un jeune néonazi des suites d’une bagarre, opposant le 12 février dernier un groupe de militants d’extrême droite à un groupe de militants d’extrême gauche, continue 10 jours plus tard, à faire les gros titres de l’actualité et à secouer le monde politique. On peut s’étonner de la persévérance par des médias habituellement plus labiles à épiloguer sur cet assassinat, alors que depuis 40 ans les violences mortelles à caractère politique (59 morts attribuées à l’extrême droite pour 6 à l’extrême gauche), n’ont jamais été exploitées avec autant d’insistance. Ce qui change cette fois-ci, c’est la mise en spectacle de cet crime à coup de vérités ″alternatives″ mais aussi le rôle joué par la classe politique dans l’exploitation de l’évènement. Dès le premier jour, on comprend que la mort scandaleuse de ce jeune homme n’est pas la question. Le lien présumé de ses assassins avec la France Insoumise est fait immédiatement par les milieux d’extrême droite, en l’absence de toute enquête policière et de toute information validée par les autorités compétentes. Mieux encore, la mise en accusation de LFI ne tarde pas à être reprise, avec plus ou moins de hargne, par la classe politique, puis de manière plus allusive par certaines personnalités du gouvernement et de la macronie. Celles-ci cautionnent ainsi, avec l’autorité que leur donne leur fonction, mais toujours sans la moindre preuve, la thèse de la responsabilité de LFI dans l’assassinat de Quentin Deranque. Mais la curée n’est pas finie : surfant sur les passions ainsi déchainées dans l’opinion, le député d’extrême droite Ciotti propose à l’Assemblée Nationale d’observer une minute de silence en hommage au jeune néonazi. Et ça marche ! Sa proposition est validée par l’ensemble des groupes parlementaires, gauche comprise à l’exception de LIOT. Avec toute l’autorité que lui confèrent ses fonctions de représentation de la Nation, l’Assemblée Nationale, vient par son hommage à un néofasciste, légitimer l’extrême droite et reléguer une partie de la gauche, désormais qualifiée d’extrême dans le quartier des pestiférés. Pourquoi tant d’acharnement et de haine contre LFI ? Il faut tout d’abord constater qu’il s’opère depuis plus d’un demi-siècle, une lente attrition d’un des piliers de la démocratie : l’Etat de droit . Schématiquement : la limitation de la disponibilité des ressources, associée à une démographie galopante, rendent l’accession à la richesse et la concentration du capital plus difficiles dans un cadre démocratique, fondé sur le respect de l’autre et la prise en compte des besoins élémentaires de l’être humain. En France, comme dans d’autres démocraties déjà anciennes aux traditions politiques bien établies, les partis de droite ou de gauche, orientés vers le service aux plus riches, éprouvent des difficultés croissantes à servir les exigences de leurs mandants, alors qu’en même temps ils tentent de maintenir juste ce qu’il faut d’équilibre social pour échapper à une crise majeure qui les mettrait définitivement hors-jeu. Mais désormais les gouvernements successifs, de droite libérale ou de gauche sociale-libérale, n’arrivent plus à satisfaire leurs mandants. L’économie continue à régresser, le pays s’endette et même le jeune gandin zélateur de la ″Start up nation″ n’a pas pu tenir ses promesses : la réindustrialisation du pays ne se fait pas, les grands projets marquent le pas et la dette s’alourdit encore dans un contexte défavorable de concurrence mondiale. Il est temps pour le grand capital de trouver d’autres opérateurs politiques plus habiles et plus performants. Le choix est vite fait : rien à espérer des partis de gouvernement de gauche ou de droite qui se fractionnent et se livrent à des guerres picrocholines d’appareils, tandis que l’instabilité de leurs lignes politiques renforce les désordres de l’économie. Il ne reste alors que le Rassemblement National dont les votes au Parlement sont plutôt favorables aux plus riches, tout en maintenant l’illusion, aux yeux d’une part croissante de l’opinion, qu’il défend farouchement les intérêts des classes populaires. Ce talent dans la duplicité ne peut que servir les intérêts du grand capital. Le RN, soutenu par les milliardaires et les médias qu’ils contrôlent, à réussi sa dédiabolisation, et passe désormais pour un parti politique ″normal″. De plus, ses succès électoraux et sondagiers le rendent attractif pour des partis de droite qui espèrent se refaire en s’alliant avec lui, tandis que d’autres formations politiques lui témoignent d’une indulgence complice. Dans un tel contexte, LFI constitue à présent le seul obstacle sérieux à l’arrivée au pouvoir du RN. LFI, se définit comme un mouvement politique, humaniste, révolutionnaire et anticapitaliste. Dans toutes ses prises de position LFI qui suit une ligne politique constante et ferme , s’oppose au libéralisme et dénonce l’oligarchie capitaliste qui règne en France. Son programme, intitulé « L’Avenir en commun », établi avec le soutien et la coopération d’une partie importante du monde scientifique, notamment en ce qui concerne l’économie et l’environnement, préconise un changement radical dans un nouveau cadre institutionnel : la VIèmeRépublique. Face à un tel adversaire, le RN qui peine à se doter d’un programme cohérent, ne fait pas le poids. Il s’agit donc pour les ultras riches de voler à son secours et d’abattre cet ennemi déclaré de l’oligarchie en place. Celle-ci s’y emploie depuis plusieurs années avec tous les moyens dont elle dispose et ne recule devant aucune manipulation de l’opinion. Malgré cela, LFI reste un concurrent dangereux dans les sondages sur les intentions de vote aux présidentielles de 2027, l’affaire Quentin Deranque constitue alors une aubaine pour tenter d’achever ce mouvement. Au plan local Cette évolution à ″front renversé″ n’est pas sans conséquences au niveau local. Elle remet parfois en question les alliances entre partis, compte tenu des repositionnements nationaux. Dans cette confusion crépusculaire qui a saisi le monde politique, l’évolution des lignes politiques des partis (*) au gré des alliances, rend difficile la construction de programmes d’action crédibles et opérationnels. Ce manque de consistance au niveau national se répercute au niveau local. Ici et là, les programmes annoncés par les candidats des partis se limitent à des promesses sans réalité opérationnelle, bricolées en réponses aux demandes d’une population repérée comme électoralement favorable. Parfois le jeu des alliances est considéré comme plus important que la qualité et la cohérence d’un programme en commun. Alors, il arrive qu’ en réaction à cette carence programmatique des partis politiques, le relais soit pris par des initiatives citoyennes. C’est le cas à Narbonne avec le mouvement citoyen « Nous Sommes Narbonne », qui présente un programme précis, solide et opérationnel, construit en commun et validé par les habitants au cours d’assemblées générales ouvertes. Hubert Reys, pour le Clairon de l’Atax le 22/02/2026 (*) A l’exception d’LFI qui ne modifie pas son programme comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... 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  • UNE CONFÉRENCE DE PRESSE DE ″NOUS SOMMES NARBONNE" | Le Clairon

    UNE CONFÉRENCE DE PRESSE DE ″NOUS SOMMES NARBONNE" La liste "Nous Sommes Narbonne -Citoyenne et Populaire" a invité la presse locale ce samedi 28 février 2026, à la fois pour présenter ses membres et pour inaugurer sa permanence située au cœur de Narbonne au 25 de la rue Parerie. Laurent Fabas et son équipe devant le local de « Nous Sommes Narbonne » (Photo HR Un mode d’expression qui tranche avec les habitudes Habituellement dans ce genre d’exercice, le candidat tête de liste, éventuellement assisté d’un ou plusieurs ″porte-paroles″, explique aux journalistes le programme qu’il compte mettre en œuvre, ainsi que la ou les raisons de ses choix. Parfois il décentre son discours et tente de le légitimer par des formules du genre : « les Narbonnais ne veulent plus de ci ou de ça et veulent ceci et cela « Ici pas de discours amphigourique, valorisé par une scénographie adéquate : tout le monde est rassemblé sur le trottoir devant le local. La presse, mais aussi les passants, sont invités à discuter en petits groupes avec le chef de file de -Nous Sommes Narbonne- (NSN) ou avec ses colistiers. Au bout de quelques contacts, il se dégage l’impression que ce mode de fonctionnement, qui pourrait à priori sembler anarchique, révèle « in fine » une grande cohérence dans les idées comme dans les projets exposés. Les colistiers rencontrés sont autant motivés et porteurs du projet de NSN que son chef de file. La liste NSN est le lieu qu’ils ont choisi parce qu'ils le trouvent pertinent, capable de porter et faire aboutir leurs engagements et pas juste un pis-aller choisi par défaut. De ces rencontres successives avec les petits groupes rassemblés devant la permanence on retient une impression de sincérité et de détermination qui dépasse largement le seul contexte des municipales 2026. Vers une représentation démocratique des citoyens ? Laurent Fabes et ses colistiers se sont engagés dans une démarche dépassant la simple démocratie d’exercice qui consiste pour les électeurs à choisir leurs représentants et à les laisser ensuite éxercer leur mandat comme ils l'entendent. NSN propose d'aller plus loin et d’étendre le pouvoir des électeurs à la pratique d'une démocratie d’exercice, où les citoyens contrôlent en continu le bon usage par les élus de leur mandat de représentation. Cette démarche particulière à été mise en œuvre par NSN dès la construction de son programme au moyen d'une méthode originale. Schématiquement, l’équipe NSN recueille les remarques et propositions exprimés par les citoyens : celles-ci sont ensuite classées par thématiques (par ex : Logement ou emploi / économie, déplacements, etc.). Ces remarques et propositions sont ensuite travaillées en ateliers thématiques, ouverts à tous. Après analyse des propositions, de leur faisabilité technique, juridique et financière et de leur compatibilité avec les engagements démocratique de NSN, ils sont validés par un vote ouvert à tous les présents et intégrés en éléments du programme porté par NSN. De la même manière, après l’élection, diverses mesures comme : - la mise en œuvre de consultations des citoyens (cf. référendum local) sur les choix importants en matière d’action municipale - l’association de Conseils de quartiers, disposant de moyens propres, aux décisions relatives à la vie quotidienne - la cogestion sous forme de coopérative de certains équipements essentiels au bon fonctionnement de Narbonne (cf. santé, énergie). La sincérité de l’équipe rassemblée autour de Laurent Fabas semble indéniable, Ce qu’ils proposent aux électeurs narbonnais est ambitieux et va bien au-delà du chèque en blanc proposé habituellement par les politiciens : « Nous ne cherchons pas des électeurs pour leur demander un chèque en blanc, nous cherchons des citoyennes et des citoyens prêts à exercer le pouvoir ensemble ». Les électrices et les électeurs narbonnais arriveront-ils à surmonter leur torpeur mortifère ? Nous le saurons dans quinze jours au soir. Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 28 février 2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Au cinéma : VIVALDI et MOI | Le Clairon

    Au cinéma : VIVALDI et MOI Italie, France – 1h51 – 2025 – Film de clôture de la Quinzaine du Cinéma Italien 2025 Jeune violoniste (Image par Eddy Vercleven de Pixabay) Un film de Damiano Michieletto avec Tecla Insolia, Michele Riondino, Fabrizia, Sacchi. Au début du XVIIIe siècle, l'Ospedale della Pietà à Venise, recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Ces jeunes filles sont cachées du public, masquées, elles se produisent devant les mécènes de l'institution, qui "piochent" souvent dans ce "vivier" pour se marier. Cecilia, 20ans est une jeune talentueuse violoniste, passionnée de musique, elle y excellera à l'arrivée d'un nouveau maitre de musique, Antonio Vivaldi. Les siècles passent, mais les mœurs demeurent les mêmes, les hommes ont le pouvoir et les femmes se soumettent. C'est le cas de ces jeunes femmes enfermées qui ne peuvent que se réjouir d'être distinguées par un riche mécène qui l'épousera et lui octroiera une "vie de rêve ". C'est ce que pensent la plupart de ces jeunes femmes, mais pas Cecilia qui ne vit que pour la musique : car la médaille a un revers, c'est celui de renoncer à la musique pour toujours quand on est une femme mariée. Cecilia, propulsée au premier rang par Vivaldi, en tant que premier violon, ne veut en aucun cas se marier, pourtant elle est promise à un officier parti à la guerre, mais qui revient pour réclamer son du, en échange de la dot généreuse dont il a pourvu l'Ospedale. Cecilia fera office d'exception dans ce gynécée où les jeunes femmes se soumettent et acceptent leur sort sans se plaindre. Elle veut vivre libre et indépendante et faire de la musique et pour cela, elle est prête à tout, même à brader sa seule richesse. Michielletto s'est inspiré du roman Stabat Mater de Tiziano Scarpa. Il présente une période de la vie de Vivaldi assez peu connue, il joue avec finesse des lumières, qui mettent en valeur les jeunes visages purs de ces jeunes filles. La musique omniprésente accompagne la volonté de Cecilia qui sera abandonnée à l'autel de la lâcheté de son "maitre" de musique. Dans ce film, Vivaldi passe à l'arrière-plan, de même que sa musique qui, en étant toutefois présente, sert de contrepoint et d'accompagnement à la lutte pour la liberté de Cecilia. Au-delà de la douleur, avec la complicité de la gouvernante, Cecilia conquiert sa liberté pour vivre et oublier toute soumission à quelque forme d'esclavage masculin. Un film esthétique, fort, avec des actrices authentiques et un personnage masculin, Vivaldi, fidèle aux stéréotypes de la gente masculine ! Patricia Renaud pour le Clairon de l'Atax le 18/05/2026 Vive Aldi ! bis.jpg Harem (Image par WikiImages de Pixabay).jpg Vive Aldi ! bis.jpg 1/2 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Cuisiner un : GÂTEAU AU FROMAGE BLANC D’ALSACE | Le Clairon

    Cuisiner un : GÂTEAU AU FROMAGE BLANC D’ALSACE C'est facile à faire, c'est délicieux à goûter et c'est léger à digérer même accompagné d'un petit muscat... Bref une recette sympa proposée par Catherine. Il ne manque que l'alsacienne avec coiffe (photo CB) Temps de préparation : 15 mn + temps de cuisson : 50 mn = total : 1h05 mn Ingrédients : Pour la pâte brisée : 125gr beurre ; 250 gr farine ; 1 œuf ; 1 pincée de sel ; eau ou lait (25 cl) Pour l’appareil : 800 gr de fromage blanc entier et non battu (pas de fromage blanc allégé) 150 gr de sucre semoule ; 4 œufs ; 1 citron non traité ; 40 gr de fécule de maïs Préparation : Mélanger le sucre et le zeste du citron au moins 1 heure avant et préchauffer le four à 180° chaleur tournante Séparer es blancs des jaunes d’œufs et monter les blancs en neige ferme Mélanger e fromage blanc, avec les jaunes d’œufs, le sucre et le zeste de citron et la fécule Incorporer doucement les blancs d’œufs Garnir un moule à charnière de 26 cm déposer la pâte brisée. Piquer le fond de tarte et verser la garniture puis enfourner 50 mn (surveiller la cuisson). A la sortie du four, laisser refroidir complètement, Mettre au réfrigérateur avant dégustation On peut accompagner ce gâteau d’un coulis de fruits rouges Bon appétit ! 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Une recette de ″bowl″ épicé et végétarien | Le Clairon

    Une recette de ″bowl″ épicé et végétarien Les bowls se sont progressivement intégrés à nos habitudes alimentaires, voici une recette que nous envoie une lectrice du Clairon. Si vous avec des idées de préparations simples et gouteuse vous pouvez en faire autant. N’oubliez pas de nous envoyer une photo de votre préparation. Nous la publierons après l’avoir testée. l'assiette de bowl (photo E.M.) Ingrédients ( pour 2 personnes ) : 80gr de quinoa et boulgour 200 gr de pois chiches égouttés 1 cuiller à soupe d’huile olive 1 cuiller à café de paprika fumé ou cumin Sel et poivre Pour la sauce : 1 yaourt grec, jus d'1/2 citron, filet huile olive, sel et poivre Facultatif : pour garnir et décorer : persil ou coriandre et quelques graines de sésame Préparation : (Temps de préparation : 20 mn. Peu calorique, riche en fibres et végétarien ) Cuisson : Faire cuire ensemble le quinoa et boulgour (1 volume de céréales dans 2 volumes d'eau salée, environ 10 à 12 mn ). Egoutter. Faire chauffer huile dans poêle, y mettre les pois chiches, paprika, sel et poivre et les laisser prendre la couleur et devenir croustillants Mélanger le yaourt, le citron et le filet d'huile olive, sel et poivre Montage : Dans un saladier, disposer le mélange quinoa et boulgour, les pois chiches chauds dessus, ajouter la sauce au yaourt et herbes fraîches ***on peut ajouter des dés de concombre, des tomates cerise et de la fêta émiettée, cela sera plus complet et joli à l'œil Bon Appétit ! 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Communiqué de presse 22 mai 2026 | Le Clairon

    Communiqué de presse 22 mai 2026 un communiqué du Collectif 1er mai Narbonne Collectif 1er mai Narbonne Narbonne, le 22 mai 2026 Une fête exemplaire Avec plus de 800 manifestants lors du défilé matinal et 1 500 participants cumulés tout au long de la journée. La réussite de cette deuxième édition au Palais du Travail a été exemplaire. Narbonne a prouvé que l'aspiration aux débats, à la culture et à la justice sociale est bien plus forte que les tentatives d'étouffement financier. Un climat irréprochable Comme nous l’avions promis, la journée s'est déroulée dans un esprit de sororité et fraternité et de responsabilité totale. Sous le regard vigilant de notre service d'ordre composé de bénévoles nombreux.ses spécialement formés. Comme l'an dernier, aucun incident n’est à déplorer. Comme l'an dernier, aucun tag n'a été constaté. Comme l'an dernier les salles ont été rendues dans un état de propreté exemplaire et les jardins ont été rendus plus propres même qu'ils n'avaient été mis à disposition. Nous tenons à ce titre à remercier chaleureusement les bénévoles, mais aussi les agents municipaux et les agents de sécurité du Palais du Travail, dont le professionnalisme a contribué au bon déroulement de cette journée. Un dernier effort pour boucler le budget et préparer 2027 Privé de sa principale source de revenus à la dernière minute, l'évènement est en déficit. L'an dernier, il avait fait un bénéfice de plusieurs milliers d'euros qui ont permis de soutenir le tissu associatif narbonnais. Nous ne pourrons pas renouveler ces aides cette année. À cette heure, malgré l'immense générosité dont le public a déjà fait preuve vendredi, il nous manque encore 1 500 euros pour couvrir l’intégralité de nos frais (sécurité privée imposée, logistique, protection civile) et clore ce budget. Nous lançons donc un appel décisif à la solidarité. Combler ce déficit de 1 500 euros aujourd'hui, c'est nous donner les moyens de préparer sereinement l'édition 2027. Car nous en tirons déjà les leçons. Le 1er Mai de l'année prochaine se construira sur un tout nouveau modèle économique, repensé pour résister aux surprises de dernière minute. Nous invitons toutes celles et ceux qui ont vibré lors des concerts, appris lors des conférences ou simplement partagé ce moment de liberté, à faire un geste sur notre cagnotte en ligne. La riposte a été belle, assurons maintenant son avenir. Lien vers la cagnotte : https://www.onparticipe.fr/c/1erMai2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

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